Selon Le Figaro, le calme à bord des trains devient un critère central pour les passagers du rail. Une étude OpinionWay pour Trenitalia France, publiée le 5 mai 2026, révèle que plus d’un usager sur deux se dit dérangé par les appels téléphoniques trop bruyants, loin devant les vidéos sans écouteurs ou les conversations animées. Cette sensibilité au bruit s’impose désormais comme un enjeu majeur de l’expérience de voyage, alors que les attentes des passagers ont profondément évolué.
Ce qu'il faut retenir
- 53 % des 60-75 ans jugent le silence indispensable lors d’un trajet personnel, selon l’étude OpinionWay pour Trenitalia France.
- Les appels téléphoniques bruyants arrivent en tête des irritants, devant les bagages encombrants et le manque de confort des sièges.
- La SNCF et Trenitalia testent des espaces « silencieux » ou « senza silenzio » dans certains TGV et trains européens pour répondre à cette demande.
- Les voyageurs pieds nus (15 %), les odeurs corporelles (35 %) et les bagages mal rangés (17 %) complètent la liste des griefs les plus fréquents.
- En 2025, les TGV ont transporté 168 millions de passagers, un record de fréquentation qui accentue les tensions à bord.
Le silence, un luxe de plus en plus recherché à bord
Longtemps considéré comme un simple moyen de transport, le train s’est transformé en un véritable espace de vie où les passagers lisent, travaillent ou se reposent. Résultat : la sérénité est devenue un critère presque aussi important que la ponctualité ou le prix du billet. Selon l’étude OpinionWay, 42 % des Français estiment que le silence est indispensable lors d’un trajet personnel, une proportion qui monte à 53 % chez les 60-75 ans. Même pour les déplacements professionnels, 35 % des usagers en font une condition essentielle.
Cette aspiration explique le succès des voitures silencieuses, déjà déployées dans plusieurs pays européens. En France, la SNCF teste des espaces plus calmes dans certains TGV Inoui, tandis que Trenitalia mise sur ses zones « Silenzio ». En Allemagne, en Belgique ou en Autriche, les « Quiet cars » interdisent les appels téléphoniques et encadrent strictement les comportements pour préserver la tranquillité des voyageurs.
Bagages encombrants, sièges inconfortables et hygiène défaillante : les autres griefs des voyageurs
Au-delà de l’ambiance sonore, les aspects pratiques pèsent aussi dans l’expérience des passagers. Le manque d’espace pour les bagages est pointé du doigt par 19 % des Français, et jusqu’à 27 % chez les 18-24 ans. Dans les wagons très fréquentés, valises et sacs compliquent la circulation, au point que 17 % des voyageurs évoquent des bagages mal rangés comme source de gêne. Le confort des sièges (35 %) et la possibilité de choisir sa place (28 %) figurent également parmi les attentes majeures.
Les irritants du quotidien complètent ce tableau : manque d’hygiène ou odeurs corporelles (35 %), nourriture consommée à bord (17 %), voyageurs pieds nus (15 %), ronflements (13 %) ou sièges monopolisés. Des situations d’autant plus mal vécues que la fréquentation atteint des niveaux records : les TGV ont transporté 168 millions de clients en 2025, selon SNCF Voyageurs.
Travail, détente et connectivité : les nouveaux usages à bord
L’étude met en lumière l’évolution des usages en train. Lors de trajets personnels, les voyageurs déclarent principalement lire (45 %), dormir (43 %) ou regarder des films et séries (31 %). Pour les déplacements professionnels, le train devient aussi un bureau mobile : 34 % des répondants disent y travailler régulièrement. Dans ce contexte, les attentes technologiques progressent elles aussi. Un Wifi performant (34 %) et la présence de prises électriques (30 %) figurent désormais parmi les critères essentiels des voyageurs d’affaires.
Cette diversité des usages rend encore plus cruciale la recherche de calme, surtout lorsque des familles avec enfants prennent place à bord. Le bruit des enfants qui courent dans les allées reste en effet une source de crispation pour 34 % des répondants, illustrant la difficulté de concilier usages familiaux et quête de sérénité.
Pour l’instant, le train reste un lieu où la diversité des usages peut générer des tensions. Entre le voyageur qui travaille en silence, l’enfant qui court dans l’allée ou le passager qui oublie ses bagages en plein milieu du couloir, l’équilibre reste fragile. Une chose est sûre : dans un monde où le bruit et les sollicitations sont omniprésents, la quête de tranquillité à bord des trains n’a jamais été aussi forte.
La SNCF teste des espaces plus calmes dans certains TGV Inoui, notamment sur les lignes à forte fréquentation. Ces zones, encore en phase d’expérimentation, visent à offrir une alternative aux voyageurs en quête de tranquillité. Trenitalia, via sa filiale en France, propose également des voitures « Silenzio » sur certains de ses trains, selon les mêmes principes.
Les passagers peuvent signaler les nuisances (bruit, bagages encombrants, manque d’hygiène) directement aux contrôleurs présents à bord ou via l’application SNCF Connect. Depuis 2025, une option permet également de signaler les comportements inappropriés via un formulaire dédié, avec un retour possible sous 48 heures.