Alors que les tensions persistent entre Washington et Téhéran dans le détroit d’Ormuz malgré un cessez-le-feu fragile, une question insolite agite désormais le débat stratégique américain. Selon Courrier International, des responsables iraniens auraient évoqué, fin avril 2026, la possibilité de recourir à des « dauphins kamikazes » équipés de mines pour attaquer des navires de guerre américains dans cette zone cruciale pour le commerce mondial. Une affirmation qui, bien que prise avec prudence par les autorités américaines, a suffi à relancer les spéculations sur les méthodes de guerre non conventionnelles utilisées par la République islamique.
Ce qu'il faut retenir
- Le 30 avril 2026, The Wall Street Journal rapportait que des responsables iraniens avaient évoqué l’utilisation de dauphins équipés de mines dans le détroit d’Ormuz.
- Cette révélation intervient dans un contexte de renforcement du contrôle iranien sur ce passage stratégique, malgré un cessez-le-feu en vigueur.
- Lors d’une conférence de presse au Pentagone le 5 mai 2026, des journalistes ont interrogé les responsables américains sur cette possibilité.
- Les États-Unis ont minimisé l’information, sans confirmer ni infirmer l’utilisation de mammifères marins dans leurs propres opérations militaires.
- Le détroit d’Ormuz, par lequel transite près du tiers du trafic pétrolier mondial, reste un point de friction majeur entre les deux pays.
Une révélation qui alimente les spéculations
Le 30 avril dernier, The Wall Street Journal publiait une information selon laquelle des responsables iraniens auraient menacé d’utiliser des « armes jamais utilisées auparavant » contre les navires de guerre américains dans le détroit d’Ormuz. Parmi ces moyens figuraient, selon les propos rapportés, des dauphins équipés de charges explosives. Une annonce qui, bien que non confirmée officiellement, a suffi à alimenter les craintes d’une escalade des méthodes de guerre asymétriques par Téhéran.
Le détroit d’Ormuz, passage obligé pour une grande partie des exportations pétrolières du Golfe, est depuis des décennies un théâtre de tensions entre l’Iran et les États-Unis. Malgré un cessez-le-feu en vigueur, les deux pays maintiennent une présence militaire importante et des exercices réguliers dans la région. C’est dans ce contexte que l’éventualité de l’utilisation de cétacés kamikazes a été évoquée, renforçant l’idée d’une course aux armements non conventionnels.
Une conférence de presse au Pentagone sous le signe de l’ambiguïté
Mardi 5 mai 2026, lors d’une conférence de presse conjointe au Pentagone, le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, et le chef d’état-major des armées, Dan Caine, ont été interrogés sur cette rumeur persistante. Selon USA Today, les responsables américains ont minimisé les informations concernant l’éventuel déploiement de dauphins kamikazes par l’Iran, sans pour autant démentir catégoriquement leur utilisation par les États-Unis dans le cadre d’opérations militaires.
Dan Caine a d’abord tenté une réponse humoristique, déclarant : « C’est un peu comme les requins équipés de lasers dans les films, non ? » avant d’ajouter que les méthodes de défense américaines restaient confidentielles. Aucune précision n’a été apportée quant à l’éventuelle utilisation de mammifères marins par l’armée américaine, laissant planer un flou stratégique autour de cette question.
Le détroit d’Ormuz, un enjeu géostratégique majeur
Le détroit d’Ormuz, large de seulement 34 kilomètres à son point le plus étroit, est l’un des passages maritimes les plus surveillés au monde. Selon les données de l’Energy Information Administration (EIA), près de 21 millions de barils de pétrole transitent chaque jour par cette voie, soit environ 20 % de la consommation mondiale. Un blocage ou une perturbation majeure de ce trafic aurait des conséquences économiques mondiales immédiates.
Depuis des décennies, l’Iran a menacé à plusieurs reprises de bloquer le détroit en cas de conflit ouvert avec les États-Unis ou leurs alliés. Les exercices militaires réguliers menés par la marine iranienne, ainsi que les tensions récurrentes avec les forces internationales présentes dans la région, illustrent l’importance stratégique de ce point de passage. L’éventualité de l’utilisation de dauphins kamikazes s’inscrit dans cette logique de guerre asymétrique, où des moyens non conventionnels pourraient être employés pour compenser un déséquilibre militaire face aux États-Unis.
Un débat qui dépasse le cadre militaire
Au-delà de la question purement stratégique, cette affaire soulève des interrogations plus larges sur l’éthique et les limites de l’utilisation d’animaux dans les conflits armés. Si l’utilisation de cétacés dressés à des fins militaires n’est pas une première – des programmes similaires ayant été développés par les États-Unis et l’URSS pendant la guerre froide –, leur emploi en tant que kamikazes pose des questions juridiques et morales. Le droit international, notamment la Convention sur les armes biologiques de 1972 et les traités sur les droits des animaux, pourrait-il s’appliquer à ce type d’armes ?
Par ailleurs, cette révélation intervient à un moment où les tensions au Moyen-Orient atteignent un niveau critique. Les États-Unis, déjà engagés dans plusieurs fronts régionaux, devront évaluer l’impact d’une telle menace sur leurs stratégies de défense. Pour Téhéran, l’utilisation de moyens non conventionnels pourrait s’inscrire dans une logique de dissuasion face à la supériorité militaire américaine, tout en évitant une escalade directe qui serait coûteuse pour le régime.
Bien que non confirmée dans le cadre du conflit actuel, l’utilisation de cétacés dans des opérations militaires n’est pas une première. Dans les années 1960, les États-Unis et l’URSS ont mené des programmes expérimentaux pour dresser des dauphins et des phoques à des fins de détection de mines ou de sabotage. Ces projets, officiellement abandonnés dans les années 1990, ont laissé place à des interrogations sur leur possible résurgence dans des contextes de guerre asymétrique.