Alors que Jean-Luc Mélenchon tient meeting ce dimanche 7 juin 2026 à Paris, la rhétorique politique de La France insoumise (LFI) est de nouveau au cœur des débats. Dans une chronique publiée par Le Figaro, Christophe de Voogd, spécialiste de la rhétorique politique, dénonce une « inversion accusatoire » caractéristique de l’extrême gauche. Cette méthode consiste, selon lui, à transformer la victime en coupable et l’agressé en agresseur, une stratégie qu’il qualifie d’« orwellienne ».
Ce qu'il faut retenir
- Jean-Luc Mélenchon tient un meeting ce dimanche 7 juin 2026 à Paris, où il sera probablement question de résistance politique, un thème central de son discours.
- Christophe de Voogd, chroniqueur au Figaro, analyse la rhétorique de LFI et y voit une inversion accusatoire systématique.
- Cette méthode consiste à présenter les opposants comme des agresseurs et les partisans de LFI comme des victimes, une tactique qualifiée d’« orwellienne ».
- Les références à Jean Moulin, de Gaulle ou au Conseil national de la Résistance sont mobilisées par LFI pour légitimer son discours, selon de Voogd.
- Edgar Morin, figure intellectuelle de gauche disparue récemment, est cité pour son appel à une « nouvelle résistance » contre le « danger fasciste », notamment incarné par la possible victoire du Rassemblement national en 2027.
- Les médias et les opposants à LFI sont régulièrement accusés par le parti de préparer une « prise de contrôle fasciste de l’imaginaire collectif ».
La résistance, un thème central de la gauche contemporaine
Depuis plusieurs années, la notion de résistance s’est imposée comme un mot d’ordre au sein de la gauche française. Comme le souligne Christophe de Voogd, cette thématique a été popularisée par des intellectuels comme Edgar Morin, dont la pensée complexe a souvent été détournée à des fins politiques. Après sa disparition en 2025, son appel à une « nouvelle résistance » a pris une résonance particulière : « L’heure d’une nouvelle résistance est venue ! », déclarait-il alors. Aujourd’hui, cette rhétorique est brandie contre plusieurs cibles, à commencer par le Rassemblement national, dont la possible victoire en 2027 est présentée comme un « danger fasciste ».
Les médias, en particulier ceux associés au groupe Bolloré, sont également dans le viseur de LFI. Le parti les accuse de préparer une « prise de contrôle fasciste de notre imaginaire collectif ». Une accusation qui s’inscrit dans une stratégie plus large de diabolisation des opposants, selon de Voogd. Cette rhétorique repose sur une logique binaire : d’un côté, les « résistants » (LFI et ses alliés), de l’autre, les « collaborateurs » ou les « fascistes » (tous ceux qui s’opposent au programme insoumis).
L’inversion accusatoire, une tactique récurrente
Pour Christophe de Voogd, la stratégie de LFI repose sur une inversion systématique des rôles. « On transforme la victime en coupable et l’agressé en agresseur », explique-t-il. Cette méthode, qu’il qualifie d’« orwellienne » en référence à l’univers décrit par George Orwell dans 1984, permet au parti de se poser en défenseur des valeurs républicaines, tout en discréditant ses adversaires. Par exemple, ceux qui critiquent le programme de LFI sont immédiatement accusés de complaisance envers le fascisme ou de participation à une entreprise de « déconstruction » de la démocratie.
Cette rhétorique trouve un écho particulier dans le contexte actuel, où la mémoire de la Résistance reste un pilier du récit national. Le dernier Festival de Cannes a d’ailleurs illustré cette fascination pour la Résistance, avec des polémiques autour de films évoquant Jean Luchaire, Jean Moulin ou même de Gaulle. Pour LFI, se réclamer de ces figures historiques permet de légitimer son discours et de se présenter comme l’héritier des valeurs de la Résistance. Pourtant, comme le rappelle de Voogd, le programme de LFI s’inspire davantage du Conseil national de la Résistance que de ses méthodes, ce qui relève, selon lui, d’une instrumentalisation de l’histoire.
Le programme de LFI, entre héritage et récupération
Selon Christophe de Voogd, La France insoumise n’hésite pas à mobiliser l’héritage de la Résistance pour justifier son action politique. Le parti se présente comme le défenseur des valeurs de la Résistance, tout en critiquant les institutions républicaines qu’il accuse de complaisance envers l’extrême droite. Cette stratégie permet à LFI de se poser en rempart contre le fascisme, tout en contestant les fondements mêmes de la démocratie représentative. « Le programme inspiré du Conseil national de la Résistance » est ainsi brandi comme une preuve de la légitimité de LFI, alors même que ses méthodes et son fonctionnement interne s’éloignent largement de ceux du CNR.
Cette récupération de l’histoire s’accompagne d’une diabolisation des médias et des opposants. Les critiques envers LFI sont systématiquement interprétées comme des attaques contre la démocratie elle-même. Ainsi, ceux qui dénoncent les dérives du parti ou de ses soutiens sont immédiatement accusés de faire le jeu du fascisme. Une rhétorique qui, pour de Voogd, relève d’une stratégie de diversion visant à éviter tout débat sur le fond.
La chronique de Christophe de Voogd, publiée par Le Figaro, s’inscrit dans un débat plus large sur la polarisation du discours politique en France. Alors que la résistance devient un thème central de la gauche, la question se pose : cette rhétorique parviendra-t-elle à mobiliser les électeurs, ou finira-t-elle par s’user sous le poids de ses propres contradictions ? Une chose est sûre : le meeting de ce dimanche donnera un nouvel éclairage sur les stratégies de communication de LFI et ses conséquences sur le paysage politique français.
Pour Christophe de Voogd, l’inversion accusatoire est une tactique rhétorique qui consiste à présenter la victime comme le coupable et l’agressé comme l’agresseur. Dans le contexte de La France insoumise, cette méthode permet au parti de se poser en victime de la répression, tout en diabolisant ses opposants, qu’il présente comme des fascistes ou des collaborateurs.