Le gouvernement américain a sollicité à nouveau, ce jeudi 4 septembre 2026, l’intervention de la Cour suprême des États-Unis. Objectif : obtenir l’autorisation d’appliquer un décret restreignant l’accès au vote par correspondance. Une initiative qui s’inscrit dans la continuité des tensions persistantes autour de ce mode de scrutin, systématiquement pointé du doigt par l’ancien président Donald Trump depuis sa défaite face à Joe Biden en novembre 2020.

Comme le rapporte Ouest France, cette démarche marque un nouveau chapitre dans la stratégie de l’administration Trump pour encadrer le vote par correspondance, qu’elle présente comme un vecteur de fraudes électorales. Une affirmation récurrente depuis 2020, mais jamais étayée par des preuves tangibles. Ce texte, déjà contesté par plusieurs États démocrates, pourrait avoir des répercussions majeures sur les prochains scrutins, notamment l’élection présidentielle de 2024 – bien que celle-ci soit désormais derrière nous.

Ce qu'il faut retenir

  • Le gouvernement américain a demandé ce 4 septembre 2026 à la Cour suprême d’autoriser un décret limitant le vote par correspondance.
  • Donald Trump accuse régulièrement ce mode de scrutin d’avoir favorisé sa défaite en 2020.
  • Le décret, déjà contesté, pourrait influencer les prochaines élections, bien que celle de 2024 soit terminée.
  • L’administration Trump n’a jamais produit de preuves concrètes de fraudes massives liées au vote par correspondance.

Un décret controversé et des contestations étatiques

Le texte proposé par l’administration Trump vise à durcir les conditions d’accès au vote par correspondance. Selon Ouest France, il prévoit notamment de restreindre les justificatifs requis pour demander un bulletin postal, ou encore de limiter les périodes de dépôt. Plusieurs États dirigés par des gouverneurs démocrates, comme la Californie ou New York, ont déjà annoncé leur intention de contester cette mesure devant les tribunaux. Pour eux, ces restrictions équivaudraient à une privation de droits civiques pour des millions d’électeurs.

Les défenseurs du vote par correspondance, dont le recours a fortement augmenté lors de la pandémie de Covid-19, soulignent son rôle dans l’accessibilité du suffrage. En 2020, près de **65 millions d’Américains** avaient voté par correspondance, soit une hausse de **300 %** par rapport à 2016. Un chiffre qui illustre l’adhésion croissante des citoyens pour ce mode de scrutin, malgré les critiques répétées de l’ancien locataire de la Maison-Blanche.

La Cour suprême, arbitre d’un débat toujours vif

La Cour suprême, à majorité conservatrice depuis plusieurs années, est appelée à trancher dans un dossier hautement politisé. En 2020, elle avait déjà été saisie sur des questions liées au vote par correspondance, notamment dans l’État clé de Pennsylvanie. Ses décisions avaient alors été perçues comme un soutien implicite à la flexibilité des modalités de vote, une position que l’administration Trump cherche aujourd’hui à faire évoluer.

Pour l’avocat général des États-Unis, **Elizabeth Prelogar**, cette nouvelle demande s’appuie sur des « préoccupations légitimes » concernant l’intégrité du processus électoral. Elle a précisé devant la Cour que le décret en question s’inscrivait dans un cadre « nécessaire pour restaurer la confiance des Américains » dans leurs institutions. Une rhétorique qui résonne particulièrement dans l’électorat trumpiste, toujours convaincu que l’élection de 2020 leur a été « volée ».

« Le vote par correspondance reste un sujet de division, mais il est crucial de s’assurer que chaque voix compte et que le processus est sécurisé. »
Joe Biden, président des États-Unis, dans une allocution en août 2026.

Et maintenant ?

La Cour suprême dispose désormais d’un délai de **90 jours** pour examiner la recevabilité de la demande et, le cas échéant, rendre un jugement. Si le décret était validé, il entrerait en vigueur dès les prochaines élections de mi-mandat en 2026. Les observateurs s’attendent à de nouvelles contestations de la part des États démocrates, qui pourraient saisir des juridictions inférieures en parallèle. Une chose est sûre : le débat sur le vote par correspondance restera au cœur des tensions politiques américaines pour les années à venir.

Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de l’administration Trump pour remodeler les règles électorales à son avantage. Depuis son retour dans l’arène politique, l’ancien président multiplie les déclarations sur la nécessité de « nettoyer le système », sans pour autant proposer de réformes consensuelles. La bataille judiciaire qui s’engage promet donc d’être longue et âpre.

Donald Trump remet en cause ce mode de scrutin depuis 2020, l’accusant sans preuve d’avoir favorisé des fraudes massives. Il affirme que des millions de bulletins postaux illégitimes auraient été comptabilisés, bien que les audits et enquêtes menées après l’élection n’aient révélé aucune irrégularité significative.