Le marché du café connaît une année 2026 contrastée. Après avoir atteint des records historiques en 2025, les cours de l’arabica et du robusta se sont effondrés ces derniers mois, avant de repartir à la hausse cette semaine. Selon BFM Bourse, cette volatilité s’explique par des perspectives de récoltes records au Brésil et au Vietnam, ainsi que par les craintes liées au phénomène climatique El Niño.
Ce qu'il faut retenir
- En 2025, les cours de l’arabica avaient dépassé 400 cents la livre (450 grammes), un record historique.
- Depuis le début de l’année, le contrat à terme sur l’arabica a chuté de 28% et celui sur le robusta de 18%.
- La récolte brésilienne de café pour 2026-2027 est estimée en hausse de 12%, à 71,4 millions de sacs.
- Le robusta, utilisé notamment pour les cafés instantanés, représente environ 30% du marché mondial.
- Les prévisions de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) évoquent un risque de 82% pour l’apparition d’un épisode El Niño entre mai et juillet 2026.
- Les cours de l’arabica et du robusta ont progressé respectivement de 7% et 2,5% cette semaine, en anticipation d’une possible pénurie.
Un marché sous pression depuis la fin 2025
En 2025, les amateurs de café avaient connu une année difficile. Le prix de l’arabica, variété la plus prisée, avait battu des records, culminant à plus de 400 cents la livre à l’automne dernier. Cette hausse s’expliquait par des conditions météorologiques défavorables et des maladies affectant les cultures, notamment au Vietnam. BFM Bourse rappelle que le pays avait déjà subi une vague de chaleur en 2024, pénalisant la production de robusta, utilisé dans les cafés instantanés et certains mélanges.
Cette année, la tendance s’est inversée. Le contrat à terme sur l’arabica a atteint un point bas de 250 cents la livre à New York il y a deux semaines, son niveau le plus bas depuis dix-neuf mois. Quant au robusta, il s’échangeait à 3 360 dollars la tonne, soit son plus bas niveau depuis sept semaines. Entre leur pic de 2025 et leurs niveaux actuels, les cours de l’arabica et du robusta ont respectivement reculé de 41% et 42%.
Des récoltes exceptionnelles attendues au Brésil et au Vietnam
La baisse des cours s’explique en grande partie par les prévisions de récoltes records. Au Brésil, premier producteur mondial d’arabica, la production pour 2026-2027 est estimée en hausse de 12% sur un an, pour atteindre 71,4 millions de sacs, selon les données de la Coffee Trading Academy citées par BFM Bourse. Le Vietnam, quant à lui, premier producteur de robusta, devrait voir sa production progresser de 6% en glissement annuel, atteignant 1,76 million de tonnes (soit 29,4 millions de sacs), un niveau inédit depuis quatre ans.
Cette abondance de l’offre pèse mécaniquement sur les prix. BFM Bourse souligne que la production vietnamienne, en forte hausse, contribue à la pression sur le marché du robusta, dont les stocks s’accumulent. Pourtant, cette baisse des cours ne se répercute pas sur le prix en tasse, comme l’explique Lavazza. Le groupe italien rappelle que le robusta, avec une teneur en caféine de 2,7% contre 1,5% pour l’arabica, est moins cher à l’achat mais représente environ 30% du marché.
Des marges qui profitent aux industriels, pas aux consommateurs
Alors que les prix des matières premières reculent, les consommateurs ne bénéficient pas de cette baisse. Philipp Navratil, directeur de Nestlé, a confirmé que le groupe agroalimentaire allait profiter de la situation pour augmenter ses marges. « Les prix nets des matières premières, ou coûts des intrants, sont favorables en 2026 par rapport à 2025. C’est pourquoi vous pouvez vous attendre à des marges plus élevées et à une amélioration tout au long de l’année, à mesure que ces coûts plus avantageux sur ces deux matières premières se répercutent sur nos résultats », a-t-il déclaré à BFM Bourse.
Plusieurs facteurs expliquent cette situation. D’une part, les coûts d’emballage et de transport restent élevés, notamment en raison du conflit au Moyen-Orient qui perturbe les chaînes logistiques. D’autre part, les industriels ont tendance à préserver leurs marges plutôt qu’à répercuter immédiatement la baisse des cours sur les prix de vente. Nestlé, par exemple, mise sur une amélioration de ses résultats grâce à cette conjoncture favorable.
El Niño pourrait rebattre les cartes en 2027
La donne pourrait changer avec l’arrivée du phénomène climatique El Niño. Selon la dernière mise à jour de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), les températures « exceptionnellement chaudes » des eaux du Pacifique tropical favorisent les conditions de formation d’un épisode El Niño. Ce dernier « devrait influencer les régimes de température et de précipitations à l’échelle mondiale », avec des conséquences potentielles sur les récoltes.
Au Brésil, premier producteur mondial d’arabica, El Niño pourrait retarder les pluies en septembre et octobre, période clé pour la floraison des caféiers. Une sécheresse prolongée à ce moment-là nuirait gravement à la récolte de 2026-2027, et donc mécaniquement entraînerait une hausse des prix. BFM Bourse indique que les cours de l’arabica et du robusta ont déjà commencé à intégrer cette perspective : ils ont respectivement progressé de 7% et 2,5% cette semaine.
Avec le retour progressif à des conditions météorologiques plus stables, le marché du café pourrait retrouver un équilibre, mais la donne pourrait à nouveau basculer en cas de nouvelle perturbation climatique. Une chose est sûre : après une année 2025 marquée par des prix records et une année 2026 de correction, le café reste une matière première sous haute tension.
Plusieurs facteurs expliquent cette situation. D’une part, les coûts d’emballage et de transport restent élevés, notamment en raison du conflit au Moyen-Orient. D’autre part, les industriels comme Nestlé préfèrent augmenter leurs marges plutôt que de répercuter immédiatement la baisse des cours sur les prix de vente. Enfin, les détaillants peuvent conserver des stocks à des prix plus élevés, limitant ainsi la baisse pour le consommateur.