Dans le Gers, département rural du sud-ouest de la France, consulter un spécialiste relève désormais d’un véritable parcours du combattant. Selon Franceinfo - Santé, les délais pour obtenir un rendez-vous chez un ophtalmologue dépassent désormais cinq mois, illustrant une situation critique dans l’accès aux soins en province.
Ce qu'il faut retenir
- Cinq mois d’attente en moyenne pour un rendez-vous chez un ophtalmologue dans le Gers, un délai qui peut atteindre six mois pour un cardiologue.
- Des patients obligés de se rendre à Bordeaux ou de renoncer à consulter en raison de l’absence de spécialistes locaux.
- Un centre de santé à Auch, avec des médecins retraités ou venus de Toulouse, réduit temporairement les délais à deux mois.
- Un bus dentaire de la Croix-Rouge sillonne le département deux jours par semaine pour des soins gratuits, financés à hauteur de 40 000 euros par an.
Cette situation, déjà difficile pour les habitants valides, devient ingérable pour les personnes âgées ou celles ne disposant pas de moyens de transport. Les témoignages recueillis par Franceinfo - Santé auprès des patients confirment l’ampleur du phénomène. « Chez l’ophtalmologue, il faut compter quatre, cinq mois », confie une habitante d’Auch. « Les gynécologues, ils ne prennent plus, il n’y en a plus. Un dermatologue, je suis allée à Bordeaux pour me faire soigner », ajoute-t-elle. D’autres récits évoquent des délais encore plus longs : « Le cardiologue, j’ai pris rendez-vous au mois d’octobre l’année dernière, je ne l’ai qu’en août », précise un patient.
Le manque criant de spécialistes dans le Gers ne se limite pas à l’ophtalmologie ou à la cardiologie. Les services de gynécologie et de dermatologie sont également en crise. Les patients, faute de solutions locales, se tournent vers des consultations dans les grandes villes voisines comme Toulouse ou Bordeaux, parfois à plus d’une heure de route. « On se débrouille comme on peut, mais c’est assez gênant », explique un riverain. « Encore moi je peux me déplacer, mais il y a des personnes âgées qui ne peuvent plus se déplacer. Donc ça devient très, très compliqué de se faire soigner en province. »
Des initiatives locales pour pallier les carences
Face à cette pénurie, quelques dispositifs tentent d’apporter des réponses. À Auch, un centre de santé accueille des médecins proches de la retraite ou originaires de Toulouse, prêts à exercer temporairement dans le Gers. « On a une patientèle importante avec beaucoup de patientèles rurales, donc souvent des grosses pathologies, parce que ce sont des gens qui ne peuvent pas consulter rapidement », explique le Dr Pascale Martinez, médecin intervenant dans ce centre. Grâce à cette mobilisation, certains délais ont pu être réduits à deux mois pour certains spécialistes, mais la situation reste précaire.
Autre initiative notable : un bus dentaire mis en place par la Croix-Rouge, qui sillonne le département deux jours par semaine. À bord, un dentiste retraité et deux étudiantes en chirurgie dentaire proposent des soins gratuits aux patients. « Aujourd’hui, c’est important de revenir dans les villages où on n’a plus rien, où il manque tant de choses », souligne Alexandre Oberdof, coordinateur de ce dispositif. Financé intégralement par la Croix-Rouge à hauteur de 40 000 euros par an, ce bus dentaire apporte un soulagement ponctuel à une population confrontée à l’absence de cabinets dentaires dans les zones rurales.
Une désertification médicale qui s’aggrave
Le Gers n’est pas un cas isolé. Plusieurs départements français, notamment en zone rurale, font face à une désertification médicale croissante. Selon les dernières études, la France compte près de 12 millions de personnes vivant dans des déserts médicaux, avec des délais moyens pour consulter un spécialiste qui ont doublé en dix ans. Les causes sont multiples : manque de médecins formés, installation préférentielle dans les grandes villes, ou encore vieillissement de la population médicale.
Dans ce contexte, les initiatives locales, bien que nécessaires, peinent à combler l’écart. Les dispositifs comme le centre de santé d’Auch ou le bus dentaire de la Croix-Rouge restent des solutions temporaires, dépendantes de la bonne volonté de quelques professionnels. « C’est une goutte d’eau dans l’océan », estime un élu local sous couvert d’anonymat. « Sans une politique nationale ambitieuse pour inciter les médecins à s’installer en zone rurale, la situation ne fera qu’empirer. »
Pour l’heure, les habitants du Gers n’ont d’autre choix que de s’adapter. Certains prennent des congés pour consulter pendant les périodes creuses, d’autres renoncent à certains soins. Les plus chanceux bénéficient de l’aide ponctuelle de dispositifs comme le bus dentaire, mais la précarité médicale reste une réalité quotidienne pour des milliers de personnes.
D'après Franceinfo - Santé, les délais les plus longs concernent les ophtalmologues (cinq mois en moyenne), suivis des cardiologues (jusqu’à six mois). Les services de gynécologie et de dermatologie sont également très touchés, avec des délais qui peuvent atteindre plusieurs mois, voire l’impossibilité de trouver un rendez-vous.
Quelques initiatives locales permettent de réduire temporairement les délais, comme le centre de santé d’Auch, qui a permis de ramener certains rendez-vous à deux mois, ou le bus dentaire de la Croix-Rouge. Cependant, ces dispositifs restent marginaux et ne suffisent pas à résoudre le problème structurel de désertification médicale.