Alors que la 79e édition du Festival de Cannes bat son plein, le dernier film du réalisateur hongrois László Nemes, « Moulin », retient l’attention de la critique. Selon Libération, cette œuvre, qui plonge dans les dernières semaines d’un résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, repose presque entièrement sur l’interprétation sobre et intense de Gilles Lellouche. Le film, présenté en compétition officielle, interroge par sa construction narrative et son approche formelle, tout en s’appuyant sur une performance d’acteur qui marque durablement.
Ce qu'il faut retenir
- Le film « Moulin », réalisé par László Nemes, est en compétition officielle à Cannes 2026
- L’œuvre explore les dernières semaines d’un résistant pendant la Seconde Guerre mondiale
- La performance de Gilles Lellouche porte presque intégralement le récit
- Le film se distingue par une narration lente et des choix formels marquants
- Selon Libération, « Moulin » relève le défi d’une reconstitution historique exigeante
Un film attendu à Cannes, entre audace et pesanteur
Présenté dans la sélection officielle du Festival de Cannes 2026, « Moulin » s’inscrit dans la filmographie exigeante de László Nemes, déjà salué pour « Le Fils de Saul » en 2015. D’après Libération, le cinéaste hongrois y déploie une mise en scène volontairement lourde, tant sur le plan formel que narratif. Pourtant, c’est précisément cette apparente pesanteur qui sert le propos du film, en immergeant le spectateur dans une atmosphère oppressante, reflétant la tension des derniers instants de résistance.
Le réalisateur, connu pour son attention méticuleuse aux détails historiques, a choisi de concentrer l’essentiel du récit sur la période la plus sombre de l’Occupation. Un choix qui n’est pas sans rappeler son précédent travail, où la rigueur historique servait une réflexion plus large sur l’humanité en temps de guerre. Ici, « Moulin » mise sur une économie de moyens narrative pour mieux mettre en valeur l’intériorité des personnages.
Gilles Lellouche, acteur principal et pivot du film
Si la réalisation de László Nemes impose une certaine distance, c’est bien la performance de Gilles Lellouche qui ancre le film dans une réalité tangible. Selon Libération, l’acteur français livre une interprétation d’une rare intensité, presque entièrement intériorisée, où chaque regard et chaque silence pèsent davantage que les dialogues. Lellouche, habitué aux rôles exigeants, incarne ici un résistant aux prises avec ses doutes et ses certitudes, dans un équilibre subtil entre force et vulnérabilité.
Son travail d’acteur, souvent salué dans des registres variés, trouve ici un terrain de jeu idéal. Le film repose sur ses épaules, et c’est cette concentration extrême qui permet à « Moulin » de dépasser les attentes. Pour le public, l’enjeu est de taille : suivre un récit où l’action se mesure moins en mouvements qu’en émotions.
Une reconstitution historique au service d’une réflexion universelle
« Moulin » ne se contente pas de décrire une période précise de l’Histoire. D’après Libération, le film utilise la résistance comme prisme pour explorer des thèmes plus larges : la loyauté, le sacrifice et la quête de sens dans l’adversité. László Nemes, qui a longuement documenté son sujet, évite les écueils du manichéisme en humanisant ses personnages, même les plus secondaires. Autant dire que le film ne se contente pas d’être un hommage aux résistants, mais bien une méditation sur ce que signifie agir – ou ne pas agir – face à l’injustice.
La photographie, signée par un chef opérateur expérimenté, renforce cette atmosphère de tension contenue. Les plans serrés sur les visages, les jeux d’ombres et de lumières créent une esthétique qui rappelle les grands films de guerre, sans jamais tomber dans le spectaculaire. Pour le spectateur, l’expérience est immersive, presque physique.
Le Festival de Cannes, qui s’achève le 25 mai 2026, pourrait bien consacrer « Moulin » comme l’une des révélations de cette édition. Entre reconstitution historique et performance d’acteur, le film de László Nemes prouve que le cinéma, même dans sa forme la plus exigeante, reste un outil puissant pour questionner notre passé et éclairer notre présent.