Le démantèlement complet des deux réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) est désormais autorisé. Un décret publié le 1er mai 2026 et paru au Journal officiel le 3 mai encadre les opérations de déconstruction, trois ans après l’arrêt définitif des installations. Signé conjointement par le Premier ministre, le ministre de l’Économie et la ministre déléguée chargée de l’Énergie, ce texte fixe les modalités techniques, le calendrier ainsi que les équipements nécessaires aux travaux menés par EDF. Selon Reporterre, cette décision marque une étape clé dans la fermeture définitive du site, le premier réacteur ayant été arrêté en 2020.
Ce qu'il faut retenir
- Le décret de déconstruction a été signé le 1er mai 2026 et publié au Journal officiel le 3 mai 2026.
- Il autorise le démantèlement des deux réacteurs de 900 MW arrêtés en 2020.
- Les opérations seront encadrées par EDF, avec des modalités techniques et un calendrier précis définis dans le décret.
- Le texte a été cosigné par le Premier ministre, le ministre de l’Économie et la ministre déléguée chargée de l’Énergie.
Un projet engagé depuis l’arrêt des réacteurs en 2020
La centrale de Fessenheim, située dans le Haut-Rhin, a cessé définitivement ses activités en 2020, après des années de débats sur sa fermeture. Les deux réacteurs de 900 mégawatts (MW), parmi les plus anciens du parc nucléaire français, ont été mis à l’arrêt dans le cadre de la politique de réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité. EDF, gestionnaire historique du site, est désormais chargé des opérations de démantèlement, une procédure complexe et encadrée par la réglementation.
Le décret publié ce mois-ci officialise ainsi une phase cruciale, celle de la déconstruction proprement dite. Les travaux devraient s’étaler sur plusieurs années, avec des étapes clés comme le démontage des équipements, la gestion des déchets radioactifs et la sécurisation du site. Selon les estimations d’EDF, cette phase pourrait durer jusqu’à dix à quinze ans, en fonction des imprévus techniques ou réglementaires.
Des garanties environnementales et sécuritaires renforcées
Le texte signé par les autorités gouvernementales intègre des exigences strictes en matière de sécurité et de protection de l’environnement. Les opérations de déconstruction doivent respecter les normes en vigueur, notamment celles définies par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Celle-ci supervisera les différentes phases du chantier pour s’assurer du respect des protocoles et de la gestion des risques.
« La déconstruction doit se faire dans le strict respect des règles de radioprotection et de gestion des déchets », a rappelé un porte-parole du ministère de la Transition écologique. Les déchets radioactifs, en particulier ceux issus du combustible usé, seront traités dans des installations dédiées, comme celles du site de La Hague, en Normandie. Le décret précise également les modalités de surveillance post-opération, afin de garantir la sécurité à long terme du site.
Un symbole de la transition énergétique en France
La fermeture de Fessenheim s’inscrit dans une dynamique plus large de transition énergétique en France. Le gouvernement mise sur le développement des énergies renouvelables et la réduction progressive de la dépendance au nucléaire, tout en maintenant un parc sécurisé et performant. La déconstruction de la centrale illustre ainsi les défis techniques et économiques liés à la fin de vie des installations nucléaires, un enjeu majeur pour l’industrie dans les décennies à venir.
« Fessenheim est le premier grand réacteur à être démantelé en France, ce qui en fait un projet pilote », a souligné un expert du secteur. Les retours d’expérience accumulés ici serviront pour les futures opérations, notamment celles prévues sur les sites de Bugey, Tricastin ou Chinon. Reste à voir si les délais et les coûts resteront maîtrisés, un point de vigilance souvent souligné par les associations environnementales.
Cette décision intervient alors que le débat sur l’avenir du nucléaire en France reste vif, entre défenseurs d’une énergie décarbonée et partisans d’une sortie progressive. Quoi qu’il en soit, le feu vert donné pour Fessenheim marque une étape concrète vers une nouvelle page pour le site alsacien.
Les risques principaux concernent la manipulation des déchets radioactifs et la sécurité des travailleurs. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) impose des protocoles stricts pour limiter toute exposition aux rayonnements. EDF doit également garantir l’étanchéité des installations pendant les opérations et prévenir tout risque de contamination.