La chasse aux trophées d’espèces protégées, suivie de l’importation de parties de leur corps en France, reste légale. C’est ce que dénonce une tribune signée par plus de cinquante parlementaires, dont Sandra Regol, députée du Bas-Rhin, et Yannick Jadot, sénateur de Paris. Reporterre rapporte cette initiative qui met en lumière une pratique coûteuse, réservée à un cercle restreint de chasseurs aisés.
Ce qu'il faut retenir
- La chasse aux trophées d’espèces menacées et l’importation de leurs parties en France sont toujours autorisées.
- Plus de 50 parlementaires, dont Sandra Regol et Yannick Jadot, signent une tribune pour dénoncer cette pratique.
- Cette activité consiste à payer des dizaines de milliers d’euros pour abattre des animaux protégés.
- Les signataires appellent le gouvernement à interdire cette chasse et ses importations associées.
Une pratique légale mais controversée
La France autorise encore la chasse d’espèces menacées, ainsi que l’importation de leurs trophées — bois de cerf, peaux, ou autres parties du corps. Selon Reporterre, cette légalité persiste malgré les critiques récurrentes des associations de protection animale. Les signataires de la tribune soulignent que cette activité reste l’apanage d’un petit groupe de privilégiés, capables de débourser des sommes colossales pour assouvir leur passion.
Parmi les espèces concernées figurent des lions d’Afrique, des éléphants ou encore des rhinocéros, toutes classées en danger par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Pourtant, la réglementation française autorise leur chasse sous couvert de « gestion des populations » ou de « protection des écosystèmes », une argumentation que les parlementaires jugent irrecevable.
Une mobilisation transpartisane
La tribune, cosignée par des élus de différents bords politiques, reflète une prise de conscience croissante au sein de l’Assemblée nationale. Sandra Regol, députée écologiste du Bas-Rhin, et Yannick Jadot, sénateur Europe Écologie Les Verts de Paris, en sont les figures les plus médiatisées. Mais ils ne sont pas seuls : plus de cinquante parlementaires, issus de divers groupes politiques, ont apposé leur signature sous ce texte.
Pour les signataires, la chasse aux trophées n’a aucun fondement éthique ou écologique. « Ces animaux sont protégés par la loi, et pourtant on leur permet d’être tués pour le simple plaisir de quelques-uns », a déclaré Yannick Jadot dans une interview accordée à Reporterre. Sandra Regol, de son côté, a rappelé que cette pratique « envoie un mauvais signal sur la scène internationale, alors que la France se présente comme un pays engagé dans la protection de la biodiversité ».
Quelles suites pour une éventuelle interdiction ?
Les parlementaires appellent le gouvernement à agir rapidement. Dans leur tribune, ils demandent l’interdiction pure et simple de la chasse aux trophées d’espèces menacées, ainsi que des importations de leurs parties. Une telle mesure nécessiterait une modification de la réglementation française, mais aussi une coordination avec les instances européennes et internationales.
Pour l’instant, le ministère de la Transition écologique n’a pas encore réagi publiquement à cette initiative. Pourtant, la pression monte : plusieurs pays européens, comme les Pays-Bas ou la Belgique, ont déjà restreint, voire interdit, cette pratique. La France pourrait-elle suivre leur exemple ? Rien n’est moins sûr, alors que certains milieux cynégétiques et politiques défendent le maintien de cette activité au nom de la tradition.
Reste à voir si cette prise de position collective suffira à faire évoluer la législation. Pour l’heure, les chasseurs de trophées peuvent encore réserver leurs expéditions à l’étranger — et rapatrier leurs prises en France sans obstacle.
Les espèces les plus souvent ciblées incluent des lions d’Afrique, des éléphants, des rhinocéros, des léopards et des buffles, toutes classées comme menacées par l’UICN. Leurs trophées — peaux, crânes, défenses — peuvent être importés légalement en France sous certaines conditions.