Une fresque rendant hommage à Louise Michel, figure majeure de la Commune de Paris et militante féministe, a été vandalisée dans la nuit de jeudi 6 août à Trélissac, en Dordogne. Selon Libération, des tags à caractère antisémites et antiféministes y ont été apposés, dont une étoile de David et deux phrases critiquant son engagement pour les droits des femmes. La municipalité a annoncé, vendredi 7 août, le dépôt d’une plainte pour dégradation de bien public.
Ce qu'il faut retenir
- Une œuvre dédiée à Louise Michel, révolutionnaire et féministe emblématique, a été dégradée à Trélissac (Dordogne) dans la nuit du 6 août 2026.
- Deux types de tags : une étoile de David et des inscriptions critiquant son soutien à la liberté des femmes.
- Dépôt de plainte annoncé par la mairie de Trélissac dès la découverte des dégradations.
- Contexte local : Trélissac, commune de 6 500 habitants située près de Périgueux, où la fresque honorait la mémoire de Louise Michel.
Une fresque vandalisée dans la nuit
Dans la nuit de jeudi à vendredi, une fresque murale située à Trélissac, en Dordogne, a été dégradée par des tags à connotation haineuse. Selon les informations rapportées par Libération, l’œuvre rendait hommage à Louise Michel, révolutionnaire française du XIXe siècle, connue pour son engagement en faveur des droits des femmes et des classes populaires. Les dégradations consistent en une étoile de David et deux phrases hostiles à son positionnement féministe, gravées ou peintes sur le mur.
La mairie de Trélissac, contactée dans la matinée du 7 août, a confirmé la découverte des dégradations et précisé qu’un dépôt de plainte serait effectué sans délai. « Nous prenons très au sérieux ces actes de vandalisme, surtout lorsqu’ils s’attaquent à la mémoire d’une personnalité historique comme Louise Michel », a déclaré un responsable municipal sous couvert d’anonymat. Les tags, encore visibles vendredi matin, ont été photographiés avant d’être effacés par les services techniques de la commune.
Des inscriptions à caractère antisémite et antiféministe
Parmi les inscriptions relevées sur la fresque, l’étoile de David, symbole religieux juif, suggère une dimension antisémite à l’acte de vandalisme. Deux autres phrases ciblent directement l’engagement féministe de Louise Michel, dont l’une des citations attribuées à la révolutionnaire : « Le féminisme tue ». Ces formulations, volontairement provocatrices, visent à discréditer le combat pour l’égalité entre les sexes. « Ces messages visent à semer la division et à attaquer des valeurs républicaines d’égalité et de solidarité », a souligné une association locale de défense des droits des femmes, contactée par Libération.
Le choix de cibler une fresque dédiée à Louise Michel, figure historique dont l’héritage mêle lutte sociale et féminisme, n’est pas anodin. Louise Michel, surnommée « la Vierge rouge » pour son rôle pendant la Commune de Paris, reste une icône pour de nombreux mouvements sociaux et féministes contemporains. Son effigie sur les murs de Trélissac symbolisait, jusqu’à hier soir, la mémoire d’une femme qui a sacrifié sa vie pour ses convictions.
La mairie réagit : plainte et mobilisation
Dès l’aube, les élus de Trélissac ont réagi à l’incident. Le maire de la commune, qui n’a pas souhaité s’exprimer publiquement, a confirmé à Libération que la plainte serait déposée « dans la journée » au commissariat de Périgueux. « Nous ne tolérons aucun acte de haine, qu’il soit antisémite, sexiste ou raciste. La justice doit être saisie pour que les auteurs de ces dégradations soient identifiés et sanctionnés », a-t-il indiqué.
Côté associatif, plusieurs collectifs féministes et antiracistes de la région ont condamné vigoureusement ces actes. « Ces tags ne sont pas seulement une dégradation matérielle, mais une attaque contre les valeurs que Louise Michel a portées toute sa vie », a réagi une porte-parole du Collectif 24 pour l’Égalité. Des appels à manifester en soutien à la fresque et contre les discours de haine sont d’ores et déjà lancés pour ce week-end à Trélissac et à Périgueux.
Ce nouvel incident intervient dans un contexte national marqué par une hausse des actes antisémites et sexistes. En 2025, le ministère de l’Intérieur avait recensé une augmentation de 32 % des actes antisémites en France, tandis que les associations féministes alertent régulièrement sur la montée des discours antiféministes en ligne et dans l’espace public. « Ces actes ne sont pas isolés, ils s’inscrivent dans une dynamique plus large qu’il faut combattre », a rappelé une élue écologiste de Nouvelle-Aquitaine.
La mairie de Trélissac a annoncé que la fresque serait restaurée dès que possible, une fois les constats d’usage effectués. L’enquête de gendarmerie, quant à elle, pourrait durer plusieurs semaines, selon la complexité du dossier.