Alors que la France s’apprête à entrer dans une séquence électorale majeure avec l’élection présidentielle de 2027, le maire de Cannes et président de l’Association des maires de France (AMF), David Lisnard, se positionne comme candidat pour porter un projet centré sur la revitalisation des territoires. Selon Le Figaro – Politique, celui-ci dénonce l’emprise excessive de l’État sur l’aménagement du territoire et plaide pour une plus grande autonomie des collectivités locales, qu’il juge indispensable à la relance de l’initiative et de l’innovation.
Ce qu'il faut retenir
- David Lisnard, maire de Cannes et président de l’AMF, est candidat à l’élection présidentielle de 2027.
- Il critique le rôle actuel de l’État dans l’aménagement du territoire, qu’il juge trop centralisé.
- Il souhaite redonner une « liberté d’agir sans entraves » aux collectivités locales pour dynamiser les initiatives économiques et sociales.
- Pour lui, le territoire reste un enjeu central malgré les mutations technologiques et le télétravail.
- Son approche s’inscrit dans une vision libérale, où les grandes infrastructures doivent être réalisées pour libérer les initiatives locales.
Un plaidoyer pour une refonte de l’aménagement territorial
David Lisnard, figure montante de la droite libérale, estime que l’État a progressivement étouffé les dynamiques locales en multipliant les normes et les contraintes administratives. Selon lui, cette technostructure a réduit la capacité des maires et des élus à agir efficacement sur leur territoire. « Le territoire doit redevenir un espace de liberté », a-t-il affirmé lors d’un entretien accordé au Figaro. Pour illustrer son propos, il cite l’exemple des grandes infrastructures, qu’il juge essentielles pour désenclaver les territoires et favoriser leur développement économique.
Ce positionnement s’inscrit dans un contexte où les mutations sociétales, notamment l’essor du télétravail et des nouvelles technologies, remettent en question la pertinence traditionnelle du territoire. Pourtant, pour David Lisnard, cette notion reste fondamentale. « L’être humain ne vit pas dans l’abstraction, il vit dans une géographie, dans une histoire, dans des groupes d’individus enracinés », a-t-il souligné. Même si la société devient plus mobile et connectée, la proximité physique et l’ancrage local conservent une importance capitale pour la créativité et l’innovation.
Une vision libérale et décentralisatrice
Le candidat à la présidentielle de 2027 se distingue par une approche résolument libérale, où la liberté des acteurs locaux prime sur les interventions de l’État. Selon lui, les collectivités doivent pouvoir mener des politiques publiques adaptées à leurs spécificités, sans être bridées par des réglementations trop strictes. Cette vision s’oppose à la tendance actuelle, où les projets d’infrastructures majeurs, comme les autoroutes ou les lignes à grande vitesse, sont souvent retardés ou contestés par des recours juridiques ou des mobilisations citoyennes.
David Lisnard n’hésite pas à pointer du doigt les dysfonctionnements de l’administration centrale. Pour lui, l’État devrait jouer un rôle d’impulsion et de soutien, en réalisant les infrastructures essentielles, plutôt que de s’immiscer dans les détails de leur gestion. « L’État ne joue plus son rôle en matière d’aménagement du territoire », a-t-il fustigé. Cette critique vise notamment les lenteurs bureaucratiques et les blocages institutionnels qui freinent le développement des projets locaux.
Le territoire, un enjeu politique et sociétal
La réflexion de David Lisnard sur le territoire ne se limite pas à une question d’efficacité administrative. Elle touche aussi à des enjeux sociétaux et culturels. Pour lui, le territoire est bien plus qu’un simple espace géographique : c’est le lieu où se construit l’identité collective. « Le territoire désigne le lieu d’appartenance et la direction collective de la communauté humaine qui l’habite », a-t-il précisé. Cette vision s’inscrit en opposition avec les discours qui prédisent la fin des territoires sous l’effet de la mondialisation et des technologies numériques.
Dans un contexte où les fractures territoriales et sociales sont de plus en plus visibles, son discours résonne comme une tentative de réenraciner la politique dans les réalités concrètes des citoyens. En prônant une décentralisation accrue, il propose une réponse à la défiance croissante envers les institutions centrales, perçues comme déconnectées des besoins locaux.
Quant aux prochaines étapes, David Lisnard devrait multiplier les prises de parole dans les mois à venir pour affiner son programme et séduire les électeurs. Une chose est sûre : son approche, centrée sur la liberté des territoires, pourrait redessiner le paysage politique français dans les années à venir.
David Lisnard est maire de Cannes depuis 2014 et préside l’Association des maires de France depuis 2020. Avant cela, il a été conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur et conseiller général des Alpes-Maritimes. Son parcours politique s’inscrit dans la droite libérale, avec une sensibilité marquée pour les questions d’aménagement du territoire et de décentralisation.
Il reproche à l’État une bureaucratie excessive, des normes trop contraignantes et une incapacité à réaliser les grandes infrastructures nécessaires au développement des territoires. Selon lui, cette situation étouffe l’initiative locale et freine la compétitivité des collectivités.