Le ministère américain de la Justice a accusé, jeudi 14 mai 2026, l’école de médecine de l’université de Yale d’avoir intentionnellement discriminé les candidats blancs et asiatiques dans le cadre de ses procédures d’admission. Cette allégation s’inscrit dans le cadre d’une enquête portant sur les pratiques de diversité au sein de cette institution d’élite, selon Le Figaro.

Dans un communiqué, l’administration américaine a indiqué que « des documents internes à Yale montrent que sa direction a sélectionné des candidats en fonction de leur race ». Le ministère précise que, selon les données d’admission analysées, « les étudiants noirs et hispaniques ont une chance bien plus élevée d’être admis que les étudiants blancs ou asiatiques ayant les mêmes résultats aux tests ».

Ce qu'il faut retenir

  • Le ministère de la Justice américain accuse Yale de discrimination envers les candidats blancs et asiatiques, selon Le Figaro.
  • L’accusation repose sur des documents internes montrant une sélection fondée sur l’origine ethnique des candidats.
  • Les étudiants noirs et hispaniques auraient, selon les données, plus de chances d’être admis que les Blancs ou Asiatiques avec des résultats identiques.
  • Cette affaire s’inscrit dans une campagne plus large de l’administration Trump contre les universités accusées de promouvoir une idéologie « woke ».
  • La Cour suprême a jugé illégales les politiques de discrimination positive en 2023, mais Yale est accusée de ne pas s’y être conformée.

Une décision qui s’appuie sur des données d’admission controversées

L’enquête du ministère de la Justice s’est concentrée sur les critères de sélection utilisés par l’école de médecine de Yale pour ses admissions. Les conclusions, détaillées dans le communiqué officiel, révèlent que « les étudiants noirs et hispaniques ont une probabilité significativement plus élevée d’être admis que les candidats blancs ou asiatiques présentant des profils académiques comparables ».

Ces données, issues des statistiques internes de l’université, ont été analysées par les autorités fédérales. Le ministère souligne que cette pratique « intentionnelle » de sélection basée sur l’origine ethnique viole les principes d’égalité prévus par la loi américaine, notamment après l’arrêt de la Cour suprême de 2023 interdisant la discrimination positive dans les admissions universitaires.

Un contexte politique marqué par l’opposition aux politiques « woke »

Cette accusation s’inscrit dans une offensive plus large menée par l’administration du président Donald Trump contre les universités américaines. Le locataire de la Maison-Blanche accuse régulièrement les établissements d’enseignement supérieur de promouvoir une idéologie « woke », un terme péjoratif utilisé par les conservateurs pour dénoncer les politiques progressistes et inclusives.

Depuis le début de son second mandat en janvier 2025, Donald Trump utilise divers leviers pour faire pression sur ces institutions. Parmi eux, la menace de réduire ou de geler les financements fédéraux alloués à la recherche universitaire, une stratégie déjà employée dans le cadre de coupes budgétaires plus globales. La semaine précédente, une procédure similaire avait été engagée contre l’école de médecine de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA), également accusée de discrimination envers les candidats blancs et asiatiques.

Yale face à un ultimatum : se conformer à la loi ou risquer des poursuites

Avant d’envisager des poursuites judiciaires, le ministère de la Justice a indiqué vouloir proposer à Yale un « accord de résolution amiable ». L’objectif affiché est de permettre à l’université de se mettre « en conformité avec la loi » sans passer par un procès. Aucune date limite n’a été précisée pour la conclusion de cet accord, mais les autorités fédérales ont laissé entendre que des mesures concrètes devraient être prises rapidement.

Cette démarche s’inscrit dans une stratégie plus large de l’administration Trump visant à faire respecter strictement les décisions de la Cour suprême, notamment en matière d’admissions universitaires. En 2023, la haute juridiction avait statué que les mesures de discrimination positive, utilisées depuis des décennies pour favoriser la diversité, étaient contraires à la Constitution américaine.

Un établissement d’exception dans la ligne de mire

Fondée en 1701 dans la ville de New Haven, dans le Connecticut, Yale est l’une des universités les plus prestigieuses et les plus anciennes des États-Unis. Son école de médecine, en particulier, est réputée pour son excellence académique et sa contribution à la recherche médicale mondiale. Pourtant, cette institution emblématique se retrouve aujourd’hui au cœur d’une polémique nationale sur les méthodes de recrutement.

L’affaire survient alors que les tensions autour des questions de diversité et d’inclusion dans l’enseignement supérieur restent vives aux États-Unis. Les universités, longtemps critiquées pour leur manque de représentativité, tentent de concilier accessibilité et excellence académique, tout en évitant les écueils juridiques pointés par l’administration Trump.

Et maintenant ?

L’université de Yale dispose désormais d’un délai non précisé pour négocier un accord avec le ministère de la Justice. Si les discussions échouent, l’administration Trump pourrait engager des poursuites, ce qui pourrait mener à une condamnation de l’établissement et à des sanctions financières. Par ailleurs, cette affaire pourrait relancer le débat national sur les politiques de diversité dans l’enseignement supérieur, un sujet déjà très clivant aux États-Unis.

Quoi qu’il en soit, cette accusation marque un nouveau tournant dans la politique éducative américaine, sous l’impulsion d’une administration déterminée à faire respecter une interprétation stricte de l’égalité devant la loi.

L’administration Trump utilise le terme « woke » de manière péjorative pour désigner les politiques progressistes et inclusives, notamment celles visant à promouvoir la diversité ethnique et sociale dans les institutions, comme les universités. Ces politiques sont perçues par ses partisans comme une forme de discrimination inverse.