Alors que les vagues de chaleur se multiplient en France, les Écologistes montent au créneau pour protéger les travailleurs et les familles. Selon BFM Business, le parti écologiste lance ce dimanche 21 juin 2026 une pétition nationale afin d’instaurer un congé climatique de cinq jours maximum par an. Cette mesure permettrait aux salariés de rester chez eux en cas de canicule, d’inondation, d’incendie ou de fermeture d’école liée aux conditions météorologiques, sans perte de salaire.

Ce congé serait activé dès lors que « les conditions climatiques empêchent d’aller au travail », a précisé Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, lors d’une intervention sur LCI. L’objectif ? Éviter que quiconque ne soit contraint de risquer sa santé ou celle de ses proches pour se rendre sur son lieu d’emploi. Tondelier a également inclus dans ce dispositif les situations où « l’école des enfants ferme et qu’aucune solution de garde n’est disponible ».

Ce qu'il faut retenir

  • Les Écologistes proposent un congé climatique de cinq jours par an, payé et sans justification complexe, pour les travailleurs exposés aux aléas climatiques.
  • Ce congé pourrait être déclenché en cas de canicule, d’inondation, d’incendie ou de fermeture imprévue des écoles.
  • Le modèle s’inspire du système espagnol, qui a adopté en novembre 2024 un congé payé de quatre jours pour les mêmes raisons.
  • Marine Tondelier critique l’idée d’un « plan massif » de climatisation, jugée coûteuse et inefficace sans isolation préalable des logements.
  • Les Écologistes qualifient de « non crédible » la proposition du Rassemblement National sur le climat, au regard de son historique parlementaire.

Une mesure inspirée de l’Espagne, où le congé climatique existe depuis 2024

La proposition des Écologistes s’appuie sur une initiative déjà mise en œuvre en Espagne. Depuis novembre 2024, le pays autorise en effet un congé payé de quatre jours pour les travailleurs dont l’activité professionnelle est perturbée par des conditions météorologiques extrêmes. Ce dispositif vise à limiter les déplacements professionnels lorsque des alertes météo sont déclenchées, tout en garantissant aux salariés de conserver l’intégralité de leur rémunération.

Dans leur pétition, les Verts insistent sur l’urgence d’une telle mesure en France, où les épisodes de canicule deviennent plus fréquents et plus intenses. « Personne ne devrait risquer sa santé ou celle de ses proches simplement pour aller travailler », écrivent-ils. Leur argumentaire souligne que les travailleurs exposés — notamment ceux du BTP, de l’agriculture ou des services publics — sont particulièrement vulnérables face à ces aléas.

Un congé élargi aux fermetures d’écoles et aux catastrophes naturelles

Le congé climatique défendu par les Écologistes ne se limiterait pas aux seuls épisodes de forte chaleur. Selon Marine Tondelier, il pourrait aussi être activé « au cas où l’école de vos enfants ferme et que vous n’avez pas de solution pour les garder ». Cette extension du dispositif vise à répondre à des situations de crise variées, qu’elles soient climatiques, sanitaires ou sociales.

Pour les Écologistes, l’enjeu est double : protéger la santé des populations et éviter que les inégalités sociales ne s’aggravent. Les familles modestes, par exemple, sont souvent contraintes de faire garder leurs enfants malgré la fermeture des écoles, faute de moyens pour recourir à des solutions alternatives. Un congé climatique permettrait de pallier ce type de difficultés sans pénaliser financièrement les salariés.

Marine Tondelier critique la climatisation comme réponse systématique aux canicules

Face à l’augmentation des températures, certains responsables politiques, dont Marine Le Pen, prônent un « plan massif » de climatisation, notamment dans les écoles, hôpitaux et maisons de retraite. Cependant, Marine Tondelier a vivement réagi à cette proposition lors de son passage sur LCI. « La climatisation n’est ni un tabou, ni une réponse à tout », a-t-elle déclaré. Pour elle, climatiser en masse n’est ni financièrement viable ni durable, surtout si les logements ne sont pas correctement isolés.

