À moins d’un mois du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, prévue du 11 juin au 19 juillet aux États-Unis, au Canada et au Mexique, les amateurs de football en Chine s’interrogent sur la possibilité de suivre le tournoi à la télévision. Selon Franceinfo - Sport, les négociations entre la Fifa et les autorités chinoises pour l’acquisition des droits de diffusion restent bloquées, malgré l’intérêt marqué des supporters.

Ce qu'il faut retenir

  • Les droits de diffusion proposés par la Fifa, à hauteur de 250 millions de dollars, ont été rejetés par Pékin, selon la presse chinoise.
  • Les matchs d’ouverture et la finale sont programmés à 3h00 du matin, heure locale, ce qui réduit leur attractivité pour les diffuseurs.
  • En Chine, où l’on recense environ 200 millions de supporters, l’absence d’accord menace l’accès des téléspectateurs au Mondial.
  • L’Inde et la Thaïlande rencontrent également des difficultés pour finaliser des accords similaires.

La situation préoccupe particulièrement les fans chinois, alors que la passion pour le football ne se dément pas dans le pays. Dimanche 10 mai, le stade des Travailleurs de Pékin a accueilli plus de 60 000 spectateurs pour le choc opposant le Beijing Guoan au Shanghai Port en Super League. L’ambiance était au rendez-vous, mais les discussions en coulisses laissent planer un doute : les Chinois pourront-ils regarder le Mondial à la télévision ?

« Je suis inquiète », confie une trentenaire de Pékin à Franceinfo - Sport. « J’ai déjà prévu de regarder les matchs avec mes amis. Il faut une décision juste pour la Chine ! » Son inquiétude reflète celle de nombreux supporters, alors que la Fifa propose des droits de diffusion jugés trop élevés par Pékin. « La Chine est un marché immense, donc la Fifa doit appliquer une réduction », estime un autre amateur de football interrogé par le média.

Les négociations entre la Fifa et la Chine piétinent depuis des semaines. La télévision centrale chinoise (CCTV), principal diffuseur national, n’a toujours pas donné son accord pour les droits de diffusion. Le prix demandé – 250 millions de dollars – a été immédiatement refusé, selon des sources citées par la presse locale. Les horaires des matchs, calés sur 3h00 du matin pour l’ouverture et la finale, rendent également l’offre moins attractive pour les chaînes. Autant dire que les quelque 200 millions de fans chinois risquent de devoir se rabattre sur des solutions alternatives, comme les plateformes en ligne ou les écrans géants dans les stades.

Une situation qui rappelle les tensions passées

Cette impasse n’est pas sans rappeler la situation de 2024, lorsque la Chine avait refusé d’acquérir les droits de diffusion pour les éliminatoires asiatiques de la Coupe du monde. À l’époque, les négociations avaient échoué en raison de désaccords sur les tarifs et les conditions de retransmission. Aujourd’hui, le scénario se répète, alors que la compétition approche à grands pas.

La Fifa, de son côté, affirme avoir conclu des accords avec des diffuseurs dans plus de 175 pays. Pourtant, certains marchés asiatiques restent en suspens. Outre la Chine, l’Inde et la Thaïlande n’ont pas encore finalisé leurs contrats. La semaine dernière, le Premier ministre thaïlandais a tenté de rassurer les supporters en déclarant que le tournoi serait accessible. « Les spectateurs thaïlandais ne manqueront pas la Coupe du monde », a-t-il assuré. Une déclaration qui contraste avec l’incertitude qui pèse sur d’autres pays de la région.

Des horaires peu engageants pour les diffuseurs asiatiques

Le calendrier de la Coupe du monde 2026 a été établi pour correspondre aux fuseaux horaires des trois pays hôtes, principalement situés en Amérique du Nord. Résultat : en Chine, où l’heure locale est décalée de 12 heures avec New York, les matchs commencent souvent en pleine nuit. L’ouverture, prévue le 11 juin à 17h00 locale (soit 3h00 à Pékin), et la finale, le 19 juillet à la même heure, tombent aux heures les plus creuses pour les chaînes télévisées.

Ce décalage horaire pose un défi majeur pour les diffuseurs, qui doivent trouver un équilibre entre l’audience et la rentabilité. « Les horaires ne sont pas adaptés à notre public. Les annonceurs hésitent à investir dans des créneaux aussi tardifs », explique un responsable d’une chaîne sportive asiatique sous couvert d’anonymat. Un problème qui s’ajoute aux tensions autour des droits de diffusion.

Une passion intacte malgré les incertitudes

Malgré ces obstacles, la ferveur des supporters chinois reste intacte. Dimanche, plus de 60 000 personnes ont rempli le stade des Travailleurs de Pékin pour encourager leur équipe favorite. Les réseaux sociaux s’embrasent à chaque match de la Super League, preuve que le football conserve une place centrale dans le paysage sportif chinois. Pourtant, sans accord pour la diffusion du Mondial, des millions de fans pourraient être privés de leur compétition favorite.

« Si la Chine n’est pas qualifiée, nous devrons nous contenter des matchs diffusés en direct sur Internet ou des rediffusions en différé », confie un jeune supporter rencontré devant le stade. Une solution qui ne satisfera pas tout le monde, surtout pour un événement aussi médiatisé que la Coupe du monde.

Et maintenant ?

Les négociations entre la Fifa et la Chine pourraient encore traîner en longueur, d’autant que le Mondial est prévu dans moins d’un mois. Si aucun accord n’est trouvé d’ici là, les diffuseurs locaux pourraient se tourner vers des solutions de repli, comme des partenariats avec des plateformes numériques. La Fifa, de son côté, a assuré que des accords avaient été signés dans la majorité des pays, mais l’Asie reste un point de tension. Une issue est attendue dans les prochains jours, avant que les droits de diffusion ne soient définitivement attribués.

Pour les supporters chinois, l’espoir réside dans une révision des tarifs proposés par la Fifa ou dans un compromis sur les horaires. Sinon, ils devront se contenter de suivre la compétition en marge, via des canaux alternatifs. Une situation qui rappelle que, même pour un événement planétaire comme la Coupe du monde, les enjeux économiques et politiques peuvent transformer l’expérience des fans.

La Fifa propose un tarif de 250 millions de dollars pour les droits de diffusion en Chine, un montant jugé excessif par Pékin. Les autorités chinoises estiment que ce prix ne reflète pas le potentiel du marché, d’autant que les horaires des matchs, calés sur 3h00 du matin, réduisent l’audience potentielle pour les chaînes locales.

En cas d’absence d’accord, les supporters pourraient se rabattre sur des plateformes de streaming en ligne, des écrans géants dans les stades, ou des rediffusions en différé. Certaines chaînes câblées pourraient également proposer des résumés ou des analyses en lieu et place des matchs en direct.