L’entreprise américaine Colossal Biosciences, spécialisée dans la biotechnologie, a récemment franchi une étape majeure dans ses recherches sur la résurrection d’espèces disparues. Comme le rapporte RFI, elle a annoncé mardi 20 mai 2026 la naissance de plusieurs poussins ayant éclos à partir d’un œuf de synthèse. Une première qui ouvre de nouvelles perspectives pour les projets de dé-extinction menés par la société.

Ce qu'il faut retenir

  • Naissance de poussins issus d’un œuf de synthèse, une première mondiale selon Colossal Biosciences.
  • Ce succès intervient après l’annonce, il y a quelques mois, de la résurrection d’un loup préhistorique disparu grâce à la génétique.
  • La société vise désormais la résurrection du moa, un oiseau géant disparu de Nouvelle-Zélande.

Cette avancée s’inscrit dans la continuité des travaux menés par Colossal Biosciences, qui avait déjà marqué les esprits en janvier 2026 en annonçant la naissance de plusieurs spécimens de Canis lupus — une espèce de loup préhistorique disparue il y a environ 40 000 ans. Selon les responsables de l’entreprise, cette réussite illustre la faisabilité des techniques de dé-extinction, même si les applications concrètes restent encore limitées.

Dans un communiqué diffusé ce 20 mai 2026, Colossal Biosciences a souligné que la naissance des poussins à partir d’un œuf synthétique constituait une preuve de concept essentielle. « Cette étape démontre que nous pouvons maîtriser les conditions nécessaires au développement embryonnaire en dehors d’un œuf naturel », a déclaré Ben Lamm, cofondateur et PDG de l’entreprise. Il a ajouté : « C’est une avancée technique majeure qui nous rapproche de nos objectifs ambitieux. »

L’œuf de synthèse utilisé pour cette expérience a été conçu à partir de cellules souches modifiées génétiquement. Selon les explications fournies par les chercheurs, le processus implique la reprogrammation de cellules pour recréer un environnement propice à la croissance de l’embryon. Bien que les détails techniques restent confidentiels, Colossal Biosciences affirme avoir travaillé en collaboration avec plusieurs laboratoires universitaires spécialisés dans l’embryologie aviaire.

Cette innovation pourrait avoir des répercussions bien au-delà des projets de dé-extinction. D’après les analystes du secteur, ces techniques pourraient un jour être utilisées pour préserver des espèces menacées en optimisant leur reproduction en milieu contrôlé. Cependant, les critiques rappellent que ces avancées soulèvent également des questions éthiques, notamment sur l’utilisation des animaux dans la recherche.

Et maintenant ?

Colossal Biosciences a indiqué que ses prochaines étapes consisteraient à reproduire ce succès à plus grande échelle, tout en préparant les protocoles nécessaires à la résurrection du moa. Selon les projections, les premières tentatives pourraient intervenir d’ici deux à trois ans, sous réserve des financements et des autorisations réglementaires. D’ici là, la société prévoit de publier des résultats détaillés dans des revues scientifiques, une fois les analyses complémentaires terminées.

Les réactions dans la communauté scientifique restent prudentes, mais plusieurs experts saluent l’aspect technique de l’expérience. « C’est une démonstration impressionnante de ce que permet aujourd’hui l’ingénierie génétique », a commenté Dr. Élise Moreau, généticienne au CNRS. Elle a cependant tempéré l’enthousiasme en rappelant que « les défis éthiques et écologiques liés à ces projets doivent être pris au sérieux ».

Selon Colossal Biosciences, les œufs de synthèse permettent de mieux contrôler les conditions de développement des embryons, notamment en évitant les contaminations ou les carences nutritionnelles. Cette approche pourrait faciliter la conservation et la reproduction d’espèces rares ou disparues.