Le Congrès bolivien a définitivement adopté, ce dimanche 7 juin 2026, une loi autorisant le président Rodrigo Paz à mobiliser l’armée pour mettre un terme aux manifestations qui paralysent une partie du réseau routier depuis près d’un mois. Selon Libération, cette mesure s’inscrit dans un contexte de tensions sociales croissantes, marquées par des blocages prolongés sur les axes majeurs du pays.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Parlement bolivien a définitivement adopté une loi le 7 juin 2026, autorisant le président Rodrigo Paz à déployer l’armée pour rétablir la circulation sur les routes bloquées.
  • Les manifestations, qui durent depuis cinq semaines, perturbent une partie du réseau routier du pays.
  • Le dirigeant de centre-droit, Rodrigo Paz, invoque la nécessité de rétablir l’ordre public et la liberté de circulation.
  • Cette décision intervient alors que les négociations avec les mouvements sociaux semblent dans l’impasse.

Une loi controversée adoptée en urgence

Le vote du Congrès, acquis ce dimanche, marque une escalade dans la crise politique et sociale qui secoue la Bolivie depuis plusieurs semaines. Les députés ont validé à une large majorité cette loi exceptionnelle, permettant au président de recourir à l’armée pour démanteler les barrages routiers. Selon Libération, cette initiative suscite de vives critiques de la part des organisations de défense des droits humains, qui y voient une militarisation accrue de la gestion des conflits.

Rodrigo Paz, issu du centre-droit, justifie cette mesure par la nécessité de rétablir la libre circulation des personnes et des marchandises, vitales pour l’économie bolivienne. « La situation devient intenable pour des milliers de familles et d’entreprises », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse, sans préciser les modalités concrètes d’intervention des forces armées.

Des blocages persistants depuis cinq semaines

Les manifestations, qui ont débuté il y a un mois, sont menées par divers groupes sociaux, dont des syndicats, des associations de producteurs et des collectifs écologistes. Ces derniers dénoncent une politique économique jugée défavorable aux classes populaires, notamment sur les questions de prix des carburants et de subventions agricoles. D’après Libération, certains axes routiers, comme la route reliant La Paz à El Alto, restent coupés depuis près d’un mois, aggravant les difficultés d’approvisionnement dans plusieurs régions.

Les autorités locales peinent à trouver une issue à ce conflit, malgré plusieurs rounds de négociations infructueux. Les organisateurs des blocages, eux, refusent de céder tant que leurs revendications ne seront pas satisfaites. « On ne lâchera rien tant que le gouvernement n’aura pas entendu nos demandes », a affirmé un porte-parole des manifestants, cité par Libération.

Un contexte politique déjà fragilisé

Cette crise survient dans un pays où le climat politique reste tendu depuis plusieurs années. Rodrigo Paz, élu en 2025, a hérité d’un pays divisé, où les tensions entre le gouvernement et les mouvements sociaux se sont multipliées. La Bolivie, riche en ressources naturelles, souffre également d’une inflation persistante et d’un chômage élevé, alimentant le mécontentement populaire. La mobilisation actuelle s’ajoute à une série de protestations récurrentes depuis le début de la décennie.

Les observateurs s’interrogent désormais sur les conséquences de cette intervention militaire. Certains craignent une radicalisation du conflit, tandis que d’autres estiment que l’armée pourrait jouer un rôle de médiation forcée. « L’utilisation de l’armée dans un contexte interne est toujours un pari risqué », souligne un analyste politique contacté par Libération.

Et maintenant ?

Dans les prochains jours, le gouvernement devrait préciser les modalités d’application de cette loi, notamment les zones concernées et les règles d’engagement des forces armées. Une réunion d’urgence avec les gouverneurs régionaux est prévue pour tenter de désamorcer la crise avant que la situation ne dégénère davantage. Parallèlement, les mouvements sociaux ont appelé à une intensification des mobilisations, promettant de nouveaux blocages si leurs revendications ne sont pas prises en compte.

La Bolivie se retrouve donc à un carrefour : soit cette intervention militaire parvient à rétablir une certaine stabilité, soit elle envenime un conflit déjà profondément ancré. Une chose est sûre, le pays devra rapidement trouver une issue pour éviter une crise humanitaire et économique aux conséquences imprévisibles.

Les manifestants dénoncent principalement la hausse des prix des carburants, la réduction des subventions agricoles et les politiques économiques jugées défavorables aux classes populaires. Ils réclament également des mesures pour améliorer les conditions de vie dans les zones rurales et périurbaines.