La France, comme l’ensemble des pays développés, fait face à un déclin marqué de sa fécondité, selon Le Figaro. Agnès Verdier-Molinié, directrice de la Fondation iFrap, un cercle de réflexion libéral, vient de publier une note intitulée « Comment remonter le taux de natalité en France ? ». Elle y analyse les causes de cette tendance et propose des pistes pour inverser la courbe, tout en préservant l’équilibre entre vie familiale et vie professionnelle.

Ce qu'il faut retenir

  • L’indice de fécondité dans les pays de l’OCDE est passé de 3,3 enfants par femme en 1960 à 1,5 en 2022.
  • En France, le taux est passé de 2,7 enfants par femme dans les années 1960 à 1,6 aujourd’hui, soit une chute de plus de 40 %.
  • Les femmes de la classe moyenne sont les plus touchées par les effets du système de redistribution actuel, selon l’étude de l’iFrap.
  • L’allongement de la durée des études et l’âge moyen plus tardif de la première maternité réduisent la fenêtre de fécondité.
  • La participation accrue des femmes au marché du travail est un facteur clé de ce déclin.

Une tendance mondiale qui résiste aux politiques natalistes

Selon les données compilées par l’iFrap et reprises par Le Figaro, l’indice de fécondité moyen des pays membres de l’OCDE a chuté de 3,3 enfants par femme en 1960 à seulement 1,5 en 2022. En France, ce chiffre est passé de 2,7 enfants par femme dans les années 1960 à 1,6 aujourd’hui, soit une baisse de plus de 40 %. Ces chiffres illustrent une tendance lourde, qui touche l’ensemble des pays développés, indépendamment de leurs politiques familiales.

Pour Agnès Verdier-Molinié, cette situation s’explique en grande partie par l’allongement de la durée moyenne des études et par l’augmentation de l’âge moyen à la première maternité. Ces deux facteurs réduisent mécaniquement la fenêtre de fécondité des femmes, rendant plus difficile la réalisation de leur désir d’enfant. La directrice de l’iFrap souligne également que la participation accrue des femmes au marché du travail joue un rôle dans cette baisse, en complexifiant l’articulation entre vie professionnelle et vie familiale.

Les femmes de la classe moyenne, premières victimes du système actuel

Dans sa note, Agnès Verdier-Molinié met en lumière les déséquilibres du système de redistribution français, qui pénaliserait particulièrement les femmes de la classe moyenne. Selon elle, ces dernières subissent à la fois le poids des charges fiscales et sociales, tout en ayant moins accès aux aides spécifiques que les familles plus modestes ou plus aisées. « Les femmes de la classe moyenne sont les principales victimes de notre système de redistribution », a-t-elle déclaré au Figaro.

« Ce sont elles qui, souvent, portent le double fardeau du travail et de la parentalité, sans bénéficier d’un soutien adapté à leur situation. »

L’étude de l’iFrap révèle que ces femmes, confrontées à des revenus intermédiaires, voient leurs efforts pour concilier carrière et vie de famille peu ou mal compensés par les dispositifs existants. La directrice de la Fondation appelle donc à une refonte des politiques familiales, afin de mieux cibler les besoins réels de cette catégorie sociale.

Repenser les politiques familiales pour relancer la natalité

Agnès Verdier-Molinié ne se contente pas de constater le problème : elle propose des solutions concrètes pour y remédier. Parmi ses pistes figurent un meilleur ciblage des aides financières, afin de soutenir davantage les familles de la classe moyenne, ainsi que des mesures incitatives pour encourager les naissances précoces. Elle insiste également sur la nécessité de réduire les freins à l’emploi des jeunes parents, notamment en facilitant l’accès à des modes de garde abordables et flexibles.

« Il faut repenser notre système pour qu’il ne décourage pas le travail tout en encourageant la natalité », a-t-elle expliqué. Pour elle, la clé réside dans une approche plus équilibrée, qui tienne compte à la fois des aspirations des Français et des réalités économiques. La France, souvent présentée comme un modèle en matière de politique familiale, doit selon elle adapter ses dispositifs pour répondre aux défis démographiques actuels.

Et maintenant ?

Les propositions de l’iFrap pourraient nourrir les débats à venir sur la réforme des politiques familiales en France. Plusieurs pistes évoquées, comme le ciblage des aides ou la flexibilisation des modes de garde, pourraient être intégrées dans les prochaines discussions parlementaires. Reste à voir si le gouvernement, confronté à d’autres priorités, saura accorder à cette question l’attention qu’elle mérite. La publication de cette note intervient alors que le taux de fécondité français atteint des niveaux historiquement bas, ce qui pourrait accélérer les réflexions sur le sujet.

Cette réflexion s’inscrit dans un contexte où la France, malgré ses atouts, peine à maintenir son niveau de natalité. Les prochaines années seront déterminantes pour évaluer l’efficacité des mesures qui pourraient être mises en place, alors que le pays doit concilier impératifs économiques et enjeux démographiques.

Selon Agnès Verdier-Molinié, interrogée par Le Figaro, la France souffre d’un système de redistribution déséquilibré, qui pénalise particulièrement les femmes de la classe moyenne. Ces dernières, confrontées à des revenus intermédiaires, subissent le poids des charges sociales sans bénéficier d’aides adaptées. Par ailleurs, l’allongement des études et l’âge tardif de la première maternité réduisent la fenêtre de fécondité.