L'épidémie d'Ebola, qui frappe actuellement la République démocratique du Congo et l'Ouganda, menace désormais dix autres pays africains, a alerté ce samedi 23 mai l'agence sanitaire de l'Union africaine, Africa CDC, comme le rapporte Franceinfo - Santé.
Ce qu'il faut retenir
- 197 morts recensés en République démocratique du Congo et en Ouganda, épicentre de l'épidémie.
- 750 cas suspects et 177 décès suspects déclarés en RDC, où le virus « se propage rapidement ».
- Dix pays à risque : Angola, Burundi, Centrafrique, Congo, Éthiopie, Kenya, Rwanda, Soudan du Sud, Tanzanie et Zambie.
- L'Ouganda a suspendu tous les transports publics à destination de la RDC.
Selon Africa CDC, ces dix États africains présentent un risque élevé de voir émerger des foyers d'Ebola dans les semaines à venir. Cette annonce intervient alors que la situation sanitaire se dégrade rapidement en République démocratique du Congo, où l'épidémie a déjà causé la mort de près de 200 personnes.
Vendredi 22 mai, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a confirmé 750 cas suspects et 177 décès suspects dans ce pays, où le virus circule activement. « Le virus se propage rapidement », a souligné l'OMS, soulignant l'urgence d'une réponse coordonnée.
La RDC et l'Ouganda en première ligne
En RDC, épicentre de l'épidémie, les laboratoires de biologie médicale sont en « course contre la montre » pour détecter et isoler les cas, indique Franceinfo - Santé. Les autorités sanitaires locales multiplient les opérations de dépistage et de sensibilisation, mais la tâche s'annonce complexe dans un pays où les infrastructures sanitaires restent fragiles.
Côté ougandais, la situation s'aggrave également. Le pays a enregistré trois nouveaux cas ce samedi 23 mai, portant le total à cinq cas confirmés, dont un décès. Parmi les nouveaux malades figure un chauffeur ougandais ayant transporté le premier cas confirmé en provenance de RDC, une professionnelle de santé contaminée lors de soins prodigués à cette personne, ainsi qu'une Congolaise arrivée par avion.
Des mesures strictes pour limiter la propagation
Face à l'extension du virus, l'Ouganda a pris des mesures radicales. Le gouvernement a suspendu tous les transports publics à destination de la RDC, une décision visant à éviter l'importation de nouveaux cas. Par ailleurs, les autorités sanitaires ougandaises ont renforcé les contrôles aux frontières et mis en place des protocoles d'isolement pour les personnes présentant des symptômes.
En RDC, où la densité de population et les mouvements transfrontaliers compliquent le contrôle de l'épidémie, les autorités tentent de contenir la propagation. Des équipes mobiles interviennent dans les zones reculées pour identifier et isoler les cas suspects, tandis que les centres de traitement d'Ebola restent en alerte maximale.
Un risque régional qui inquiète
Les dix pays identifiés par Africa CDC comme étant les plus exposés partagent des frontières avec la RDC ou l'Ouganda, ce qui facilite la circulation potentielle du virus. Parmi eux, l'Angola, la Zambie et le Kenya, qui disposent d'infrastructures sanitaires plus développées, pourraient limiter l'impact d'une éventuelle épidémie. En revanche, des pays comme le Soudan du Sud ou la Centrafrique, déjà fragilisés par des conflits et des crises humanitaires, craignent une propagation difficile à maîtriser.
« Nous avons dix pays à risque », a déclaré un porte-parole d'Africa CDC. « La vigilance doit être renforcée à tous les niveaux, car une seule faille dans le dispositif pourrait permettre au virus de s'installer durablement dans une nouvelle zone. »
Pour l'heure, la priorité reste la détection précoce des cas et la protection des personnels soignants, souvent en première ligne face à la maladie. Les organisations internationales appellent à un soutien financier et logistique accru pour les pays les plus vulnérables, afin d'éviter une catastrophe sanitaire à l'échelle du continent.
L'Ebola se manifeste par de la fièvre, des maux de tête intenses, des douleurs musculaires, une faiblesse généralisée, des vomissements et des diarrhées. La maladie se transmet par contact direct avec les fluides corporels (sang, vomissures, selles) d'une personne infectée, vivante ou décédée. Elle peut également se propager via des surfaces ou objets contaminés. La période d'incubation varie de 2 à 21 jours.