Diezani Alison-Madueke, ex-présidente de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et ancienne ministre du Pétrole du Nigeria, a été acquittée par la justice britannique ce jeudi 18 juin 2026. Selon Le Monde, six chefs d’accusation pour corruption ont été abandonnés, mettant fin à un procès de cinq mois particulièrement médiatisé. L’ex-dirigeante, figure controversée du secteur pétrolier nigérian, était poursuivie pour des faits remontant à son mandat au sein du gouvernement de Goodluck Jonathan, entre 2010 et 2015.
Ce qu'il faut retenir
- Diezani Alison-Madueke a été relaxée de six chefs d’accusation de corruption par un tribunal britannique après cinq mois d’audience.
- L’ex-ministre nigériane était poursuivie pour des faits liés à son passage au gouvernement entre 2010 et 2015.
- Elle avait occupé le poste de présidente de l’OPEP en 2014, une première pour une femme africaine.
- Les accusations portaient sur des soupçons de détournement de fonds et de corruption dans le secteur pétrolier.
- La décision a été rendue publique ce 18 juin 2026 à Londres.
Le procès, qui s’est tenu devant la Crown Court de Londres, a été marqué par des auditions techniques et des témoignages complexes. Alison-Madueke était notamment accusée d’avoir reçu des pots-de-vin et d’avoir favorisé des entreprises en échange de commissions occultes. Le Monde précise que les charges retenues contre elle concernaient des transferts de fonds suspects vers des comptes offshore, ainsi que des acquisitions immobilières jugées disproportionnées au regard de ses revenus officiels. L’accusation s’appuyait en partie sur des enquêtes menées par des autorités britanniques et nigérianes, mais aucun élément matériel ne semble avoir suffi à convaincre les juges.
L’avocat de la défense, Edward Fitzgerald, a salué une décision « juste et équilibrée », estimant que les preuves présentées par l’accusation étaient « insuffisantes et fragiles ». De son côté, le parquet britannique n’a pas encore réagi officiellement à l’acquittement, mais des sources proches du dossier ont indiqué qu’une analyse des motivations du tribunal serait nécessaire avant toute décision sur d’éventuels recours. Alison-Madueke, qui a toujours clamé son innocence, a quitté la salle d’audience sous les applaudissements de ses partisans, selon des témoins présents sur place.
Ce procès s’inscrivait dans le cadre plus large des efforts internationaux pour lutter contre la corruption dans le secteur pétrolier, un enjeu majeur pour des pays comme le Nigeria, où les revenus pétroliers représentent une part essentielle des finances publiques. Alison-Madueke, qui fut la première femme africaine à présider l’OPEP, avait été arrêtée à Londres en octobre 2015, quelques jours après la fin de son mandat ministériel. Son cas illustre les tensions persistantes entre les autorités nigérianes et les juridictions étrangères dans la lutte contre la corruption transnationale.
Ce procès rappelle aussi les défis persistants dans la lutte contre la corruption en Afrique, où les ressources naturelles attirent souvent des réseaux criminels organisés. Selon des experts interrogés par Le Monde, les acquittements dans ce type d’affaires soulèvent des questions sur l’efficacité des enquêtes transnationales, mais aussi sur la capacité des institutions nigérianes à récupérer les fonds détournés. Les prochaines étapes dépendront largement de la réactivité des autorités locales et de leur volonté de coopérer avec leurs homologues britanniques.
Au Nigeria, Alison-Madueke fait toujours l’objet d’enquêtes locales pour corruption et détournement de fonds publics. Les autorités nigérianes n’ont jamais abandonné les poursuites, estimant que les éléments de preuve recueillis sur place diffèrent de ceux présentés devant les tribunaux britanniques. Une demande d’extradition ou de coopération judiciaire pourrait donc être relancée dans les mois à venir, bien que les chances de succès restent incertaines.