La justice espagnole a confirmé jeudi la saisie record de 30 tonnes de cocaïne, d’une valeur estimée à 812 millions d’euros, opérée par la Garde civile la semaine précédente. Cette opération, menée à bord d’un navire battant pavillon des Comores, a conduit à l’interpellation de 23 membres d’équipage, placés en détention provisoire. Selon Le Figaro, les enquêteurs ont également découvert « des armes à feu » à bord du bâtiment, intercepté le 1er mai dans les eaux internationales au large des îles Canaries.

Ce qu'il faut retenir

  • Saisie confirmée de 30 tonnes de cocaïne, évaluées à 812 millions d’euros, la plus importante jamais réalisée en Espagne.
  • 23 membres d’équipage arrêtés, dont 17 Philippins, cinq Néerlandais et un Surinamais, placés en détention provisoire.
  • Le navire, parti de Freetown (Sierra Leone) à destination de Benghazi (Libye), transportait également des armes.
  • Les enquêteurs estiment que la drogue était destinée à être redistribuée en Europe après un transbordement en Libye.
  • Cette saisie dépasse de loin les précédentes opérations majeures en Espagne, comme celle de 13 tonnes saisies en 2024 à Algésiras.

L’Audiencia Nacional, à Madrid, a détaillé dans un communiqué les circonstances de cette interception. Le bateau, dont la cale était « complètement remplie » de ballots de drogue, naviguait dans l’océan Atlantique lorsqu’il a été repéré par les forces de l’ordre. Les enquêteurs estiment que le navire devait probablement servir de plateforme de transbordement vers des embarcations plus petites, afin de faciliter la distribution de la cocaïne en Europe. « Le déchargement d’un tel volume de cocaïne en Libye n’a pas beaucoup de sens », ont souligné des sources syndicales de la Garde civile, relayées par Le Figaro.

Parmi les 23 personnes arrêtées, 17 sont de nationalité philippine, cinq sont néerlandaises et le dernier membre d’équipage est originaire du Suriname. Dès lundi, des sources syndicales avaient évoqué auprès de l’AFP une saisie « historique », mentionnant initialement un volume de « 35 à 40 tonnes » de drogue. Les autorités espagnoles ont finalement confirmé une quantité légèrement inférieure, mais suffisante pour battre le précédent record national.

Cette saisie s’inscrit dans un contexte où l’Espagne reste un point d’entrée privilégié pour les trafics de drogue en Europe, en raison de ses liens avec l’Amérique latine et de sa proximité avec le Maroc, premier producteur de cannabis sur le continent. En 2024, la police espagnole avait déjà saisi 13 tonnes de cocaïne à bord d’un porte-conteneurs en provenance d’Équateur, à l’arrivée dans le port d’Algésiras. Plus récemment, en janvier 2026, une autre opération avait permis de récupérer près de 10 tonnes de cocaïne transportées par bateau en mer.

Un réseau aux ramifications internationales

L’enquête, toujours en cours, cherche à démanteler le réseau criminel derrière cette saisie. Les autorités espagnoles n’ont pas communiqué de détails supplémentaires sur l’organisation présumée, mais les profils des membres d’équipage arrêtés laissent entrevoir une logistique complexe. Le navire, parti de Freetown, devait initialement rejoindre Benghazi, mais son itinéraire suggère une étape intermédiaire en Libye pour faciliter le trafic vers l’Europe.

Le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, s’est félicité de cette opération, qualifiant la saisie de « l’une des plus importantes, non seulement au niveau national mais aussi international ». Il a salué le travail des forces de l’ordre sans pour autant fournir d’éléments complémentaires sur les investigations en cours. Cette déclaration intervient alors que l’Espagne renforce ses dispositifs de lutte contre les trafics de stupéfiants, notamment dans les zones portuaires et maritimes.

Une saisie qui confirme l’efficacité des dispositifs espagnols

Selon Le Figaro, cette opération illustre la capacité des autorités espagnoles à intercepter des cargaisons massives de drogue, malgré les défis logistiques posés par les trafiquants. Les îles Canaries, en raison de leur position stratégique dans l’Atlantique, constituent un point de passage fréquent pour les navires en provenance d’Amérique du Sud et d’Afrique de l’Ouest. Les forces de l’ordre y déploient des moyens accrus pour surveiller les routes maritimes suspectes.

Cette saisie record intervient également dans un contexte européen marqué par une hausse des trafics de cocaïne, stimulée par la demande croissante sur le continent. Les réseaux criminels diversifient leurs méthodes, utilisant des navires de commerce, des conteneurs ou des bateaux de pêche pour acheminer leurs marchandises. L’Espagne, avec ses ports majeurs comme Algésiras ou Valence, reste une cible privilégiée pour ces trafics, ce qui pousse les autorités à renforcer les contrôles et les collaborations internationales.

Et maintenant ?

Les investigations devraient se poursuivre dans les prochaines semaines pour identifier les commanditaires de cette opération et démanteler les réseaux logistiques associés. Les autorités espagnoles pourraient annoncer de nouvelles mesures pour renforcer la surveillance maritime, notamment autour des îles Canaries. Par ailleurs, cette saisie pourrait inciter les pays européens à renforcer leur coopération avec l’Espagne dans la lutte contre le trafic de drogue, un enjeu qui reste prioritaire pour l’Union européenne.

Cette opération rappelle également l’importance des collaborations internationales, comme celles menées avec les autorités des pays d’origine des navires ou des cargaisons. Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’impact de cette saisie sur les réseaux criminels et adapter les stratégies de lutte contre le trafic de stupéfiants en Europe.

Les enquêteurs estiment que la destination en Libye n’était probablement pas la destination finale de la drogue. Selon des sources syndicales de la Garde civile citées par Le Figaro, le volume de 30 tonnes de cocaïne était trop important pour être déchargé en Libye. Les trafiquants prévoyaient probablement un transbordement vers des bateaux plus petits en vue de sa redistribution en Europe, où la demande en cocaïne reste élevée.