Les eurodéputés se prononcent ce mercredi 17 juin sur l’autorisation des plantes issues des Nouvelles techniques génomiques (NTG), un dossier qui cristallise les tensions entre partisans d’une agriculture plus résiliente et opposants craignant un retour des OGM dans l’Union européenne, comme le rapporte RFI.
Ce qu'il faut retenir
- Les eurodéputés votent ce 17 juin 2026 sur la réglementation des plantes NTG, des variétés génétiquement modifiées pour mieux résister au réchauffement climatique.
- Les partisans des NTG souhaitent assouplir les règles de mise sur le marché et de culture pour favoriser des plantes moins dépendantes aux engrais ou pesticides.
- Les opposants dénoncent un risque de retour des OGM, avec des craintes sur l’impact environnemental et sanitaire.
- L’enjeu porte aussi sur l’adaptation de l’agriculture européenne face aux défis climatiques, dans un contexte où la résilience des cultures devient prioritaire.
Des plantes modifiées pour affronter le changement climatique
Les Nouvelles techniques génomiques (NTG) désignent des méthodes de modification génétique permettant de créer des plantes plus résistantes aux aléas climatiques, moins gourmandes en ressources ou mieux adaptées aux sols appauvris. Selon leurs défenseurs, ces innovations pourraient jouer un rôle clé dans la transition écologique de l’agriculture européenne, alors que les températures moyennes continuent d’augmenter et que les épisodes de sécheresse se multiplient.
Parmi les arguments avancés, on cite souvent la possibilité de développer des céréales tolérant mieux la chaleur, des légumineuses moins dépendantes des intrants chimiques ou encore des cultures capables de pousser sur des terres jusqu’alors considérées comme impropres. RFI souligne que ces techniques s’inscrivent dans une logique d’adaptation, et non de simple productivité, même si leur classification reste au cœur des débats.
Un feuilleton réglementaire qui divise l’Europe
Le vote de ce mercredi intervient après des mois de négociations entre États membres, Parlement européen et Commission, chacun défendant des positions contrastées. Si certains pays, comme les Pays-Bas ou le Danemark, poussent pour une libéralisation rapide des NTG, d’autres, à l’instar de la France ou de l’Autriche, exigent des garde-fous stricts pour éviter tout risque sanitaire ou environnemental.
Les opposants, parmi lesquels figurent des associations écologistes et une partie de la filière bio, mettent en garde contre une banalisation des OGM. Ils rappellent que les NTG, bien que présentées comme moins invasives que les modifications génétiques traditionnelles, restent des organismes génétiquement modifiés (OGM) et soulèvent des questions sur leur traçabilité et leur impact à long terme sur la biodiversité. « Autoriser ces plantes sans encadrement solide revient à ouvrir la porte à une industrialisation massive de notre alimentation », a ainsi déclaré Stéphane Foucart, journaliste spécialisé, dans une tribune relayée par RFI.
Un compromis en vue, mais des désaccords persistants
Pour tenter de concilier les deux camps, la Commission européenne a proposé un projet de réglementation prévoyant une différenciation entre les NTG dites « de précision » (les moins risquées) et les autres, soumises à des règles plus strictes. Cette approche, bien que saluée par certains, est jugée insuffisante par les détracteurs, qui réclament une interdiction pure et simple ou, à défaut, une évaluation systématique au cas par cas.
Les discussions ont également porté sur la question de la coexistence avec les cultures non-OGM. Des craintes persistent quant à la contamination des champs traditionnels par des pollens modifiés, un scénario déjà observé avec certains OGM autorisés dans d’autres régions du monde. RFI indique que les experts de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) doivent rendre un avis d’ici la fin de l’année, qui pourrait influencer le vote final.
Les prochaines étapes dépendront aussi de l’évolution des positions des groupes politiques au Parlement européen. Si les Verts et une partie de la gauche radicale promettent déjà de contester toute libéralisation, le groupe centriste (Renew Europe) et le Parti populaire européen (PPE) pourraient, eux, soutenir une version assouplie des règles. Reste à savoir si les arguments écologiques l’emporteront sur les impératifs économiques et climatiques.
Les Nouvelles techniques génomiques (NTG) permettent des modifications génétiques plus ciblées et moins invasives que les OGM traditionnels. Elles s’appuient sur des outils comme le CRISPR-Cas9, qui autorisent des ajustements précis du génome sans necessarily ajouter de gènes étrangers. Cependant, leur classification varie selon les pays : l’UE considère qu’elles relèvent du régime OGM, tandis que d’autres, comme les États-Unis, les traitent différemment.