D'après RFI, la Russie et l'Ukraine se sont accusées mutuellement, vendredi 8 mai 2026, d'avoir violé le cessez-le-feu unilatéral décrété par Moscou pour les commémorations du 9-Mai. Chaque camp a dénoncé des attaques de drones, ravivant les tensions alors que le conflit entre dans sa troisième année.

Ce qu'il faut retenir

  • Cessez-le-feu unilatéral de Moscou en vigueur depuis minuit le 8 mai pour les commémorations du 9-Mai
  • Les deux camps s'accusent mutuellement d'avoir lancé des attaques de drones pendant la nuit
  • Le président ukrainien Volodymyr Zelensky affirme que les forces russes ont tiré plus de 850 drones sur le front
  • L'armée ukrainienne affirme avoir abattu 56 drones russes hors du front

Un cessez-le-feu rapidement rompu par les accusations croisées

Le cessez-le-feu unilatéral annoncé par Moscou pour marquer le 9-Mai, jour de commémoration de la victoire de 1945, est entré en vigueur à minuit dans la nuit de jeudi à vendredi. Pourtant, dès les premières heures, les deux camps se sont mutuellement reproché des violations. Moscou a accusé Kiev d'avoir déclenché des attaques de drones, tandis que l'Ukraine a dénoncé des frappes russes ciblant ses positions.

Ces accusations révèlent une nouvelle fois la fragilité des périodes de trêve, même symboliques, dans un conflit où chaque camp cherche à maintenir une pression militaire malgré les appels à la désescalade. Les commémorations du 9-Mai, chargées de symboles historiques, pourraient ainsi être marquées par une intensification des tensions plutôt que par un apaisement.

Zelensky détaille l'ampleur des attaques russes

Lors d'une allocution publique, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a précisé que les forces russes avaient lancé plus de 850 drones sur le front entre minuit et l'aube. Selon lui, ces attaques visaient à perturber les commémorations et à tester la réactivité des défenses ukrainiennes.

L'armée ukrainienne a riposté en affirmant avoir intercepté 56 drones russes hors des zones de combat, notamment dans les régions de Kiev et d'Odessa. Ces interceptions illustrent la capacité de Kiev à maintenir une défense aérienne malgré les contraintes logistiques et les pertes matérielles accumulées depuis le début de l'invasion.

Un bilan humanitaire déjà préoccupant à Kherson

RFI rappelle que la situation humanitaire à Kherson, ville stratégique située sur la rive droite du Dniepr, reste critique. Les combats intermittents et les frappes de drones ont aggravé les difficultés d'accès aux soins et aux denrées de première nécessité pour la population civile. Les autorités locales évoquent un risque accru de pénuries d'eau et d'électricité, aggravé par les dégâts répétés sur les infrastructures.

Les ONG sur place rapportent une augmentation des déplacements de populations, notamment vers les zones moins exposées. La Croix-Rouge internationale a appelé à une trêve humanitaire durable pour permettre l'évacuation des blessés et la distribution d'aide, sans succès pour l'instant.

Et maintenant ?

Si la Russie et l'Ukraine maintiennent leurs accusations respectives, la communauté internationale pourrait tenter d'intervenir pour éviter une escalade pendant les commémorations du 9-Mai. Une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU est attendue d'ici la fin de la semaine, selon des sources diplomatiques.

Les prochaines 48 heures seront déterminantes : si les violations persistent, le risque d'une reprise totale des hostilités s'accentuera, mettant en péril les rares avancées diplomatiques enregistrées ces derniers mois.

Pour l'instant, aucune déclaration officielle n'a été faite concernant une extension ou un renouvellement du cessez-le-feu. Les deux camps restent campés sur leurs positions, laissant craindre une dégradation rapide de la situation.

Le 9-Mai est une date symbolique en Russie et dans plusieurs pays d'Europe de l'Est, marquant la victoire contre le nazisme en 1945. Moscou a traditionnellement utilisé cette date pour appeler à une trêve, bien que les cessez-le-feu précédents aient rarement été respectés. Pour Kiev, il s'agit aussi d'une occasion de montrer une volonté de dialogue, même si les violations signalées vendredi montrent les limites de cette approche.