Selon Numerama, Jared Isaacman, administrateur de la NASA, a déclaré lors d’une conférence de l’AIAA à Washington que « la prochaine fois que nous verrons des astronautes voler autour de la Lune, ce qui aura certainement lieu en 2027, il s’agira de taïkonautes, et les États-Unis ne seront plus la seule puissance à envoyer des humains vers l’environnement lunaire. » Une prédiction qui souligne l’avance prise par le programme spatial chinois dans la course à la Lune.

Ce qu'il faut retenir

  • Une mission habitée chinoise autour de la Lune prévue dès 2027, selon Jared Isaacman, administrateur de la NASA.
  • La Chine multiplie les missions lunaires robotiques, avec Chang’e 7 en 2026 et Chang’e 8 en 2028, préparant l’arrivée d’astronautes.
  • Le véhicule Mengzhou, testé avec succès en 2025, et la fusée Long March 10 sont prêts pour des missions habitées.
  • La NASA, de son côté, reporte ses échéances : Artémis III, initialement prévu en 2028, est repoussé à 2030 au plus tôt.
  • Les déboires techniques de la NASA, comme le SLS ou les combinaisons spatiales, ralentissent son programme.

La Chine accélère son programme lunaire habité

D’après Numerama, Jared Isaacman a souligné lors de son intervention que les progrès chinois dans l’exploration lunaire rendent plausible une mission habitée autour de la Lune dès 2027. Cette prédiction s’appuie sur une série de succès récents du programme spatial chinois, marqué par des missions robotiques de plus en plus ambitieuses. Depuis 2020, la Chine a notamment réussi à ramener des échantillons lunaires — y compris de la face cachée — grâce aux missions Chang’e 5 et Chang’e 6, une première mondiale.

La prochaine étape, Chang’e 7, prévue avant la fin 2026, consistera en un orbiteur lunaire, un atterrisseur avec un rover, et même un robot sauteur. L’objectif est d’étudier les ressources du pôle Sud lunaire, une région jugée stratégique pour les futures missions habitées. En 2028, Chang’e 8 poursuivra cette exploration, toujours dans la perspective d’un débarquement humain annoncé pour 2030.

Des véhicules et technologies prêts pour les taïkonautes

Le programme lunaire habité chinois repose sur deux piliers : le vaisseau Mengzhou, testé avec succès en 2025, et la fusée Long March 10, conçue pour transporter des astronautes vers la Lune. Un scaphandre spatial a même été dévoilé dès 2024, démontrant la maturité technique du pays. Selon Numerama, la Chine suit une approche progressive, similaire à celle des missions Apollo américaines, avec une première mission habitée en orbite lunaire avant un atterrissage.

Cette stratégie laisse penser que Pékin pourrait, avant 2030, réaliser une mission comparable à Artémis II de la NASA — un survol habité de la Lune sans alunissage. Une hypothèse renforcée par l’absence, jusqu’à présent, d’annonce officielle chinoise concernant un projet équivalent, mais qui semble se dessiner dans l’ombre des succès robotiques.

La NASA en difficulté : un calendrier lunaire bouleversé

Numerama rappelle que les États-Unis, malgré leur avance historique dans l’exploration spatiale, accumulent les retards sur leur propre programme lunaire. Initialement prévu pour 2028, Artémis III, qui doit marquer le retour d’astronautes américains sur la Lune, a été repoussé à 2030 au plus tôt. Pire, Artémis IV, qui devait succéder à Artémis III, pourrait désormais devenir la première mission d’alunissage.

Plusieurs facteurs expliquent ces reports. Le lanceur Space Launch System (SLS) n’a effectué que deux vols depuis son entrée en service, et les combinaisons spatiales, ainsi que les atterrisseurs lunaires — confiés à SpaceX et Blue Origin — accusent des retards. Les incertitudes techniques laissent planer le doute sur la capacité de la NASA à respecter son calendrier, alors que la Chine, elle, progresse sans communiquer ses échecs.

Qui sera le premier sur la Lune en 2030 ?

La question divise désormais les observateurs. D’un côté, la Chine avance méthodiquement, avec des missions robotiques chaque année et une préparation technique visible. De l’autre, les États-Unis, malgré des budgets bien supérieurs, peinent à concrétiser leurs ambitions lunaires. « Il reste encore énormément de travail à réaliser », a concédé Jared Isaacman, soulignant les défis persistants pour les deux nations.

Si la Chine parvient à mener à bien une mission habitée autour de la Lune dès 2027, elle deviendrait la deuxième nation à réaliser cet exploit, près de soixante ans après les États-Unis. Une performance qui marquerait un tournant dans la course spatiale du XXIe siècle, alors que le pôle Sud lunaire, riche en glace d’eau, concentre toutes les convoitises pour l’installation de bases permanentes.

Et maintenant ?

D’ici la fin 2026, la mission Chang’e 7 de la Chine devrait décoller, suivie en 2027 par un éventuel vol habité autour de la Lune. Aux États-Unis, la NASA devra démontrer des progrès tangibles sur les atterrisseurs lunaires et les combinaisons spatiales pour espérer respecter — ou réviser — son calendrier. Les deux pays devraient également intensifier leurs campagnes d’essais robotiques dans les années à venir, tandis que d’autres acteurs, comme l’Inde ou le secteur privé, pourraient jouer un rôle inattendu dans cette compétition.

Une chose est sûre : la Lune redevient le terrain d’une rivalité spatiale majeure, où chaque avancée technique et chaque retard peut redessiner les rapports de force. Pour les observateurs, la prochaine échéance à surveiller reste 2027, date à laquelle pourrait se jouer une partie de l’avenir de l’exploration humaine au-delà de la Terre.

Jared Isaacman, administrateur de la NASA, a évoqué ce risque lors d’une conférence, soulignant que les progrès chinois en matière de missions lunaires robotiques et de préparation technique rendent plausible une mission habitée chinoise autour de la Lune dès 2027. La Chine suit une approche progressive, similaire à celle des missions Apollo, ce qui suggère qu’une première mission en orbite lunaire habitée pourrait précéder un atterrissage.