Les Colombiens sont appelés aux urnes dans cinq jours, le 21 juin 2026, pour trancher entre deux visions radicalement opposées de l’avenir du pays. Selon France 24, le second tour de l’élection présidentielle opposera Abelardo de la Espriella, candidat d’extrême droite et vainqueur du premier tour avec 32,1 % des suffrages, à Ivan Cepeda, figure de la gauche qui a recueilli 28,7 % des voix.

Ce qu'il faut retenir

  • Le second tour de l’élection présidentielle colombienne se tiendra le 21 juin 2026.
  • Abelardo de la Espriella, candidat d’extrême droite, affronte Ivan Cepeda, favori de la gauche, avec respectivement 32,1 % et 28,7 % des voix au premier tour.
  • Les deux candidats proposent des programmes économiques, sécuritaires et diplomatiques radicalement différents.

Un affrontement idéologique aux enjeux nationaux

Abelardo de la Espriella, avocat proche des milieux conservateurs, mise sur une politique de fermeté face à la criminalité et à la guérilla, avec le rétablissement de relations étroites avec les États-Unis. À l’inverse, Ivan Cepeda, sénateur et militant historique des droits de l’homme, défend une réforme agraire ambitieuse, la renégociation des accords de paix avec les FARC, et une politique étrangère plus indépendante vis-à-vis de Washington. Autant dire que le scrutin s’annonce comme un référendum sur l’orientation politique du pays pour les quatre prochaines années.

Des propositions économiques aux antipodes

Côté sécurité, de la Espriella promet un renforcement des forces armées et la création de milices locales, tandis que Cepeda prône un désengagement militaire et un dialogue prioritaire avec les mouvements armés. Sur le plan économique, le premier défend une libéralisation accrue et des partenariats publics-privés, quand le second veut nationaliser des secteurs stratégiques et augmenter les dépenses sociales de 20 % d’ici 2028.

« La Colombie a besoin d’ordre et de prospérité, pas de divisions idéologiques », a affirmé de la Espriella lors d’un meeting à Bogotá. « Nous devons tourner la page des années de laxisme et de corruption. » De son côté, Cepeda a rétorqué : « Ce n’est pas en militarisant la société que l’on résoudra les problèmes structurels de notre pays. La paix se construit avec justice sociale. »

Une politique étrangère sous haute tension

Les deux candidats divergent également sur la scène internationale. Abelardo de la Espriella souhaite rejoindre l’Alliance du Pacifique et renforcer les liens avec Israël, tandis qu’Ivan Cepeda a annoncé vouloir suspendre les accords militaires avec Washington et réorienter les échanges commerciaux vers l’Asie et l’Amérique latine. « La Colombie ne peut plus être un vassal des États-Unis », a-t-il martelé lors d’un débat télévisé.

Les observateurs soulignent que ce clivage reflète les fractures d’une société colombienne encore marquée par des décennies de conflit armé et d’inégalités économiques. Les sondages donnent les deux candidats au coude-à-coude, avec une marge d’erreur de 3 points, rendant le résultat particulièrement incertain.

Et maintenant ?

Si le second tour s’annonce serré, les analystes estiment que la mobilisation des électeurs des zones rurales et des quartiers populaires sera déterminante. Le vainqueur devra rapidement former un gouvernement capable de rassembler une majorité fragile au Congrès, où aucun parti ne détient de majorité absolue. Les premières mesures économiques et sécuritaires pourraient être annoncées dès la semaine suivant l’élection, en fonction du choix des électeurs.

Quel que soit le résultat, ce scrutin confirmera ou infirmera la tendance récente de l’Amérique latine vers une polarisation accrue entre forces progressistes et conservatrices. Les observateurs internationaux, notamment l’ONU et l’Union européenne, suivent de près cette élection, qui pourrait redessiner les équilibres géopolitiques de la région.