Paris, le 18 mai 2026 – Le collectif #NousToutes dévoile ce lundi les résultats d’une enquête d’envergure sur l’état des féminismes en France. Selon Libération, cette étude cartographie les convergences et les fractures au sein d’un mouvement en constante évolution, où certains sujets, comme l’accès à l’avortement ou les droits des personnes transgenres, divisent encore les militantes.

Ce qu'il faut retenir

  • Une enquête nationale menée par le collectif #NousToutes, publiée le 18 mai 2026, dresse un état des lieux des féminismes en France.
  • La défense de l’IVG et de l’Evars (Éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle) recueille un large consensus parmi les militantes interrogées.
  • D’autres enjeux, tels que la transidentité ou le port du hijab, suscitent des débats internes au mouvement féministe.
  • L’enquête met en lumière des divergences idéologiques persistantes, notamment sur les questions d’intersectionnalité.
  • Les résultats s’appuient sur des données recueillies auprès de plusieurs milliers de militantes et d’associations.

Une enquête pour éclairer les fractures du féminisme français

Publiée ce lundi, l’enquête du collectif #NousToutes se présente comme la première du genre à offrir une vision d’ensemble des dynamiques internes au féminisme français. Selon Libération, les autrices de l’étude ont interrogé des militantes, des chercheuses et des associations afin de saisir les évolutions et les tensions qui traversent un mouvement en pleine mutation. L’objectif affiché ? Comprendre comment les différentes sensibilités féministes cohabitent – ou s’opposent – dans un contexte où les droits des femmes restent un enjeu central.

Parmi les sujets qui fédèrent, la défense de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) et de l’Evars apparaît comme un socle commun. Autant dire que ces deux dossiers cristallisent peu de contestations au sein du mouvement, même si leur mise en œuvre concrète fait encore l’objet de revendications. En revanche, d’autres questions, comme la reconnaissance des droits des personnes transgenres ou la liberté de porter le hijab, divisent profondément les féministes.

Intersectionnalité et transidentité : des sujets clivants

L’enquête révèle que l’intersectionnalité – cette approche analysant les multiples formes d’oppression (genre, race, classe, etc.) – reste un terrain de discorde. Certaines militantes y voient un outil essentiel pour lutter contre toutes les discriminations, tandis que d’autres la considèrent comme une menace pour l’unité du mouvement. « L’intersectionnalité est devenue un sujet de tensions permanentes, explique une porte-parole de #NousToutes. Certaines estiment qu’elle divise plus qu’elle ne rassemble, surtout quand elle est instrumentalisée pour mettre en avant des luttes perçues comme concurrentes. »

Autre point de friction : la question de la transidentité. Si une partie du féminisme historique défend l’idée que le genre est une construction sociale, une frange plus récente du mouvement intègre pleinement les revendications des personnes transgenres. « Le débat sur les droits des personnes trans est l’un des plus vifs, précise une chercheuse interrogée par Libération. Certaines féministes radicales estiment que l’inclusion des hommes trans remet en cause des acquis historiques, tandis que d’autres y voient une avancée nécessaire. »

Le port du hijab : entre liberté religieuse et oppression patriarcale

Le débat autour du port du hijab illustre également les clivages persistants. Pour certaines militantes, cette pratique relève du choix personnel et doit être respectée au même titre que toute autre expression religieuse. À l’inverse, d’autres y voient un symbole de l’oppression des femmes et appellent à son interdiction dans l’espace public. « La question du hijab divise les féministes depuis des décennies, rappelle une sociologue. Cette enquête montre que le sujet reste aussi brûlant qu’en 2010, avec des positions qui se sont même radicalisées. »

Et maintenant ?

Les résultats de cette enquête pourraient alimenter les discussions lors des prochaines assises féministes prévues à l’automne 2026. Si aucune mesure concrète n’est encore annoncée, le collectif #NousToutes a d’ores et déjà annoncé vouloir organiser des débats locaux pour recueillir les retours des militantes. Reste à voir si ces travaux parviendront à rapprocher les différentes sensibilités – ou s’ils confirmeront l’ampleur des fractures.

L’enquête sera disponible en intégralité sur le site du collectif #NousToutes dès ce lundi 18 mai 2026.

L’Evars, ou Éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle, désigne un ensemble de programmes visant à informer les jeunes sur les relations amoureuses, la sexualité et le consentement. Elle est souvent associée à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.