Samedi 6 juin 2026, des membres du mouvement intégriste Civitas, dissous par l’État en 2023, ont perturbé un événement artistique parisien tout en prenant à partie des élus locaux. Ces agissements, rapportés par Libération, illustrent la persistance d’activités liées à cette organisation malgré son interdiction administrative.

Ce qu'il faut retenir

  • Civitas, dissous en 2023, continue ses activités sous de nouvelles formes, selon Libération.
  • Des membres du mouvement ont perturbé un événement artistique le 6 juin 2026 à Paris.
  • Plusieurs élus locaux ont été pris à partie lors de cette intervention.
  • Le groupe, classé à l’extrême droite, maintient une présence malgré son interdiction officielle.

Un mouvement historique et son interdiction récente

Fondé dans les années 1990, Civitas s’est progressivement imposé comme un mouvement intégriste au sein de l’extrême droite française. Ses positions, souvent qualifiées de traditionalistes et radicales, lui ont valu une attention croissante des autorités. En 2023, le gouvernement a décidé de dissoudre l’organisation, estimant que ses activités menaient une propagande violente et une incitation à la haine. Pourtant, comme le rapporte Libération, des membres continuent de s’organiser, adoptant des stratégies de contournement pour échapper à la dissolution.

Une intervention musclée lors d’un événement culturel

Le 6 juin 2026, Civitas a choisi de s’en prendre à un événement artistique organisé dans la capitale. Selon les témoignages recueillis par Libération, des individus liés au mouvement auraient perturbé le déroulement de la manifestation, provoquant des tensions avec les organisateurs et les participants. Plusieurs élus locaux présents sur place ont également été pris pour cible, certains recevant des insultes ou des menaces verbales. «

Nous avons été contraints d’interrompre notre événement en raison de l’intrusion violente de ces militants
», a déclaré un organisateur sous couvert d’anonymat, cité par Libération.

Les forces de l’ordre, présentes sur les lieux, ont dû intervenir pour rétablir le calme. Aucune interpellation n’a toutefois été signalée dans l’immédiat, les individus ayant quitté les lieux avant l’arrivée des autorités. Les enquêtes sont en cours pour identifier les responsables et évaluer l’ampleur de l’infiltration de Civitas dans ce type d’événements.

Une organisation résiliente malgré les interdits

L’épisode du 6 juin n’est pas isolé. Depuis sa dissolution, Civitas a multiplié les tentatives pour contourner l’interdiction, notamment en se restructurant sous d’autres bannières ou en s’appuyant sur des réseaux informels. «

Leur capacité à se réinventer montre une certaine résilience, même si leurs actions restent marginales
», analyse un spécialiste des mouvements extrémistes, interrogé par Libération. Les services de renseignement suivent de près ces évolutions, craignant une radicalisation accrue de certains membres.

Les autorités rappellent que la dissolution de Civitas reste en vigueur, et que toute tentative de reconstitution du groupe est passible de sanctions pénales. Pourtant, le risque d’une persistance des activités clandestines ne peut être écarté, comme en témoignent les récents incidents.

Et maintenant ?

Les enquêtes ouvertes après les événements du 6 juin devraient permettre d’identifier plus précisément les membres actifs de Civitas et leurs liens avec d’autres groupes radicaux. Une réunion interministérielle est prévue pour la fin du mois de juin afin d’évaluer les mesures supplémentaires à prendre. D’ici là, les organisateurs d’événements culturels et politiques sont invités à renforcer leurs dispositifs de sécurité, en collaboration avec les forces de l’ordre.

Reste à voir si ces mesures suffiront à endiguer la présence persistante de Civitas, ou si le mouvement parviendra à s’immiscer davantage dans le paysage militant français. Une chose est sûre : la vigilance des autorités et de la société civile restera indispensable.