La France a convoqué mercredi l’ambassadeur d’Israël en France pour protester contre la diffusion par le ministre de la Sécurité nationale israélien, Itamar Ben Gvir, d’une vidéo montrant des militants de la flottille Global Sumud ligotés et agenouillés après leur interception, selon Euronews FR.

Ce qu'il faut retenir

  • 430 militants à bord de la flottille Global Sumud ont été interceptés au large d’Ashdod, en Israël, après un départ de Turquie la semaine dernière.
  • Itamar Ben Gvir, ministre israélien d’extrême droite, a diffusé une vidéo les montrant les mains liées, à genoux et le visage contre terre.
  • La France, l’Italie, l’Espagne, l’Irlande et le Portugal ont tous convoqué les représentants israéliens pour dénoncer ces images.
  • Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a critiqué Ben Gvir, estimant que son attitude était « contraire aux valeurs d’Israël ».
  • Israël maintient un blocus sur Gaza depuis 2007, et cette flottille était une nouvelle tentative d’activistes pour forcer son assouplissement.

Une vidéo controversée diffusée par un ministre israélien

Itamar Ben Gvir, figure de l’extrême droite israélienne, a publié sur X (ex-Twitter) une séquence tournée dans le port d’Ashdod, où 430 militants de la flottille Global Sumud ont été interceptés. Dans cette vidéo, on voit des activistes pro-palestiniens les mains liées dans le dos, agenouillés face au sol, encadrés par des agents de sécurité israéliens. Ben Gvir, visible aux côtés des détenus, s’adresse à eux en déclarant : « Bienvenue en Israël, nous sommes les maîtres des lieux, Israël vit ! » avant d’ajouter, selon des propos rapportés par des témoins : « Ne vous inquiétez pas pour leurs cris. »

Cette diffusion a provoqué une vague de réactions internationales, les gouvernements européens dénonçant un traitement jugé humiliant et contraire à la dignité humaine. Selon Euronews FR, la flottille avait quitté la Turquie une semaine plus tôt dans le but de briser le blocus imposé à Gaza depuis 2007.

L’Europe unie contre Israël : cinq pays convoquent leurs ambassadeurs

Dans la foulée de la diffusion de la vidéo, plusieurs capitales européennes ont réagi avec fermeté. En France, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé sur X avoir demandé la convocation de l’ambassadeur israélien. « J’ai demandé que l’ambassadeur d’Israël en France soit convoqué afin d’exprimer notre indignation et d’obtenir des explications », a-t-il déclaré. Barrot a rappelé que « la sécurité de nos compatriotes est une priorité constante » et exigé leur libération « dans les plus brefs délais », malgré les réserves de Paris sur la légitimité de cette flottille.

L’Italie a emboîté le pas. Le vice-président du Conseil des ministres, Antonio Tajani, a fait convoquer l’ambassadeur israélien à Rome après avoir qualifié la vidéo de « absolument inacceptable et contraire à toute protection élémentaire de la dignité humaine ». La Première ministre Giorgia Meloni a exigé des excuses et la libération immédiate des Italiens détenus, soulignant dans un communiqué que « ce traitement constitue une atteinte à la dignité humaine ».

L’Espagne, l’Irlande et le Portugal ont adopté une position similaire. Le chef de la diplomatie espagnole, José Manuel Albares, a qualifié le traitement de « monstrueux, honteux et inhumain » avant de convoquer le chargé d’affaires israélien à Madrid. La ministre irlandaise des Affaires étrangères, Helen McEntee, s’est dite « consternée et choquée » par les images, précisant que l’un des détenus n’était autre que la sœur de la présidente irlandaise, Catherine Connolly. Enfin, le Portugal a dénoncé une « conduite intolérable » et annoncé une réunion d’urgence avec le chargé d’affaires israélien.

Des critiques internes en Israël

La polémique ne s’est pas limitée aux réactions internationales. En Israël même, plusieurs responsables ont critiqué Ben Gvir. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rappelé dans un communiqué que « la manière dont le ministre Ben Gvir a traité les activistes est contraire aux valeurs et aux normes d’Israël ». Il a ordonné l’expulsion « au plus vite » des militants interceptés, les qualifiant de « provocateurs ».

Le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa’ar a également réagi avec virulence, accusant Ben Gvir d’avoir « sciemment porté atteinte à l’image de l’État » par une « mise en scène honteuse ». « Vous avez anéanti les efforts déployés par des soldats de Tsahal, des diplomates et bien d’autres », a-t-il écrit sur X. « Non, vous ne représentez pas Israël. » Ces critiques internes illustrent les divisions au sein du gouvernement israélien sur la gestion de cette crise diplomatique.

Contexte : une flottille au cœur d’un blocus contesté

La flottille Global Sumud s’inscrit dans une série d’initiatives visant à contourner le blocus imposé par Israël à Gaza depuis 2007, un siège qui s’est intensifié depuis la guerre déclenchée par l’attaque du Hamas en octobre 2023. Ce blocus a provoqué des pénuries critiques de nourriture, de médicaments et d’autres biens essentiels, malgré des interruptions ponctuelles de l’aide humanitaire.

Selon les autorités israéliennes, les 430 activistes à bord devaient être débarqués à Ashdod, où certains étaient déjà retenus par les forces de sécurité. L’organisation de défense des droits humains Adalah a confirmé que des militants avaient été placés en détention dans le port méditerranéen. Cette interception s’ajoute à celle d’un précédent convoi intercepté le mois dernier, témoignant de la détermination des autorités israéliennes à maintenir leur embargo.

Et maintenant ?

Alors que cinq pays européens ont déjà réagi, d’autres pourraient suivre dans les prochains jours. Les autorités israéliennes, sous pression, devraient être amenées à justifier leur gestion de l’interception, tandis que les militants détenus pourraient faire l’objet de procédures judiciaires accélérées. La question de la libération des étrangers – dont plusieurs ressortissants de l’UE – reste en suspens, tout comme celle des éventuelles excuses demandées par Rome et d’autres capitales. Une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU pourrait également être envisagée si la crise diplomatique s’aggrave.

En Israël, les critiques envers Ben Gvir pourraient s’amplifier, même si son positionnement radical continue de séduire une partie de l’électorat de droite. Quant à la flottille Global Sumud, son échec à forcer le blocus ne devrait pas décourager de nouvelles tentatives, au risque de nouvelles confrontations.

La flottille Global Sumud est une mission maritime organisée par des activistes pro-palestiniens. Son objectif est de briser le blocus imposé par Israël à Gaza depuis 2007, en acheminant des militants et du matériel humanitaire vers le territoire palestinien. Selon Euronews FR, cette flottille avait quitté la Turquie une semaine avant son interception au large d’Ashdod.

Israël justifie ce blocus par la nécessité de contenir les groupes armés palestiniens, notamment le Hamas, et d’empêcher l’acheminement d’armes vers Gaza. Cependant, ce siège a entraîné des pénuries critiques de nourriture, de médicaments et d’autres biens essentiels, aggravées depuis la guerre débutée en octobre 2023 après l’attaque du Hamas contre Israël.