Les étudiants serbes ont relancé leurs protestations contre le régime du président Aleksandar Vucic, après plusieurs mois d’interruption. Selon RFI, ils ont organisé une manifestation ce dimanche 10 mai après-midi à Belgrade sous le slogan « N’ayez pas peur, nous sommes toujours là ».
Ce qu’il faut retenir
- Les étudiants serbes ont manifesté ce dimanche 10 mai 2026 à Belgrade contre la corruption du gouvernement Vucic.
- La mobilisation s’est tenue sous le slogan « N’ayez pas peur, nous sommes toujours là ».
- Ces protestations marquent la reprise d’un mouvement interrompu depuis plusieurs mois.
- Le président Aleksandar Vucic est la cible principale des critiques des manifestants.
Un mouvement étudiant relancé après une pause prolongée
Après une longue période de calme relatif à Belgrade, les étudiants serbes ont choisi de reprendre les rues pour dénoncer la corruption endémique au sein du pouvoir en place. Selon RFI, cette mobilisation s’inscrit dans la continuité des protestations qui avaient marqué l’automne 2025, avant de s’essouffler avec le temps. Les organisateurs ont tenu à rappeler, à travers leur slogan, que leur engagement n’a jamais faibli, malgré les apparences.
Cette reprise des manifestations intervient dans un contexte politique toujours aussi tendu en Serbie. Le président Aleksandar Vucic, au pouvoir depuis plus d’une décennie, est régulièrement accusé par l’opposition et une partie de la société civile de verrouiller les institutions et de favoriser un climat de corruption généralisée. Les étudiants, souvent en première ligne des mouvements contestataires, dénoncent notamment les restrictions imposées à la liberté de la presse et l’instrumentalisation du système judiciaire.
Une mobilisation symbolique, mais un enjeu politique majeur
La manifestation de ce dimanche 10 mai n’a pas dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre, contrairement à certaines mobilisations passées. Pour autant, elle revêt une importance particulière : elle symbolise la persistance de la contestation, malgré les tentatives du pouvoir de marginaliser les opposants. Selon RFI, les organisateurs ont appelé à une participation massive, afin de montrer que le mouvement reste vivant, même après des mois d’accalmie apparente.
Les revendications des étudiants dépassent largement la question de la corruption. Elles s’inscrivent dans un rejet plus large du modèle politique incarné par Aleksandar Vucic, perçu comme autoritaire et éloigné des aspirations démocratiques de la jeunesse serbe. Les slogans scandés lors de la manifestation reflètent cette colère : entre dénonciation des « passe-droits » et appel à une Serbie plus transparente, les participants ont rappelé que leur combat est aussi celui de l’État de droit.
« Rien ici n’est juste. Nous sommes là pour exiger que les choses changent, parce que personne ne le fera à notre place. »
Un manifestant anonyme, cité par RFI
Un contexte politique sous haute tension
La reprise des manifestations intervient alors que les tensions politiques en Serbie restent vives. Le gouvernement de Aleksandar Vucic, réélu en 2022 dans un scrutin contesté par l’opposition, a multiplié les mesures restrictives ces derniers mois : contrôle accru des médias, pression sur les ONG, et nominations controversées dans l’appareil judiciaire. Les étudiants, comme une partie de la société civile, y voient les signes d’un recul démocratique dont ils refusent de se contenter.
Les observateurs notent que cette mobilisation étudiante pourrait s’inscrire dans une dynamique plus large. D’autres secteurs de la société, comme les syndicats ou les associations de défense des droits humains, pourraient en effet rejoindre le mouvement dans les semaines à venir, surtout si les autorités persistent dans leur refus de dialoguer. Pour l’instant, le pouvoir reste sourd aux revendications, préférant mettre en avant ses réalisations économiques – croissance soutenue et projets d’infrastructures – pour justifier sa ligne politique.
La capacité des étudiants à fédérer au-delà de leur cercle habituel pourrait, à terme, déterminer l’ampleur de la prochaine vague de protestations. Pour l’heure, le pouvoir serbe, qui n’a pas encore réagi officiellement à cette reprise des mobilisations, observe la situation avec une attention particulière.