Alors que le processus de désignation du prochain secrétaire général des Nations unies s’intensifie, deux candidats africains figurent parmi les sept prétendants en compétition pour ce poste stratégique. Selon Le Monde, cette représentation reflète à la fois la diversité géographique recherchée par l’organisation et les ambitions croissantes du continent africain sur la scène internationale.

Le processus de sélection, qui s’étale sur plusieurs mois, s’inscrit dans un contexte où l’Afrique revendique une place plus centrale au sein des institutions multilatérales. Depuis la création de l’ONU en 1945, aucun secrétaire général n’est originaire d’Afrique subsaharienne, une situation que certains diplomates africains espèrent voir évoluer cette année.

Ce qu'il faut retenir

  • Sur les sept candidats en compétition pour le poste de secrétaire général de l’ONU, deux sont africains — selon Le Monde.
  • L’Afrique n’a encore jamais vu l’un de ses ressortissants occuper ce poste depuis la création de l’ONU en 1945.
  • La désignation du successeur d’António Guterres, dont le mandat s’achève en décembre 2026, devrait intervenir d’ici la fin de l’année.

Qui sont les deux candidats africains ?

Parmi les sept candidats encore en lice, deux portent les couleurs du continent africain. Le premier est Abdoulaye Bathily, diplomate sénégalais de 72 ans, ancien représentant spécial de l’ONU en Libye. Il a occupé plusieurs fonctions au sein de l’Organisation panafricaine avant de se lancer dans la course à la succession d’António Guterres. Son profil, marqué par une longue expérience en médiation internationale, en fait un candidat sérieux aux yeux de nombreux observateurs.

Le second candidat africain est Amina J. Mohammed, actuelle vice-secrétaire générale de l’ONU et ancienne ministre nigériane de l’Environnement. Diplômée de l’Université du Nigeria et de l’Université d’Oxford, elle est reconnue pour son engagement en faveur des objectifs de développement durable et pour son rôle clé dans la mise en œuvre de l’Agenda 2030. « Diriger l’ONU, c’est porter les valeurs de multilatéralisme et de solidarité internationale », a-t-elle déclaré lors de sa candidature.

Un enjeu géopolitique pour l’Afrique

La présence de ces deux candidats africains ne relève pas du hasard. Depuis des années, plusieurs pays du continent plaident pour une représentation plus équitable au sein des instances onusiennes. En 2016, l’Afrique du Sud avait déjà tenté de promouvoir la candidature de Nkosazana Dlamini-Zuma, sans succès. Cette année, les espoirs sont renouvelés, même si les chances de succès restent incertaines.

Selon Le Monde, le processus de sélection repose sur un vote à plusieurs tours au sein du Conseil de sécurité, où les cinq membres permanents (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni) disposent d’un droit de veto. Or, ces derniers pourraient privilégier des profils plus consensuels ou alignés sur leurs intérêts stratégiques. « L’Afrique doit faire entendre sa voix, mais le chemin sera semé d’embûches », analyse un diplomate sous couvert d’anonymat.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes du processus de sélection devraient s’échelonner jusqu’à la fin de l’année 2026. Après une première phase de consultations informelles, le Conseil de sécurité devrait commencer à affiner sa liste de candidats d’ici septembre. Une date butoir, fixée au 31 décembre 2026, marque la fin du mandat d’António Guterres, mais une désignation anticipée n’est pas exclue.

Reste à savoir si les deux candidats africains parviendront à rallier suffisamment de soutiens parmi les grandes puissances. Leur élection dépendra en grande partie de leur capacité à convaincre les membres permanents du Conseil de sécurité, dont les positions ne sont pas toujours alignées sur les revendications africaines.

Si l’un des deux candidats africains l’emporte, ce serait une première depuis la création de l’ONU. Une avancée symbolique pour un continent qui représente plus de 1,4 milliard d’habitants et dont la voix pèse de plus en plus sur la scène internationale, notamment dans les débats sur le climat, la paix et le développement.

En attendant, les tractations diplomatiques se poursuivent en coulisses. Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’influence réelle de l’Afrique dans ce processus historique.

Depuis 1945, aucun secrétaire général de l’ONU n’est originaire d’Afrique subsaharienne. Plusieurs facteurs expliquent cette situation : le processus de sélection, historiquement dominé par les grandes puissances, a souvent favorisé des profils alignés sur leurs intérêts. De plus, les divisions internes au continent et la concurrence entre ses pays membres ont parfois affaibli ses candidats.