Selon Euronews FR, le FC Barcelone a choisi de ne pas réagir aux accusations portées par le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, contre son jeune prodige Lamine Yamal. Ce dernier a été visé pour avoir brandi un drapeau palestinien lors des célébrations du titre de Liga remportée en avril 2026. Dans un communiqué laconique, le club catalan s’est contenté d’indiquer qu’il n’avait « aucun commentaire » à formuler sur cette affaire.
Ce qu'il faut retenir
- Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, accuse Lamine Yamal d’« incitation à la haine envers Israël et le peuple juif » pour avoir brandi un drapeau palestinien lors des festivités du titre de Liga.
- Le FC Barcelone a adopté une position de silence total, refusant toute déclaration publique sur l’affaire.
- Joan Gaspart, ancien président du club, a estimé que la majorité des membres du Barça étaient en accord avec cette absence de réaction.
- Le joueur, âgé de 18 ans, figure dans la liste préliminaire pour la Coupe du monde 2026 avec l’équipe d’Espagne, malgré une récente blessure.
- La question de l’expression politique dans le sport est de nouveau soulevée à quelques semaines du Mondial, dans un contexte géopolitique tendu.
Israël Katz dénonce un geste « d’incitation à la haine »
Dans un communiqué publié le 12 mai 2026, Israël Katz a qualifié le geste de Lamine Yamal d’« équivalent à une incitation à la haine envers Israël et le peuple juif ». Le ministre a souligné que ce geste intervenait « alors que les soldats israéliens combattaient le Hamas, responsable des massacres du 7 octobre 2023 ». Il a par ailleurs appelé le FC Barcelone à condamner publiquement cette action, estimant que « le club doit faire comprendre qu’il n’y a pas de place pour l’incitation ou le soutien au terrorisme au sein de ses rangs ».
« Toute personne soutenant des actions comme celle de Lamine Yamal devrait se poser la question : est-ce humanitaire ? Est-ce moral ? »
— Israël Katz, ministre israélien de la Défense
Le FC Barcelone maintient un silence absolu
Face à ces accusations, le FC Barcelone a adopté une position radicale. Le club a indiqué à Euronews FR qu’il n’avait « aucun commentaire » à formuler sur l’affaire, sans plus de précisions. Cette décision s’inscrit dans une stratégie de discrétion habituelle lorsque des joueurs du Barça sont impliqués dans des polémiques politiques. En 2017, le club avait déjà adopté une posture similaire lors du référendum sur l’indépendance de la Catalogne, en réaffirmant son attachement à la « démocratie et à la liberté d’expression ».
Lamine Yamal, intégré à l’équipe première à seulement 15 ans, évolue au Barça depuis son plus jeune âge. Son geste lors des célébrations du titre de Liga a donc pris une dimension symbolique forte, d’autant que le club catalan a toujours cultivé une image de neutralité politique en public, malgré des positions historiques sur la question catalane.
Les réactions contrastées au sein du monde du football et de la politique
L’ancien président du FC Barcelone, Joan Gaspart, a réagi aux déclarations d’Israël Katz en affirmant que le ministre « pouvait dire ce qu’il voulait » et qu’il « respectait son opinion ». Interrogé sur la décision du club de ne pas réagir, il a répondu : « Si le club a dit cela, je n’ai rien d’autre à ajouter. » Il a également suggéré que la majorité des 150 000 membres du Barça — copropriétaires du club — soutiendraient cette position. « Demandez-leur », a-t-il lancé. Concernant le geste de Yamal, il a précisé : « Barcelone doit se concentrer sur le football, mais chacun peut défendre ses idées à titre personnel. Quand vous êtes au Barça, il faut essayer de garder vos opinions pour vous. Je n’ai jamais exprimé mon opinion personnelle lorsque j’étais président. »
Côté politique, le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a pris la défense de Lamine Yamal. Invité à réagir aux critiques israéliennes, il a déclaré être « fier » du joueur. Joan Gaspart, lui, a refusé de commenter les propos de Sánchez, arguant que ce dernier « n’est pas supporter du Barça ». En revanche, il a vivement réagi aux déclarations du président du Real Madrid, Florentino Pérez, qui avait qualifié les soupçons de corruption contre le FC Barcelone de « plus grand scandale de l’histoire du football ». « C’était ridicule. Après avoir perdu la Liga, il a blâmé tout le monde sauf lui », a-t-il rétorqué.
