Alors que la Bolivie traverse une crise économique marquée par une inflation annuelle de 14 % en avril 2026 et une pénurie de devises étrangères, des milliers de mineurs ont paralysé jeudi 15 mai le centre de La Paz, la capitale administrative du pays. Selon Le Figaro, ces manifestants ont affronté les forces de l’ordre après avoir parcouru la ville depuis El Alto, un important centre urbain voisin situé à près de 270 kilomètres.
Les mineurs, armés de frondes et de détonations, ont scandé des slogans exigeant la démission du président bolivien Rodrigo Paz, au pouvoir depuis novembre 2025. Arrivés aux abords du Palais du gouvernement, ils ont lancé des projectiles avant que la police ne réplique par des tirs de gaz lacrymogènes. Les heurts, accompagnés d’explosions et d’odeurs de poudre, ont transformé les rues du centre-ville en un champ de bataille.
Ce qu'il faut retenir
- Plus de 24 points de blocage ont été signalés par l’Administration bolivienne des routes dans le département de La Paz, paralysant l’accès à la capitale.
- Les mineurs réclament notamment un approvisionnement en carburant, l’élargissement des zones minières, des explosifs et des dollars, sans obtenir de réponse du gouvernement de centre droit de Rodrigo Paz.
- La Centrale ouvrière bolivienne (COB) a annoncé une radicalisation de ses revendications, faisant de la démission du président la priorité absolue des mobilisations.
- L’inflation annuelle en Bolivie a atteint 14 % en avril 2026, illustrant la gravité de la crise économique qui frappe le pays.
Une mobilisation massive et organisée depuis El Alto
Les mineurs ont quitté El Alto en début de journée, une ville située à environ 4 000 mètres d’altitude et connue pour son importante activité minière. Leur cortège, composé de centaines de participants, a marché en direction du siège du gouvernement à La Paz, située dans une vallée plus basse. Les routes empruntées étaient déjà partiellement bloquées par des barricades et des pneus enflammés, rendant toute circulation impossible.
Sur place, les manifestants ont tenté d’atteindre le Palais du gouvernement, symbole du pouvoir exécutif. « Nous demandons la démission de ce gouvernement incapable (...), le dialogue est désormais épuisé », a déclaré à l’AFP Luis Apaza, un mineur originaire de la province d’Inquisivi, à l’ouest du pays. Ses propos illustrent le ras-le-bol d’un secteur économique en crise, privé des ressources nécessaires à son fonctionnement.
Une crise économique qui s’aggrave et des revendications multiples
Cette mobilisation des mineurs s’inscrit dans un mouvement de contestation plus large, touchant divers secteurs de la société bolivienne. Ouvriers, paysans, enseignants, employés des transports et groupes indigènes se joignent aux manifestations, portées par des revendications variées. Parmi elles figurent des hausses salariales, le refus de la privatisation des entreprises publiques, ou encore l’amélioration des conditions de travail.
La Centrale ouvrière bolivienne (COB), principale organisation syndicale du pays, a joué un rôle clé dans l’amplification des mobilisations. « Les revendications sectorielles ont été laissées de côté. Désormais, il n’y a qu’une seule demande de la part du peuple mobilisé : le départ et la démission du président », a indiqué Mario Argollo, principal dirigeant de la COB, lors d’une conférence de presse. Cette radicalisation des positions témoigne de l’exaspération croissante de la population face à la gestion gouvernementale.
Un gouvernement sous pression face à la paralysie du pays
Avec 24 points de blocage recensés dans le département de La Paz, la capitale administrative est devenue inaccessible. Les aéroports, les routes et les accès aux principaux services publics sont paralysés, aggravant les tensions sociales. Les commerces ont baissé leurs rideaux, et les habitants peinent à se ravitailler en produits de première nécessité.
Le gouvernement de Rodrigo Paz, confronté à une crise économique sans précédent, peine à trouver des solutions. La pénurie de devises étrangères, couplée à une inflation galopante, a plongé le pays dans une situation de plus en plus instable. Les mesures d’austérité et les restrictions budgétaires imposées ces derniers mois n’ont fait qu’alimenter le mécontentement populaire.
« Nous demandons la démission de ce gouvernement incapable (...), le dialogue est désormais épuisé. »
— Luis Apaza, mineur originaire d’Inquisivi
Des explosions et des gaz lacrymogènes pour seul dialogue
Les affrontements entre les mineurs et les forces de l’ordre ont tourné à l’épreuve de force. Les manifestants ont utilisé des frondes et des explosifs artisanaux, tandis que la police a répondu par des tirs de gaz lacrymogènes. Les images diffusées par les médias locaux montrent des nuages de fumée épaisse flottant au-dessus des rues de La Paz, où résonnent encore les détonations.
Les autorités ont tenté de minimiser l’ampleur des violences, mais les témoignages recueillis sur place confirment l’intensité des heurts. Les hôpitaux locaux ont enregistré plusieurs cas de blessures légères, principalement liées aux inhalations de gaz lacrymogènes. Aucune victime grave n’a été signalée pour l’instant, mais la situation reste extrêmement tendue.
Cette crise survient dans un contexte régional déjà marqué par des tensions sociales et économiques. Les pays voisins, notamment le Pérou et le Chili, suivent de près l’évolution de la situation en Bolivie, où l’instabilité politique pourrait avoir des répercussions sur l’ensemble du continent.
Les mineurs boliviens réclament principalement un approvisionnement en carburant, l’élargissement des zones minières, des explosifs et des dollars pour leur secteur. Selon Le Figaro, ces demandes n’ont pas été entendues par le gouvernement de Rodrigo Paz, au pouvoir depuis novembre 2025, ce qui a conduit à une radicalisation des mobilisations.