Une nouvelle dynamique inquiétante se dessine dans le domaine de la dissuasion nucléaire. Selon Reporterre, la Campagne internationale pour l'abolition des armes nucléaires (Ican) alerte sur une course aux armements en cours, marquée par des investissements records dans les arsenaux atomiques.
Ce qu'il faut retenir
- En 2025, les neuf États dotés de l'arme nucléaire ont dépensé 119 milliards de dollars pour moderniser leurs arsenaux.
- Les États-Unis, la Russie, la Chine, le Royaume-Uni, la France, l'Inde, Israël, le Pakistan et la Corée du Nord figurent parmi les pays concernés.
- Un rapport de l'Ican, publié le 9 juin 2026, révèle cette hausse sans précédent des dépenses militaires nucléaires.
Ces chiffres, révélés dans un rapport publié le 9 juin 2026 par l'Ican, marquent un tournant dans la stratégie de dissuasion mondiale. Les neuf puissances nucléaires – États-Unis, Russie, Chine, Royaume-Uni, France, Inde, Israël, Pakistan et Corée du Nord – ont consacré en 2025 près de 119 milliards de dollars à leurs arsenaux. Autant dire que l'effort financier engagé dépasse désormais tous les records enregistrés depuis la fin de la Guerre froide.
Parmi les principaux contributeurs à cette hausse, les États-Unis figurent en tête de liste, suivis de près par la Chine et la Russie. Ces trois pays concentrent à eux seuls plus de 80 % des dépenses mondiales allouées aux armes nucléaires. Leur objectif affiché : moderniser des stocks vieillissants et développer de nouveaux systèmes d'armement, notamment des missiles hypersoniques et des ogives tactiques.
« Une nouvelle course aux armements nucléaires s'annonce », a déclaré la Campagne internationale pour l'abolition des armes nucléaires (Ican) dans un communiqué publié le 9 juin 2026. « Les dépenses mondiales liées aux arsenaux nucléaires ont atteint un niveau record en 2025, confirmant une tendance inquiétante », a-t-elle ajouté.
Cette escalade budgétaire s'inscrit dans un contexte géopolitique déjà tendu. Les tensions entre les grandes puissances, notamment autour de la guerre en Ukraine ou des conflits en Asie, alimentent une méfiance croissante. La Chine, qui accélère son programme nucléaire, est souvent citée comme un acteur majeur de cette dynamique. Pékin justifie ses investissements par la nécessité de répondre à la modernisation des arsenaux américain et russe.
Côté européen, la France n'est pas en reste. Paris maintient une politique de dissuasion nucléaire ambitieuse, avec un budget annuel d'environ 5 milliards d'euros. Le président Emmanuel Macron a récemment réaffirmé l'importance de l'arme nucléaire pour la sécurité nationale, malgré les critiques des associations antinucléaires. « Notre force de frappe reste un pilier de notre indépendance stratégique », a-t-il rappelé lors d'une allocution en mars 2026.
Cette course aux armements soulève des questions plus larges sur l'équilibre des forces mondiales et la stabilité stratégique. Les experts rappellent que chaque dollar investi dans l'arsenal nucléaire est un dollar qui ne l'est pas dans des domaines comme la santé, l'éducation ou la transition écologique. « Le vrai défi n'est pas seulement militaire, mais aussi éthique et économique », a souligné un analyste de l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm.
Alors que les dépenses nucléaires atteignent des sommets, la communauté internationale reste divisée sur la voie à suivre. Faut-il privilégier la négociation ou renforcer la dissuasion ? La réponse déterminera en grande partie l'avenir de la sécurité mondiale dans les décennies à venir.
Selon le rapport de l'Ican publié en juin 2026, les États-Unis, la Chine et la Russie sont les trois pays ayant le plus augmenté leurs dépenses, représentant à eux seuls plus de 80 % des 119 milliards de dollars dépensés au total.