Un débat relancé sur l’expression politique dans le sport
La polémique autour de Lamine Yamal a ravivé les tensions autour de la frontière entre sport et engagement politique. Le joueur, d’origine guinéenne-équatorienne par sa mère et marocaine par son père, s’est déjà exprimé publiquement contre le racisme. En mars 2026, il avait notamment condamné les chants anti-musulmans entonnés par des supporters espagnols lors d’un match amical contre l’Égypte, les qualifiant d’« ignorants » et de « racistes ». En revanche, il n’a jamais affiché publiquement son soutien au Hamas ou aux attaques du 7 octobre 2023.
Sa décision de brandir le drapeau palestinien a suscité des réactions variées. À Gaza, des artistes ont immortalisé son geste en réalisant une fresque murale le représentant avec le drapeau palestinien. En Espagne, le député nationaliste catalan Gabriel Rufián a salué un acte qui, selon lui, a « peut-être fait évoluer l’opinion publique sur le conflit à Gaza ». À l’inverse, Elías Bendodo, membre du Parti populaire, a estimé que « le sport ne doit pas être mélangé avec d’autres questions ».
La réaction de l’entraîneur du Barça et les critiques en ligne
L’entraîneur de Lamine Yamal, l’Allemand Hansi Flick, a adopté une position nuancée lors d’une conférence de presse. « D’habitude, je n’aime pas ce genre de choses, mais il est assez âgé pour prendre ses propres décisions », a-t-il déclaré. Joan Gaspart a salué cette prise de position, affirmant : « Je suis tout à fait d’accord avec lui. Lamine est jeune et c’est un grand joueur, il faut l’écouter. »
Cependant, sur les réseaux sociaux, certains supporters du Barça ont émis des doutes sur l’indépendance de Hansi Flick. Ils ont suggéré que ses propos pouvaient être influencés par son agent, Pini Zahavi, un citoyen israélien. Aucune preuve ne vient étayer cette thèse pour l’instant.
Lamine Yamal, dont le nom figure dans la liste préliminaire de l’équipe d’Espagne pour le Mondial, reste au centre de l’attention. Malgré une blessure récente qui l’a tenu éloigné des terrains, il pourrait bien figurer dans le groupe final. Son avenir au Barça, en revanche, suscite des interrogations, certains supporters estimant que ce geste politique pourrait nuire à son image au sein d’un club historiquement prudent sur ces sujets.
Alors que le FC Barcelone maintient son silence, l’affaire Yamal illustre une fois de plus la difficulté pour le sport de concilier performance sportive et engagement politique, à quelques semaines d’un événement mondial où chaque détail pourrait prendre une dimension symbolique.
Israël Katz a interprété le geste de Lamine Yamal brandissant le drapeau palestinien comme un soutien à une cause qu’il associe au Hamas, organisation considérée comme terroriste par Israël et plusieurs autres pays. Le ministre a lié ce geste aux massacres du 7 octobre 2023, attribués au Hamas, et a estimé que cela équivalait à une incitation contre Israël et le peuple juif.
Lamine Yamal souffre d’une blessure qui l’a écarté des terrains ces dernières semaines. Malgré cela, il a été retenu dans la liste préliminaire de 32 joueurs pour la Coupe du monde 2026 par l’entraîneur de l’équipe d’Espagne, Luis de la Fuente. Son retour en club et en sélection dépendra de sa récupération physique dans les semaines à venir.