Les tensions dans le détroit d’Ormuz, artère vitale du commerce maritime mondial, ont poussé le secrétaire général des Nations unies à intervenir publiquement ce mercredi 20 mai 2026. António Guterres a appelé, sans détour, au rétablissement « immédiat » de la liberté de navigation, alors que plusieurs pays de la région multiplient les mesures restrictives depuis le début du mois.
Selon BMF - International, cette crise survient dans un contexte où le trafic maritime dans ce détroit stratégique – par lequel transite près d’un tiers du pétrole mondial – est déjà perturbé par des contrôles renforcés et des incidents ponctuels. Le chef de l’ONU a rappelé que toute entrave à la libre circulation des navires en mer constitue une violation du droit international, et a exhorté les parties concernées à désamorcer la situation « avant que les conséquences ne deviennent irréversibles ».
Ce qu’il faut retenir
- Blocage partiel du détroit d’Ormuz depuis le début du mois de mai 2026, selon plusieurs sources diplomatiques.
- Appel « immédiat » d’António Guterres, secrétaire général de l’ONU, à rétablir la liberté de navigation.
- Le détroit représente 30 % du trafic mondial de pétrole brut, d’après les dernières estimations de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
- Plusieurs pays de la région, dont l’Iran et les Émirats arabes unis, ont multiplié les restrictions depuis le début des tensions.
- Cette crise intervient dans un contexte déjà tendu au Moyen-Orient, marqué par des conflits persistants et des crises diplomatiques récurrentes.
Un détroit sous haute tension depuis plusieurs semaines
Le détroit d’Ormuz, situé entre l’Iran et le sultanat d’Oman, est l’un des points de passage maritime les plus surveillés au monde. Depuis le début du mois de mai, plusieurs pays riverains ont annoncé des mesures exceptionnelles pour contrôler le trafic maritime. Selon BMF - International, ces restrictions s’inscrivent dans un contexte de tensions régionales accrues, notamment après des incidents diplomatiques et des représailles économiques entre Téhéran et plusieurs capitales du Golfe.
Les premières alertes ont été lancées par des armateurs internationaux, qui ont signalé des retards et des détours de navires pour éviter la zone. Plusieurs compagnies maritimes ont d’ailleurs décidé de suspendre temporairement leurs rotations dans le détroit, craignant des contrôles arbitraires ou des blocages prolongés. « Les compagnies ne peuvent se permettre des incertitudes de cette ampleur », a confié un responsable du secteur à BMF - International, sous couvert d’anonymat.
L’ONU met en garde contre les risques économiques globaux
Dans son intervention, António Guterres a souligné que le détroit d’Ormuz n’est pas seulement une question régionale, mais un enjeu mondial. « La liberté de navigation en mer est un principe fondamental du droit international, et toute entrave à ce principe menace la stabilité économique de la planète », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à New York. Il a rappelé que le détroit d’Ormuz voit transiter quotidiennement environ 20 à 30 millions de barils de pétrole, ainsi que d’autres marchandises stratégiques.
Les analystes s’accordent à dire que même un blocage partiel de quelques jours pourrait entraîner une hausse significative des prix de l’énergie, avec des répercussions en cascade sur l’inflation mondiale. « Les marchés réagissent déjà à la moindre rumeur », a expliqué un économiste de la banque Goldman Sachs, cité par BMF - International. « Une crise prolongée pourrait avoir des effets comparables à ceux du choc pétrolier des années 1970. »
Les réactions des pays concernés et des grandes puissances
Côté iranien, les autorités ont rejeté toute responsabilité dans la crise actuelle. Le ministre des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, a déclaré que Téhéran « ne fait que répondre aux provocations » de ses voisins, sans préciser quelles actions concrètes étaient visées. De leur côté, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite ont multiplié les déclarations rassurantes, affirmant vouloir « préserver la stabilité » de la région.
Les États-Unis, qui disposent d’une flotte permanente dans le Golfe, ont appelé au « calme et à la retenue ». « Nous suivons la situation de près et restons en contact avec nos partenaires », a indiqué un porte-parole du département d’État américain. L’Union européenne, pour sa part, a appelé à une « solution diplomatique rapide », tout en se disant prête à participer à des médiations si nécessaire.
Reste à voir comment les différentes parties prenantes – Iran, pays du Golfe, grandes puissances et organisations internationales – parviendront à trouver un terrain d’entente. Une chose est sûre : les enjeux économiques et géopolitiques sont tels que l’impact d’un blocage prolongé dépasserait largement le cadre régional.
Le détroit d’Ormuz est le point de passage obligatoire pour environ 30 % du pétrole brut mondial. Chaque jour, près de 20 à 30 millions de barils y transitent, en provenance principalement d’Arabie saoudite, d’Iran et d’Irak. Une interruption, même partielle, pourrait entraîner une flambée des prix de l’énergie et perturber les chaînes d’approvisionnement mondiales, notamment pour l’Europe et l’Asie.