Le ministre mauritanien de la Défense, Hanena ould Sidi, a entamé hier lundi 15 juin 2026 une tournée diplomatique et sécuritaire dans cinq pays du Sahel, selon RFI. La mission, qualifiée de « visite au pas de charge » par la source, vise à relancer et renforcer la coopération régionale en matière de sécurité. Les entretiens prévus avec les chefs d’État du Mali, du Niger, du Burkina Faso et du Tchad s’articuleront autour de deux axes majeurs : la lutte contre le terrorisme et les défis sécuritaires transfrontaliers.
Ce qu'il faut retenir
- Le ministre mauritanien de la Défense, Hanena ould Sidi, a lancé une tournée dans cinq pays du Sahel (Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad) à partir du 15 juin 2026.
- L’objectif affiché est de « redynamiser la coopération sécuritaire sous-régionale », selon les termes de RFI.
- Les discussions porteront sur la lutte contre le terrorisme et les menaces transfrontalières, deux enjeux critiques pour la stabilité de la région.
- Cette initiative intervient dans un contexte où les groupes armés non étatiques multiplient les attaques dans le Sahel.
Cette tournée s’inscrit dans un contexte régional particulièrement tendu. Depuis plusieurs années, le Sahel est en proie à une insécurité chronique, marquée par l’émergence de groupes djihadistes et des conflits intercommunautaires. La Mauritanie, bien que moins touchée que ses voisins, n’est pas épargnée par cette dynamique. En 2025, le pays a enregistré plusieurs attaques à sa frontière avec le Mali, rappelant la porosité des frontières et la nécessité d’une réponse coordonnée.
Selon les analystes, cette mission pourrait s’apparenter à une tentative de relancer des initiatives sécuritaires mises en veille ces derniers mois. En effet, les tensions entre certains États de la région et la junte militaire au pouvoir au Niger en 2023 avaient ralenti les collaborations régionales. « La coopération sécuritaire est essentielle pour faire face aux défis communs », a souligné un responsable sécuritaire mauritanien sous couvert d’anonymat. Les discussions devraient donc aborder des mécanismes concrets pour améliorer l’échange d’informations et les opérations conjointes.
Les cinq pays concernés par cette tournée font partie du G5 Sahel, une alliance régionale créée en 2014 pour lutter contre le terrorisme. Pourtant, son efficacité a été régulièrement questionnée en raison de divergences politiques et de moyens limités. La Mauritanie, qui assure actuellement la présidence tournante de l’organisation, pourrait tenter de donner un nouveau souffle à cette coopération. — Une réunion des chefs d’État est même évoquée pour clore cette tournée.
La question qui reste en suspens concerne la mise en œuvre des engagements pris. Les précédentes initiatives, comme la création de la force conjointe du G5 Sahel, ont souvent buté sur des retards dans le financement ou des désaccords stratégiques. La Mauritanie, en tant que pays hôte, devra jouer un rôle de facilitateur pour éviter que cette nouvelle dynamique ne s’essouffle avant même d’avoir porté ses fruits.
En juin 2026, les groupes les plus actifs restent principalement Jamaat Nusrat al-Islam wal Muslimin (JNIM), affilié à Al-Qaïda, et l’État islamique dans le Grand Sahara (EIGS). Ces deux organisations multiplient les attaques contre les forces locales et les civils, notamment au Mali, au Burkina Faso et au Niger. D’autres groupes, comme Ansarul Islam au Burkina Faso, restent également très actifs.