Le patron de Canal+, Maxime Saada, a annoncé dimanche son intention de ne plus soutenir financièrement les signataires d’une tribune critiquant la mainmise présumée de Vincent Bolloré sur le cinéma français, une décision qui suscite des réactions dans le milieu. Selon Ouest France, le président du Centre national du cinéma (CNC), Dominique Boutonnat, a exprimé lundi 18 mai son « certain sentiment de gâchis » face à cette prise de position.

Ce qu'il faut retenir

  • Une tribune signée par 600 professionnels du cinéma a dénoncé récemment la concentration des pouvoirs entre les mains de Vincent Bolloré dans le secteur.
  • Maxime Saada, PDG de Canal+, a déclaré vouloir cesser son soutien aux signataires de ce texte.
  • Dominique Boutonnat, président du CNC, a jugé cette réaction regrettable lors d’une intervention sur France Inter.
  • La polémique s’inscrit dans un débat plus large sur l’indépendance et la diversité du cinéma français.

La tribune en question, publiée il y a une semaine, comptait parmi ses signataires des réalisateurs, acteurs et producteurs de renom. Elle pointait du doigt ce qu’elle présente comme une « mainmise » de l’homme d’affaires sur les financements et les orientations du secteur. En réaction, Maxime Saada a choisi de prendre ses distances avec ces signataires, justifiant cette décision par un « sentiment de gâchis » selon ses propres termes.

« J’ai un certain sentiment de gâchis », a déclaré Dominique Boutonnat sur France Inter ce lundi 18 mai, en commentant la réaction du PDG de Canal+.

Cette prise de position de Maxime Saada intervient alors que le débat sur l’indépendance du cinéma français est déjà vif. Certains y voient une tentative de museler les critiques, tandis que d’autres estiment qu’il s’agit d’une réponse légitime à des propos jugés excessifs. Le milieu cinématographique reste donc profondément divisé sur cette question.

Pour rappel, Vincent Bolloré, figure majeure du paysage audiovisuel français, est souvent au cœur de controverses liées à sa présence dans le secteur. Son groupe, Vivendi, détient notamment des parts importantes dans Canal+ et dans des studios de production. La tribune incriminée met en lumière les craintes d’une concentration excessive du pouvoir entre ses mains.

Et maintenant ?

Cette polémique pourrait s’étendre dans les prochains jours, avec d’éventuelles réactions des signataires de la tribune ou d’autres acteurs du secteur. Une réunion du CNC est prévue en fin de semaine pour évoquer les tensions actuelles, mais aucune décision concrète n’a encore été annoncée.

Dominique Boutonnat, tout en exprimant son regret, n’a pas précisé si des mesures seraient prises pour apaiser les tensions. Quant à Maxime Saada, il n’a pas détaillé les conséquences pratiques de sa décision, laissant planer le doute sur l’ampleur réelle de son désengagement.

La tribune a été signée par environ 600 professionnels du cinéma, parmi lesquels figurent des réalisateurs, acteurs et producteurs. Leur identité exacte n’a pas été rendue publique par Ouest France.