« Si vous climatisez des logements qui ne sont pas isolés, vous n’allez pas très loin », a-t-elle ironisé. Les Écologistes estiment que le Rassemblement National (RN) manque de crédibilité sur les questions climatiques, rappelant ses positions passées au Parlement européen et français. « Ce n’est pas crédible sur le climat, quand on regarde les votes du RN », a-t-elle souligné, sans préciser davantage les exemples invoqués.

Et maintenant ?

La pétition lancée par les Écologistes doit recueillir un large soutien pour faire pression sur le gouvernement. Si le dispositif devait être adopté, il faudrait ensuite définir les modalités précises de sa mise en œuvre : critères d’attribution, compensation financière, et articulation avec les autres congés existants. Une telle mesure pourrait également alimenter les débats parlementaires lors des prochaines sessions sur l’adaptation au changement climatique. Reste à voir si cette proposition, bien que symbolique, sera reprise par d’autres forces politiques ou si elle restera cantonnée au registre des revendications écologistes.

Un débat qui s’inscrit dans un contexte de multiplication des aléas climatiques

Les demandes des Écologistes interviennent à un moment où la France subit de plus en plus souvent des épisodes météorologiques extrêmes. Les canicules, inondations et incendies se multiplient, comme en témoignent les records de températures enregistrés ces dernières années. Selon Météo-France, la fréquence des vagues de chaleur a été multipliée par trois depuis les années 1980, et leur intensité a augmenté de manière significative.

Dans ce contexte, les pouvoirs publics sont appelés à repenser leur gestion des crises. Si un congé climatique venait à être instauré, il s’ajouterait à d’autres dispositifs existants, comme les arrêts de travail pour maladie ou les autorisations d’absence pour événements familiaux. Pour les Écologistes, il s’agit d’une avancée nécessaire pour concilier santé publique, droit du travail et adaptation au réchauffement climatique.

Les syndicats et le patronat appelés à se prononcer

Pour que cette proposition aboutisse, elle devra nécessairement être portée par un large consensus, incluant les syndicats et le patronat. Certains observateurs estiment que les entreprises pourraient être réticentes à l’idée de devoir gérer des absences supplémentaires, même justifiées. D’autres y voient au contraire une opportunité de renforcer la résilience des salariés face aux crises climatiques.

Les Écologistes tablent sur le fait que l’opinion publique pourrait soutenir cette mesure, à l’heure où la question de la santé au travail et des conditions de vie devient centrale. La pétition lancée ce 21 juin 2026 constituera un premier test de mobilisation. En cas de succès, elle pourrait servir de levier pour influencer les débats législatifs à venir.

Pour l’heure, le gouvernement n’a pas réagi officiellement à cette proposition. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si le congé climatique deviendra un sujet de discussion sérieux dans l’agenda politique français.

Pour aller plus loin : les autres pistes envisagées contre la canicule

Alors que les Écologistes misent sur un congé climatique, d’autres solutions sont envisagées pour lutter contre les effets des canicules. Certaines villes, comme Paris, ont déjà mis en place des îlots de fraîcheur et des plans canicule renforcés. D’autres pistes, comme le télétravail systématique pendant les pics de chaleur, sont également discutées, mais leur application reste limitée à certains secteurs.

Cependant, pour Marine Tondelier, ces mesures restent insuffisantes sans une politique globale d’adaptation. « Il faut repenser nos villes, nos logements et nos modes de travail pour faire face à ces nouveaux défis », a-t-elle rappelé. Dans cette optique, le congé climatique pourrait n’être qu’une première étape vers une transformation plus large de la société.

Les Écologistes visent en priorité les travailleurs exposés aux intempéries et aux fortes chaleurs, comme ceux du BTP, de l’agriculture, des services publics ou des transports. Cependant, le dispositif serait ouvert à tous les salariés dont l’activité est perturbée par des conditions climatiques exceptionnelles.

Selon les Écologistes, le congé climatique serait rémunéré à 100 % et financé par l’État, via un mécanisme similaire à celui des congés maladie. Aucun détail n’a encore été précisé sur les modalités exactes de financement, mais la pétition appelle à une mise en place sans délai.