Le Digital College, une école post-bac spécialisée dans le marketing et la communication, fermera définitivement ses portes fin mai 2026 dans le cadre d’une liquidation judiciaire. Selon Le Figaro, cet établissement, qui faisait partie du groupe Collège de Paris en redressement judiciaire, illustre les dérives de l’enseignement supérieur privé lucratif en France. Ces dysfonctionnements, accentués par la libéralisation de l’apprentissage en 2018 sous le premier quinquennat d’Emmanuel Macron, soulèvent des questions sur la gestion des fonds publics et la qualité de la formation dispensée.

Ce qu'il faut retenir

  • 3 000 étudiants du Digital College seront recasés dans l’une des 32 écoles de la maison mère, le Collège de Paris, également en redressement judiciaire.
  • Un directeur de l’établissement avait détourné des fonds publics pour financer sa collection de cartes Pokémon et son mariage, révélant une gestion opaque.
  • Le groupe Collège de Paris, en redressement judiciaire, attend un plan de cession et des repreneurs potentiels d’ici fin mai 2026.
  • La libéralisation de l’apprentissage en 2018 a ouvert la voie à des pratiques contestables dans l’enseignement supérieur privé.

Un scandale financier aux multiples facettes

L’affaire du Digital College ne se limite pas à une simple mauvaise gestion. Selon les révélations de Mediapart il y a un an, le directeur de l’école, passionné de culture japonaise, avait prélevé des fonds dans les caisses de l’établissement pour compléter sa collection de cartes Pokémon et financer son mariage. Ces agissements, qui auraient pu être perçus comme anecdotiques, ont révélé une gestion défaillante et des dysfonctionnements structurels dans le secteur.

Le Digital College, spécialisé dans les formations en marketing et communication, a profité massivement du système d’apprentissage mis en place en 2018. Cette réforme, visant à faciliter l’accès à l’enseignement supérieur, a également ouvert la porte à des dérives, notamment en matière de recrutement d’étudiants étrangers et de fraude aux visas étudiants. Selon Le Figaro, ces pratiques ont contribué à l’endettement massif des groupes d’enseignement supérieur privé, comme le Collège de Paris.

Un groupe en péril : le Collège de Paris en redressement judiciaire

Le Collège de Paris, maison mère du Digital College, est lui-même sous le coup d’un redressement judiciaire depuis plusieurs mois. Le tribunal de commerce a ordonné un plan de cession, avec des repreneurs potentiels attendus d’ici la fin du mois de mai 2026. Cette procédure, qui pourrait aboutir à la fermeture ou à la reprise partielle de l’activité, reflète les difficultés financières rencontrées par ces établissements privés lucratifs.

Ces groupes, qui avaient largement bénéficié de la libéralisation de l’apprentissage, se retrouvent aujourd’hui étranglés par leur propre endettement. Les quelque 3 000 étudiants du Digital College ne seront pas laissés sans solution : ils seront transférés dans l’une des 32 écoles du groupe Collège de Paris. Cependant, cette solution reste temporaire et ne résout pas les questions sur la pérennité du modèle économique de ces établissements.

Les dérives de l’apprentissage : fraude aux visas et formations coûteuses

Le système d’apprentissage en France, réformé en 2018, a permis à de nombreux établissements privés de se développer rapidement. Pourtant, cette libéralisation a aussi favorisé des pratiques controversées. Parmi les dérives les plus fréquentes : le recrutement massif d’étudiants étrangers, souvent via des visas étudiants obtenus de manière frauduleuse, et la commercialisation de formations peu adaptées aux besoins du marché du travail.

Ces dérives posent une question centrale : combien d’étudiants sortent de ces écoles sans trouver d’emploi ? Selon Le Figaro, cette problématique, déjà soulevée par plusieurs rapports, met en lumière les limites d’un système où les fonds publics financent des formations peu qualitatives et des gestions opaques. Les étudiants, souvent endettés, se retrouvent piégés dans un parcours professionnel incertain, tandis que les groupes lucratifs engrangent des profits sans garantie de résultats.

« Combien d’étudiants sortent de ces écoles et ne trouvent aucun emploi ? » — Question soulevée par Le Figaro, soulignant l’un des paradoxes du système actuel.

Et maintenant ?

D’ici fin mai 2026, le Collège de Paris devrait finaliser son plan de cession, avec des repreneurs potentiels qui pourraient permettre la reprise partielle de l’activité. Cependant, les étudiants et leurs familles restent dans l’incertitude quant à la qualité des formations proposées dans les mois à venir. Par ailleurs, cette affaire pourrait relancer le débat sur la régulation de l’enseignement supérieur privé, notamment en matière de contrôle des fonds publics et de transparence des gestions.

Les prochaines semaines seront déterminantes pour les quelque 3 000 étudiants concernés par la liquidation du Digital College. Leur avenir dépendra des décisions prises par le tribunal de commerce et des solutions proposées par les éventuels repreneurs. Pour les autres établissements privés, cette affaire pourrait servir d’avertissement, alors que les critiques sur le modèle économique de l’enseignement supérieur lucratif s’intensifient.

En attendant, la question de la qualité des formations et de l’employabilité des diplômés reste entière. Les pouvoirs publics, alertés par ces dérives, pourraient être amenés à renforcer les contrôles et à revoir les critères d’attribution des fonds publics à l’enseignement supérieur privé.

La réforme de 2018 a élargi l’accès à l’apprentissage en facilitant la création de centres de formation d’apprentis (CFA) privés et en assouplissant les règles de financement. Cette libéralisation a permis à de nombreux établissements privés de se développer rapidement, mais elle a aussi ouvert la voie à des dérives, comme la fraude aux visas étudiants ou des gestions opaques.

Les 3 000 étudiants du Digital College seront recasés dans l’une des 32 écoles du groupe Collège de Paris, également en redressement judiciaire. Cependant, cette solution reste temporaire et dépendra des décisions du tribunal de commerce concernant le plan de cession du groupe.