Le groupe Lufthansa a annoncé mercredi 6 mai 2026 avoir réduit de **15 % sa perte opérationnelle** au premier trimestre 2026 par rapport à la même période en 2025, la portant à **612 millions d’euros**. Cette amélioration s’inscrit dans un contexte marqué par la guerre en Iran et ses répercussions sur le secteur aérien, selon BFM Business.

Le premier groupe de transport aérien européen enregistre ainsi une hausse de **110 millions d’euros** de son résultat opérationnel en glissement annuel, une performance attribuée à une « hausse massive de la demande en Asie et en Afrique » en raison de la situation géopolitique au Moyen-Orient. Cette dynamique a permis de compenser partiellement les effets négatifs de la crise régionale sur le trafic aérien.

Ce qu'il faut retenir

  • Perte opérationnelle réduite de **15 %** au T1 2026, s’établissant à **612 millions d’euros** contre 722 millions un an plus tôt.
  • Résultat opérationnel en hausse de **110 millions d’euros**, porté par une demande renforcée en Asie et en Afrique.
  • Surcoût estimé à **1,7 milliard d’euros** pour 2026 en raison de la flambée des prix du pétrole liée à la guerre.
  • Perte nette de **665 millions d’euros**, un niveau traditionnel pour le premier trimestre.
  • Lufthansa mise sur une **discipline stricte des coûts**, avec une réduction des capacités moyen et long-courrier annoncée en avril.

Une demande asiatique et africaine qui compense partiellement la crise régionale

Le groupe explique cette amélioration par un report des voyageurs des aéroports du Golfe vers ses hubs européens, notamment via ses filiales comme SWISS, Austrian Airlines, Brussels Airlines, ITA Airways et Eurowings. « Dans le contexte de la crise au Moyen-Orient, les voyageurs se détournent de plus en plus des aéroports de la région du Golfe au profit des hubs du groupe Lufthansa », indique le communiqué publié ce jour.

Cette tendance s’ajoute à une **demande mondiale robuste**, malgré les tensions persistantes. L’entreprise souligne que la situation dans le Golfe a favorisé une affluence accrue sur ses réseaux africains et asiatiques, où la croissance du trafic a été particulièrement marquée. Ces marchés, moins exposés aux perturbations régionales, offrent ainsi un relais de croissance pour le groupe.

Un surcoût de 1,7 milliard d’euros en 2026 lié à la guerre en Iran

Malgré cette amélioration, Lufthansa rappelle que le conflit en Iran exerce une **pression à la hausse sur les prix du pétrole**, un facteur de risque majeur pour ses comptes. Grâce à une stratégie de couverture (« hedging ») des prix du kérosène, le groupe limite l’impact immédiat, mais estime tout de même le surcoût à **1,7 milliard d’euros** pour l’exercice 2026.

L’entreprise assure ne pas anticiper de « restriction concernant l’approvisionnement en carburant », tout en pointant un « risque de disponibilité potentiellement réduite plus tard dans l’année ». Cette incertitude pèse sur la planification des vols et pourrait nécessiter des ajustements opérationnels si la situation devait se dégrader.

Réduction des capacités et discipline budgétaire face aux vents contraires

Pour faire face à ces défis, Lufthansa a déjà pris des mesures drastiques. Dès avril 2026, le groupe a annoncé une **réduction de ses capacités moyen et long-courrier**, incluant l’arrêt de sa filiale régionale CityLine. Cette décision s’inscrit dans une logique de maîtrise des coûts, alors que la hausse des prix de l’énergie et les incertitudes géopolitiques pèsent sur la rentabilité du secteur.

Malgré ces contraintes, Lufthansa maintient ses objectifs pour l’exercice 2026. Le groupe table sur une « saison estivale forte », portée par une demande mondiale « robuste » et un EBIT ajusté annuel significativement supérieur à celui de 2025. Une prévision qui reflète la confiance du management dans la résilience de son modèle, malgré un environnement économique et géopolitique dégradé.

Et maintenant ?

Les prochains mois s’annoncent déterminants pour Lufthansa. La compagnie devra notamment surveiller l’évolution des prix du pétrole et la disponibilité du carburant, deux variables clés pour sa rentabilité. Une dégradation de la situation en Iran pourrait entraîner de nouveaux surcoûts ou des restrictions opérationnelles, ce qui contraindrait le groupe à ajuster ses plans. Par ailleurs, la saison estivale sera un test pour la reprise du trafic aérien, alors que les incertitudes économiques persistent en Europe et en Amérique du Nord.

La stratégie de Lufthansa repose désormais sur un équilibre fragile entre maîtrise des coûts, adaptation des capacités et anticipation des risques. Si la demande en Asie et en Afrique se maintient, le groupe pourrait limiter l’impact des crises régionales sur ses résultats. À l’inverse, un nouveau choc pétrolier ou une escalade des tensions au Moyen-Orient compromettrait ses objectifs annuels.

La guerre au Moyen-Orient pousse les voyageurs à éviter les aéroports de la région du Golfe, où transitent traditionnellement de nombreux vols entre l’Europe et l’Asie ou l’Afrique. Les hubs européens de Lufthansa, notamment ceux de Francfort et de Munich, deviennent ainsi des alternatives plus sûres et mieux desservies, ce qui stimule la demande sur ces lignes.