La pratique des courses nature, qui connaît un essor croissant en France, suscite aujourd’hui un débat sur son impact environnemental. Selon Reporterre, certains clubs sportifs pourraient contribuer à la pollution des espaces naturels en multipliant le balisage plastique de leurs parcours en forêt. Une pratique que critique vivement Guillaume Blanc, enseignant-chercheur à l’université Paris Cité et spécialiste des enjeux socio-écologiques.

Ce qu'il faut retenir

  • Guillaume Blanc, enseignant-chercheur à l’université Paris Cité, dénonce l’usage excessif de plastique pour baliser les parcours des courses nature.
  • Il propose de privilégier la formation des participants à l’orientation plutôt que la plastification des forêts.
  • Les forêts d’Île-de-France, souvent utilisées pour ces événements, subissent une pression accrue en raison de ces pratiques.

Un chercheur engagé face aux dérives des courses nature

Guillaume Blanc, qui fréquente régulièrement les forêts franciliennes pour courir, grimper ou se balader, alerte sur les conséquences écologiques de ces événements sportifs. Dans une tribune publiée par Reporterre, il souligne que « plastifier des forêts pour les événements sportifs » n’est pas une solution durable. Pour lui, cette pratique contribue à la pollution des espaces naturels, alors même que ces milieux sont déjà fragilisés par l’urbanisation et les activités humaines. « On pourrait éviter cela en formant mieux les participants à l’orientation », précise-t-il.

Des forêts sous pression, entre sport et préservation

Les forêts d’Île-de-France, notamment celles de Fontainebleau ou de Rambouillet, sont des lieux de prédilection pour les organisateurs de courses nature. Ces espaces, appréciés des coureurs et des randonneurs, voient leur écosystème perturbé par l’installation répétée de rubans plastiques, de marques au sol et d’équipements éphémères. Reporterre rappelle que ces forêts jouent un rôle clé dans la biodiversité locale, abritant des espèces végétales et animales protégées. « Bref, autant dire que chaque trace de plastique abandonnée ou chaque dégradation des sols compte », explique le chercheur.

Une alternative simple mais peu adoptée

Plutôt que de multiplier les balises plastiques, Guillaume Blanc propose de miser sur la pédagogie. « Former les participants à utiliser une boussole ou une carte IGN, c’est possible et ça évite de polluer », explique-t-il. Cette approche, bien que moins immédiate, pourrait s’inscrire dans une démarche plus large de sensibilisation à la protection de l’environnement. Pourtant, force est de constater que peu d’organisateurs de courses nature ont encore adopté cette solution.

« Plastifier des forêts pour les événements sportifs, c’est une solution de facilité qui n’a pas lieu d’être. On peut faire autrement, et c’est notre responsabilité collective. »
— Guillaume Blanc, enseignant-chercheur à l’université Paris Cité

Et maintenant ?

Si l’idée de former les participants à l’orientation semble pertinente, son adoption massive dépendra des organisateurs de courses nature. Une prise de conscience collective, soutenue par des associations environnementales, pourrait accélérer cette transition d’ici les prochains événements majeurs prévus à l’automne 2026. Reste à voir si les fédérations sportives et les collectivités locales suivront cette recommandation.

Pour l’heure, les forêts franciliennes continuent de subir les conséquences de ces pratiques. Reporterre indique que des discussions sont en cours avec certaines municipalités pour évaluer l’impact réel de ces événements. La question de leur régulation, qu’elle passe par une interdiction des plastiques ou une obligation de formation, pourrait s’imposer comme un sujet central dans les mois à venir.

Le balisage plastique contribue à la pollution des sols et des cours d’eau, notamment via l’abandon de déchets. Il perturbe également la faune et la flore locales, en créant des barrières artificielles ou en modifiant les habitats naturels. Selon des études citées par Reporterre, la dégradation de ces matériaux peut prendre plusieurs décennies.