Le 79e Festival de Cannes, qui traverse sa première semaine sous les projecteurs internationaux, propose ce dimanche 17 mai 2026 une journée riche en événements cinématographiques. Selon Le Figaro, la Croisette s’apprête à accueillir trois films majeurs en compétition, portés par des acteurs et réalisateurs de renom, tout en mettant en lumière des initiatives culturelles et des hommages marquants.
Ce qu'il faut retenir
- Adèle Exarchopoulos et Gilles Lellouche, deux figures du cinéma français, défendent respectivement Garance et Moulin, un biopic sur Jean Moulin réalisé par László Nemes.
- Michael Fassbender et Alicia Vikander sont à l’affiche de Hope, un film fantastique sud-coréen attendu pour son atmosphère mystérieuse et sa distribution internationale.
- Cate Blanchett anime une masterclass et présente un documentaire dans la section Cannes Classics, confirmant sa présence emblématique sur la Croisette.
- Le cinéma allemand relance le mouvement German Dogma 25, prônant des tournages minimalistes et une narration visuelle prioritaire.
- Rodrigo Sorogoyen explore les tensions familiales dans L’Être aimé, avec Javier Bardem et Victoria Luengo en tête d’affiche.
Une compétition où les stars françaises et internationales se croisent
Alors que la Palme d’or reste l’objet de toutes les spéculations après quatre jours de projections, la compétition cannoise mise sur des profils variés pour séduire le jury. Adèle Exarchopoulos, déjà récompensée en 2013 pour La Vie d’Adèle, revient sur la Croisette pour défendre Garance, réalisé par Jeanne Herry (Je verrai toujours vos visages). Le film retrace huit années de la vie d’une jeune actrice, marquée par l’alcool et une quête identitaire. « Huit ans d’un parcours fait de déménagements, de travail, de rencontres, de fêtes et d’angoisses… Mais aussi une révolution intime, amicale et sexuelle, un chaos aux allures de “grande récré” où se mêle autant d’amour que de destruction », précise le synopsis officiel.
De son côté, Gilles Lellouche incarne Jean Moulin dans Moulin, un film historique réalisé par László Nemes (Fils de Saul). Le long-métrage, projeté en 35 mm, plonge le spectateur dans l’arrestation et l’interrogatoire du héros de la Résistance par Klaus Barbie, interprété par Lars Eidinger. Une plongée dans l’Histoire, alors que la Seconde Guerre mondiale reste un thème central de cette édition.
Hope, le film le plus attendu de la compétition, enfin à l’affiche
Après des mois de rumeurs et de retards, Hope, réalisé par Na Hong-jin (The Chaser), fait enfin son entrée en compétition. Le film, tourné entre la Corée du Sud et la Roumanie, rassemble une distribution polyglotte et marque les retrouvailles de Michael Fassbender et Alicia Vikander, unis pour la première fois depuis Une vie entre deux océans (2013). L’intrigue se déroule dans un village portuaire proche de la zone démilitarisée entre les deux Corées, où un policier observe un tigre dans les collines. « Ce qui commence comme une urgence locale se transforme rapidement en un mystère plus profond et terrifiant », explique le réalisateur. Le distributeur américain Neon, qui a acquis les dernières Palmes d’or, mise sur ce film fantastique pour briller à Cannes.
Côté hommages, Cate Blanchett s’impose comme l’invitée star de la journée. L’actrice australienne, déjà présidente du jury en 2019, anime une masterclass à 14h30 et présente dans la section Cannes Classics le documentaire Maverick : The Epic Adventures of David Lean, dont elle est la narratrice. Un retour sur le parcours du réalisateur de Lawrence d’Arabie, en partenariat avec le Displacement Film Fund, qu’elle a fondé pour soutenir les cinéastes réfugiés.
Le cinéma allemand relance le Dogma, tandis que les hommages se multiplient
Trente et un ans après le mouvement Dogma 95 initié par Lars von Trier et Thomas Vinterberg, une nouvelle génération de réalisateurs allemands relance le concept sous le nom de German Dogma 25. Parmi eux, Tom Tykwer (Cours Lola, cours), Ilker Catak (La Salle des profs) ou encore Nora Fingscheidt (The Outrun) s’engagent à respecter des règles strictes : scénarios originaux et manuscrits, dialogues réduits à moins de 50 % de la durée du film, interdiction d’utiliser internet dans le processus créatif, et équipes techniques limitées à dix personnes. « Revitaliser le cinéma d’auteur à l’ère des algorithmes et des plateformes », résume l’un des signataires. Les tournages doivent se dérouler en décors réels, sans retouches cosmétiques, et les matériaux doivent être réutilisés ou récupérés. Une urgence créative qui rappelle les principes du Dogma original.
Parallèlement, Julianne Moore, invitée d’honneur de la cérémonie Kering Women in Motion samedi, a livré une réflexion sur les limites du cinéma contemporain. « Je m’intéresse de moins en moins aux tragédies. Surtout en ce moment, où la situation mondiale est difficile. Je n’aime pas les meurtres. Je n’aime pas les explosions et les armes à feu », a-t-elle confié, soulignant son attachement aux récits plus intimistes et moins violents.
L’Être aimé : un film sur le cinéma et la transmission familiale
Rodrigo Sorogoyen, réalisateur espagnol déjà salué pour El reino, explore les tensions entre un père réalisateur et sa fille actrice dans L’Être aimé. Javier Bardem y incarne Esteban, un cinéaste oscarisé de retour à Madrid après un exil américain, tandis que Victoria Luengo joue Emilia, sa fille serveuse entre deux rôles. Treize ans après leur dernière rencontre, le père tente de renouer avec elle en lui offrant le rôle principal de son nouveau film, Desierto, situé dans le Sahara occidental des années 1930. Une scène d’ouverture, filmée en un seul plan-séquence, illustre parfaitement la complexité de leur relation.
Ce film, comme Moulin ou Garance, s’inscrit dans une programmation où le cinéma français et international se répondent, entre mémoire historique, enjeux contemporains et explorations formelles.
Alors que la compétition entre dans une phase décisive, le Festival de Cannes confirme son rôle de laboratoire du cinéma mondial, entre héritage, innovation et rencontres humaines. Une édition 2026 qui, malgré les défis géopolitiques et économiques, parvient à rassembler les talents sous le soleil de la Croisette.
Le Displacement Film Fund, créé par Cate Blanchett, soutient financièrement et logistiquement les cinéastes réfugiés ou ceux qui racontent des histoires de déportation. Lors de cette édition 2026, Blanchett animera une table ronde pour présenter les artistes soutenus par le fonds, tout en participant à la promotion de leurs œuvres dans le cadre des activités officielles du festival.
Hope suscite l’engouement pour plusieurs raisons : son réalisateur, Na Hong-jin, est connu pour ses thrillers percutants comme The Chaser ; la distribution internationale, avec Michael Fassbender et Alicia Vikander, attire les médias ; et son scénario, mêlant mystère fantastique et drame coréen, correspond à une tendance forte du cinéma asiatique actuel. De plus, le distributeur Neon, spécialisé dans l’acquisition de Palmes d’or, mise sur ce film pour une sortie mondiale.