Ce vendredi 8 mai, l’émission BFM Bourse, présentée par Guillaume Sommerer, a accueilli plusieurs experts du marché pour analyser les dynamiques boursières du jour. Parmi les sujets abordés, la question d’une éventuelle inversion de capitalisation entre Safran et Airbus a particulièrement retenu l’attention des analystes, selon BFM Business.
Autant dire que la séance du 8 mai s’est distinguée par des débats techniques serrés, notamment autour des perspectives des deux géants aéronautiques européens. Alors que Safran, spécialisé dans les équipements et moteurs d’avion, a connu une année 2025 marquée par une forte croissance organique et des commandes record, Airbus, leader historique des constructeurs aéronautiques, reste sous pression face aux retards de livraison et à la concurrence accrue, notamment américaine et chinoise.
Ce qu'il faut retenir
- Safran pourrait, selon certains analystes, dépasser en capitalisation boursière Airbus d’ici la fin de l’année 2026, si les tendances actuelles se maintiennent.
- La séance a été marquée par la présence de Maxime Le Juez (GSD Gestion), Gilles Santacreu (trader algorithmique et administrateur de Boursikoter.com), et Julien Marion (journaliste BFM Business).
- Plusieurs émissions thématiques ont été diffusées dans la journée, dont « Tech stocks » et « L’éco du monde », analysant notamment l’impact de l’intelligence artificielle sur l’emploi aux États-Unis.
- Nadia Gharbi (Pictet Wealth Management) a souligné les 115 000 créations d’emplois enregistrées aux États-Unis en avril 2026, tout en pointant les perturbations liées à l’automatisation.
- Le coût des intérêts de la dette française a atteint 2 124 euros par seconde, selon une analyse publiée dans « La Data Room ».
Un débat technique sur les capitalisations boursières
Lors de l’émission « BFM Bourse » diffusée à 13h56, Maxime Le Juez, gérant chez GSD Gestion, a évoqué la possibilité que Safran dépasse Airbus en capitalisation boursière d’ici la fin de l’année. « Si les performances actuelles se confirment, Safran pourrait effectivement rejoindre ou dépasser Airbus en valorisation », a-t-il déclaré. Selon lui, la croissance des commandes dans le secteur des moteurs d’avion, couplée à une demande soutenue en pièces détachées, joue en faveur du spécialiste français.
De son côté, Gilles Santacreu, trader algorithmique, a nuancé cette hypothèse en rappelant les aléas du secteur : « Tout dépendra des marges d’Airbus et de sa capacité à rattraper ses retards de livraison. Pour l’instant, la volatilité reste élevée. » Les deux experts s’accordent cependant sur un point : la bataille boursière entre les deux groupes reflète les transformations en cours dans l’aéronautique européenne.
Les autres sujets marquants de la journée boursière
Outre le face-à-face Safran-Airbus, la journée du 8 mai a été rythmée par plusieurs analyses sectorielles. Dans l’émission « Tech stocks », Stéphane Houri (Oddo BHF) et Olivier Lechevalier (Defthedge) se sont penchés sur les opportunités offertes par l’intelligence artificielle, notamment à travers le partenariat entre Nvidia et Corning. « L’IA représente un levier de croissance majeur pour les valeurs technologiques européennes », a indiqué Houri, tout en soulignant les seuils techniques à surveiller sur les marchés.
Dans un autre registre, Guillaume Edery (UFF) a analysé l’impact du conflit en Iran sur les fonds obligataires et les placements en or, tandis que Nadia Gharbi a commenté les chiffres de l’emploi américain. « Avec 115 000 créations d’emplois en avril, le marché du travail américain reste résilient, mais l’IA commence à modifier la structure des emplois, en particulier pour les jeunes », a-t-elle expliqué.
Les enjeux de la dette française et les perspectives économiques
Un sujet a particulièrement retenu l’attention des investisseurs : le coût des intérêts de la dette française, qui s’élève désormais à 2 124 euros par seconde, selon l’analyse de « La Data Room » publiée ce jour. Ce chiffre, qui illustre l’augmentation continue du poids de la dette, a été commenté par Sylvain Tiger Loganadin (Ultra Bourse) et Nicolas Voinchet (BNP Paribas CIB), invités de l’émission « BFM Bourse » à 16h. « La trajectoire de la dette française est un sujet de préoccupation croissante pour les marchés », a souligné Loganadin, tandis que Voinchet a rappelé l’importance des réformes structurelles pour inverser la tendance.
Côté entreprises, Arnaud Isaac (Promepar AM) a mis en avant la valeur de Banco Santander dans son édition « Valeur ajoutée », tandis que les analystes de « Tech stocks » ont passé en revue les pépites technologiques encore méconnues, comme Fabrinet, champion de l’assemblage optique.
Cette journée du 8 mai a confirmé, une fois de plus, que la Bourse reste un terrain où les équilibres peuvent basculer rapidement. Entre croissance sectorielle, défis économiques et incertitudes géopolitiques, les investisseurs devront naviguer avec prudence dans les semaines à venir.
Plusieurs facteurs jouent en faveur de Safran. D’abord, le groupe bénéficie d’une demande soutenue en moteurs d’avion, notamment pour les modèles long-courriers comme l’A350 ou le Boeing 787. Ensuite, ses marges sont structurellement plus élevées que celles d’Airbus, dont les retards de livraison pèsent sur la valorisation. Enfin, Safran investit massivement dans l’innovation, avec des programmes comme le moteur CFM RISE, qui pourrait révolutionner l’aviation à l’horizon 2030.
Selon Nadia Gharbi (Pictet Wealth Management), l’IA génère à la fois des opportunités et des perturbations. Si elle crée de nouveaux emplois dans les secteurs technologiques, elle accélère aussi l’automatisation de certains métiers, en particulier dans l’industrie et les services. Les jeunes, souvent moins qualifiés pour ces nouveaux postes, sont particulièrement vulnérables, ce qui pourrait peser sur le taux de chômage des moins de 25 ans.