Selon Journal du Coin, cinq projets emblématiques de l’écosystème Web3 ont annoncé leur fermeture en l’espace d’une semaine, marquant un tournant dans un secteur déjà fragilisé par la volatilité des marchés et les régulations croissantes. Parmi ces plateformes, certaines figuraient parmi les plus prometteuses du moment, avec des levées de fonds dépassant plusieurs dizaines de millions d’euros et des communautés d’investisseurs composés à la fois de particuliers et d’institutionnels.
Cette série de liquidations intervient dans un contexte où le marché des cryptomonnaies traverse une période de turbulence, marquée par une baisse généralisée des cours et une défiance accrue des régulateurs à l’échelle mondiale. Les investisseurs, souvent des particuliers attirés par les promesses de rendements élevés, se retrouvent aujourd’hui sans recours face à la disparition soudaine de ces projets.
Ce qu’il faut retenir
- Cinq projets Web3 ont fermé leurs portes en une semaine, selon les données recueillies par Journal du Coin.
- Parmi eux figurent DeFiLand, NFTWorld et MetaVerse Finance, des plateformes connues pour leurs levées de fonds records.
- Ces liquidations surviennent alors que le marché des cryptomonnaies subit une correction sévère depuis plusieurs mois.
- Les régulateurs, notamment en Europe et aux États-Unis, durcissent leur surveillance sur les projets non conformes aux normes financières.
- Les investisseurs, souvent des particuliers, pourraient perdre la totalité de leurs fonds placés dans ces projets.
- Cette crise soulève des questions sur la viabilité à long terme des modèles économiques du Web3.
Des projets phares disparaissent en quelques jours
Parmi les cinq projets concernés, DeFiLand, une plateforme dédiée aux jeux décentralisés, a annoncé sa liquidation judiciaire après avoir levé plus de 120 millions d’euros auprès d’investisseurs privés et institutionnels. Selon les dirigeants, la chute brutale des cours des cryptomonnaies et la fermeture des marchés de financement ont rendu impossible la poursuite de leurs activités. « Nous n’avons plus les ressources nécessaires pour maintenir nos opérations, malgré nos efforts pour trouver des financements alternatifs », a expliqué le PDG de l’entreprise dans un communiqué diffusé le 15 mai 2026.
Un autre projet, NFTWorld, spécialisé dans les actifs numériques et les marchés de tokens non fongibles, a également fait faillite après avoir accumulé une dette de 85 millions d’euros. Les créanciers n’ont plus accès à leurs fonds depuis le 17 mai, et les tentatives de reprise par des investisseurs externes ont échoué. Les utilisateurs de la plateforme, qui y avaient placé leurs économies, se retrouvent aujourd’hui sans recours légal immédiat.
Un contexte économique et réglementaire défavorable
Cette vague de liquidations s’inscrit dans un environnement économique particulièrement tendu pour les cryptomonnaies. Depuis le début de l’année 2026, l’indice global du marché, le Crypto Market Index (CMI), a perdu plus de 40 % de sa valeur, selon les analystes de CoinMarketCap. Les causes de cette correction sont multiples : remontée des taux d’intérêt par les banques centrales, instabilité géopolitique et méfiance accrue des régulateurs. En Europe, l’application du règlement MiCA, entré en vigueur en décembre 2025, a imposé aux projets de se conformer à des règles strictes en matière de transparence et de gestion des risques.
« Les projets qui ne respectaient pas ces nouvelles normes ont été les premiers touchés », a précisé un expert en régulation financière interrogé par Journal du Coin. « Le durcissement des contrôles a révélé des fragilités structurelles dans de nombreux business models du Web3 ». Les autorités européennes, notamment l’AMF française et l’ESMA, multiplient les mises en garde et les sanctions contre les plateformes opérant sans agrément.
Des milliers d’investisseurs impactés
Selon les premières estimations, plus de 50 000 investisseurs seraient directement affectés par ces cinq liquidations. Les montants en jeu varient de quelques milliers à plusieurs centaines de milliers d’euros par personne, selon les montants investis. Les communautés en ligne, notamment sur les réseaux sociaux comme Reddit ou Telegram, s’organisent pour tenter de récupérer une partie de leurs fonds, mais les perspectives restent incertaines.
Certains projets, comme MetaVerse Finance, avaient pourtant tenté de rassurer leurs utilisateurs en proposant des plans de sauvetage. « Nous explorons toutes les options pour protéger les actifs de nos clients », avait indiqué l’équipe dirigeante dans un message publié le 19 mai. Pourtant, ces promesses n’ont pas suffi à éviter la faillite, confirmant l’ampleur de la crise.
Cette série de faillites interroge également sur la durabilité du modèle économique du Web3, basé sur des promesses de rendements élevés et une adoption massive. Alors que les régulateurs serrent la vis, les projets devront prouver leur viabilité à long terme pour éviter un effondrement plus large du secteur.
Les fonds investis dans ces projets sont généralement considérés comme des créances chirographaires. Les investisseurs deviennent des créanciers de la société en liquidation et peuvent tenter de récupérer une partie de leurs avoirs lors de la vente des actifs restants. Cependant, dans la majorité des cas, les montants récupérés ne couvrent qu’une infime partie des pertes. Les procédures de liquidation peuvent prendre plusieurs mois, voire plusieurs années, avant qu’un éventuel remboursement ne soit envisagé.