En République démocratique du Congo (RDC), plus d’un quart de la population, soit 26,5 millions de personnes, se trouve en situation d’insécurité alimentaire, selon les dernières données des Nations unies relayées par RFI. Cette crise, qualifiée de « l’une des plus graves au monde » par les agences onusiennes, touche désormais un Congolais sur quatre, soulignant l’ampleur d’un défi humanitaire et politique toujours plus pressant.

Ce qu'il faut retenir

  • 26,5 millions de Congolais – soit un quart de la population – souffrent d’insécurité alimentaire en RDC, d’après les Nations unies.
  • Cette crise est classée parmi les plus graves au monde par le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
  • Le programme d’aide humanitaire est sous-financé, selon les deux agences onusiennes.
  • Le PAM et la FAO alertent sur l’aggravation de la situation, sans perspective immédiate d’amélioration.

Une crise humanitaire aggravée par l’instabilité et le sous-financement

Selon un communiqué conjoint du Programme alimentaire mondial (PAM) et de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), relayé par RFI, la situation en RDC s’est fortement dégradée ces dernières années. « Nous faisons face à une crise alimentaire d’une ampleur exceptionnelle », a déclaré David Beasley, directeur exécutif du PAM, cité par l’agence. Les deux organisations rappellent que le financement des opérations d’urgence reste largement insuffisant, limitant leur capacité à répondre aux besoins croissants de la population.

Des causes multiples, entre conflits et crises climatiques

Plusieurs facteurs expliquent cette détérioration. D’abord, l’instabilité chronique dans l’est du pays, où les conflits armés persistent malgré les efforts de pacification, a perturbé les chaînes d’approvisionnement et poussé des millions de personnes à l’exode. Ensuite, les chocs climatiques, comme les sécheresses prolongées ou les inondations, ont détruit les récoltes dans certaines régions, aggravant la vulnérabilité des ménages. « La combinaison de ces crises crée un cercle vicieux difficile à briser sans une réponse internationale coordonnée », a précisé QU Dongyu, directeur général de la FAO, dans le communiqué.

Un appel urgent à la communauté internationale

Le PAM et la FAO ont lancé un appel à la mobilisation des bailleurs de fonds pour combler le déficit de financement estimé à plusieurs centaines de millions de dollars. Sans un apport supplémentaire rapide, des millions de personnes pourraient basculer dans des situations de famine, avertissent les agences. « Chaque jour de retard coûte des vies », a insisté David Beasley. Pour l’heure, moins de 20 % des fonds nécessaires ont été collectés, selon les estimations des Nations unies.

Et maintenant ?

La prochaine conférence des donateurs, prévue en juin 2026 à Genève, pourrait être décisive pour relancer les financements. En attendant, les agences onusiennes appellent à une augmentation immédiate des contributions pour éviter une aggravation de la crise. Les autorités congolaises, de leur côté, tentent de renforcer les programmes de résilience locale, mais leur marge de manœuvre reste limitée face à l’ampleur du défi.

Reste à voir si la communauté internationale répondra à l’urgence avant que la situation ne devienne ingérable. Une chose est sûre : sans action rapide, le nombre de personnes en insécurité alimentaire pourrait encore augmenter dans les mois à venir.

Les provinces de l’est du pays, notamment le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l’Ituri, sont les plus affectées en raison des conflits armés persistants. Les régions du centre et du sud, touchées par des crises climatiques, enregistrent également une détérioration rapide de leur situation alimentaire, selon les données du PAM et de la FAO.