À Saint-Médard-en-Jalles, en Gironde, les habitants et les élus locaux subissent de plein fouet les conséquences des incendies répétées qui ravagent la région depuis plusieurs étés. Comme le rapporte Libération, Stéphane Delpeyrat-Vincent, maire socialiste de cette commune de 30 000 habitants, a pris une initiative inhabituelle : il a adressé une lettre à l’ensemble des parlementaires français pour leur demander de « produire un effort de guerre » face à l’urgence climatique. Dans ce courrier, il propose la création d’une « loi de programmation pour la protection de la France », un texte qui vise à transformer durablement les infrastructures du pays pour les adapter aux nouveaux défis environnementaux.
Ce qu'il faut retenir
- Stéphane Delpeyrat-Vincent, maire socialiste de Saint-Médard-en-Jalles (Gironde), a envoyé une lettre à tous les parlementaires.
- Il demande un « effort de guerre » pour adapter les infrastructures françaises aux bouleversements climatiques.
- Il propose l’adoption d’une « loi de programmation pour la protection de la France ».
- Cette initiative s’inscrit dans un contexte de multiplication des incendies en Gironde et en Nouvelle-Aquitaine.
- Le maire souligne la nécessité d’une réponse structurelle, et non plus seulement réactive, face à ces crises.
Une initiative née de l’urgence locale et nationale
Saint-Médard-en-Jalles, située à une vingtaine de kilomètres de Bordeaux, n’est pas épargnée par les mégafeux qui frappent régulièrement la Gironde. En 2022, la commune avait été touchée par des incendies qui avaient détruit plusieurs centaines d’hectares de forêt. Depuis, les risques se sont accentués, comme en témoignent les alertes répétées de Météo-France sur les épisodes de sécheresse et de canicule. « Nous ne pouvons plus nous contenter de gérer les crises au coup par coup », a expliqué Stéphane Delpeyrat-Vincent à Libération. « Il faut anticiper, et cela passe par une refonte de nos infrastructures, qu’il s’agisse des réseaux électriques, des bâtiments publics ou des politiques d’urbanisme. »
La lettre envoyée aux parlementaires, datée du 5 août 2026, s’appuie sur des constats partagés par de nombreux scientifiques et collectivités. Selon le maire, la France doit s’inspirer des modèles existants en Californie ou en Australie, où des lois spécifiques ont permis de réduire l’impact des feux de forêt en agissant sur la prévention et l’adaptation des territoires. « Autant dire que nous sommes en retard », a-t-il souligné.
Une « loi de programmation » pour une transition structurelle
Le projet porté par le maire girondin ne se limite pas à un simple catalogue de mesures. Il s’articule autour de trois axes principaux : la sécurisation des zones à risque, la rénovation énergétique des bâtiments publics et privés, et le renforcement des moyens alloués aux services de secours et aux pompiers. « Cette loi doit être ambitieuse, avec des objectifs contraignants et des financements pérennes », précise Stéphane Delpeyrat-Vincent. « On ne peut plus se contenter de plans climatiques annoncés puis oubliés. »
Pour donner corps à cette proposition, le maire évoque la nécessité de créer un « fonds souverain pour la résilience climatique », alimenté par une taxe sur les énergies fossiles. « L’argent existe, mais il est mal réparti », a-t-il indiqué. Selon ses calculs, un tel dispositif pourrait mobiliser plusieurs milliards d’euros par an, un montant qu’il juge « nécessaire » au regard des dégâts déjà constatés. En 2023, les incendies en France avaient coûté plus de 1,2 milliard d’euros à l’État et aux collectivités locales, un chiffre qui ne cesse d’augmenter.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte où les collectivités locales prennent de plus en plus d’initiatives face à l’inaction perçue des pouvoirs publics. En 2025, plus de 200 communes avaient déjà adopté des « plans climat-air-énergie territoriaux » renforcés, mais leur mise en œuvre reste inégale. La proposition de Stéphane Delpeyrat-Vincent pourrait-elle servir de catalyseur à une politique nationale plus cohérente ? La réponse dépendra en grande partie de la capacité des parlementaires à dépasser les clivages partisans et à s’emparer d’un sujet qui, jusqu’ici, peine à trouver sa place dans les débats politiques.
La proposition de Stéphane Delpeyrat-Vincent repose sur trois piliers : la sécurisation des zones à risque (débroussaillage, création de coupures de combustible), la rénovation énergétique des bâtiments publics et privés pour réduire leur vulnérabilité aux incendies, et le renforcement des moyens des services de secours, notamment via un fonds souverain alimenté par une taxe sur les énergies fossiles. Le texte prévoit également des objectifs contraignants et des financements pérennes pour garantir une mise en œuvre efficace.