Selon BFM Business, Michel Picon, président de l’Union des entreprises de proximité (U2P), a critiqué ce 11 mai 2026 le comportement de certains grands pétroliers et fournisseurs de matières premières, accusés d’aggraver la crise énergétique en augmentant « trop vite et trop fort » leurs tarifs. Face à cette situation, il a appelé l’État à renforcer le contrôle des prix et à cibler davantage ses aides aux secteurs les plus vulnérables.

Ce qu'il faut retenir

  • Total n’est pas le seul acteur en cause : Michel Picon cite notamment Saint-Gobain parmi les entreprises pointées du doigt pour leurs hausses de prix sur des matériaux comme les pare-brises.
  • 190 millions d’euros supplémentaires : Les recettes de la TVA sur les carburants ont progressé de ce montant en mars et avril 2026, selon les données disponibles.
  • Appel à cibler les aides : L’U2P plaide pour un soutien accru aux routiers, aux professionnels de la pêche et du soin à la personne, tout en évitant un élargissement généralisé des dispositifs.
  • Critique des « comportements anticitoyens » : Michel Picon dénonce les entreprises qui privilégient leur marge au détriment de l’intérêt général, malgré la crise.
  • Redistribution des « superprofits » ? L’État, dont les recettes fiscales augmentent mécaniquement avec l’inflation, pourrait être amené à redistribuer une partie de ces surplus.

Des pratiques qui « ont parfois bon dos » selon Michel Picon

Pour Michel Picon, président de l’U2P, la crise énergétique ne saurait justifier toutes les hausses de prix. « La crise a parfois bon dos », a-t-il déclaré, soulignant que certaines entreprises profitent de la situation pour gonfler leurs marges. Il a particulièrement visé les pétroliers et les fournisseurs de matières premières, dont les tarifs « augmentent aussi vite et aussi fort ». « On ne peut pas se contenter de pointer du doigt Total », a-t-il nuancé, rappelant que l’entreprise ne couvre pas l’intégralité des besoins du pays.

Parmi les autres acteurs mentionnés figure Saint-Gobain, dont les hausses sur les pare-brises ont été pointées du doigt. Pour Michel Picon, l’État dispose pourtant d’outils pour encadrer ces pratiques. Il a notamment cité la direction générale de la concurrence, dont l’arsenal pourrait être mobilisé pour sanctionner les abus.

Des aides ciblées plutôt qu’un soutien généralisé

Si Michel Picon reconnaît l’urgence dans certains secteurs, il met en garde contre un élargissement trop large des aides publiques. « Il faut y aller mollo », a-t-il expliqué, en insistant sur la nécessité d’identifier les entreprises pour lesquelles ces soutiens sont « vitaux ». Parmi les secteurs prioritaires, il a cité les routiers, les professionnels de la pêche et les acteurs du soin à la personne. « On sait que les aides d’aujourd’hui, ce sont les impôts de demain », a-t-il rappelé, soulignant le risque d’un alourdissement futur de la fiscalité.

Cette position tranche avec les appels à un soutien massif souvent entendus depuis le début de la crise énergétique. Pour l’U2P, la priorité reste la précision des dispositifs, afin d’éviter que les fonds publics ne soient dispersés sans impact réel sur l’économie.

Les recettes fiscales en hausse : un débat sur leur redistribution

La hausse des prix des carburants a mécaniquement boosté les recettes de la TVA perçues par l’État. Selon les chiffres disponibles, 190 millions d’euros supplémentaires ont été collectés en mars et avril 2026. Sébastien Lecornu, ministre de l’Économie, a d’ailleurs confirmé que ce « surplus » financerait « intégralement » les aides gouvernementales.

Face à cette manne inattendue, Michel Picon a lancé un appel à la redistribution des « superprofits ». « Si l’État fait des superprofits — mais ce n’est pas son habitude — ils doivent être redistribués », a-t-il affirmé. Une proposition qui s’inscrit dans un contexte où la question de l’équité fiscale revient régulièrement sur le devant de la scène politique.

Un appel à sanctionner les comportements « anticitoyens »

Au-delà des aides, Michel Picon a appelé à une réponse plus ferme face aux entreprises qu’il qualifie de « anticitoyennes ». Ces dernières, selon lui, « s’en foutent de la situation pourvu que leur compte d’exploitation s’améliore et que leur action grimpe ». Une critique qui vise directement les actionnaires et les dirigeants de ces groupes, accusés de privilégier les profits à court terme au détriment de l’intérêt général.

Pour l’U2P, cette dénonciation s’inscrit dans une logique de responsabilité collective. Michel Picon a ainsi invité le gouvernement à « dénoncer ces comportements » et à utiliser « tout l’arsenal » à sa disposition pour les sanctionner. Une position qui pourrait trouver un écho dans les prochains débats parlementaires sur la régulation des marchés.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines devraient être déterminantes pour évaluer la réaction de l’État face à ces critiques. Deux pistes pourraient être explorées : d’abord, un renforcement des contrôles sur les hausses de prix, notamment via la direction générale de la concurrence. Ensuite, une réflexion sur la redistribution des surplus fiscaux, avec une possible mise en place de mécanismes de redistribution ciblés. La question reste ouverte : l’exécutif parviendra-t-il à concilier urgence sociale et rigueur budgétaire ?

Reste à voir si ces propositions trouveront un écho auprès des pouvoirs publics. Dans un contexte économique toujours tendu, la pression sur les entreprises comme sur les autorités devrait continuer de s’intensifier.

Selon les déclarations de Michel Picon, Saint-Gobain est cité en exemple car l’entreprise a fortement augmenté ses tarifs sur certains matériaux, comme les pare-brises. Le président de l’U2P dénonce une hausse « trop rapide et trop forte », similaire à celle observée chez les pétroliers.

Michel Picon a mentionné trois secteurs prioritaires : les routiers, les professionnels de la pêche et les acteurs du soin à la personne. Ces métiers, selon lui, sont essentiels et particulièrement vulnérables aux fluctuations des prix de l’énergie.