Deux syndicats de France Inter ont fait part, ce mardi 16 juin 2026, de leur inquiétude face à des modifications de la grille des programmes décidées par la direction. Selon Libération, ces ajustements, pris sans consultation préalable, menacent de reléguer trois émissions emblématiques de la station au second plan. Dans les couloirs de la rédaction, des tensions émergent quant à une politique perçue comme favorisant certains journalistes au détriment des autres.

Ce qu'il faut retenir

  • Deux syndicats de France Inter dénoncent des changements de programmation imposés sans concertation.
  • Trois émissions emblématiques risquent d’être reléguées dans la grille des programmes.
  • Des journalistes évoquent une direction qui distinguent deux catégories au sein de la rédaction.

Une décision contestée en interne

Les syndicats SNJ-CGT et SUD Radio ont diffusé ce mardi deux communiqués pour alerter sur les récentes modifications apportées à la programmation de France Inter. D’après Libération, ces changements, opérés sans discussion avec les représentants du personnel, pourraient marginaliser des émissions historiques de la station. Parmi les titres menacés, « Comme un bruit qui court », « Le Téléphone sonne » et « La Bande originale » figurent en bonne place.

Côté rédaction, l’inquiétude grandit. Certains salariés dénoncent une politique éditoriale qui, selon eux, « crée une hiérarchie entre les journalistes ». « On a l’impression que la direction protège certains noms tout en sacrifiant d’autres émissions », confie un membre de l’équipe sous couvert d’anonymat. Des tensions qui rappellent les débats récurrents sur l’équilibre des programmes et la représentativité des voix à l’antenne.

Un climat social déjà tendu

Ces annonces surviennent dans un contexte déjà marqué par des remous internes. Depuis plusieurs mois, des discussions houleuses opposent la direction à une partie des équipes sur la ligne éditoriale et les méthodes de gestion. Le dernier épisode en date concerne la suppression de créneaux horaires jugés stratégiques par certains syndicats, au profit de nouvelles tranches animées par Nicolas Demorand et Ali Baddou.

« Ces créations répondent à une volonté de modernisation, mais à quel prix ? », s’interroge un représentant syndical. Pour les opposants à ces mesures, l’enjeu n’est pas seulement professionnel, mais aussi démocratique : comment garantir la diversité des opinions sur une antenne publique quand des choix s’imposent sans débat ?

« La direction semble avoir oublié que France Inter est une radio publique, dont le rôle est de refléter la société dans toute sa diversité. »
Un membre du SNJ-CGT, cité par Libération

Des émissions emblématiques dans la ligne de mire

Parmi les trois programmes menacés, « Le Téléphone sonne », animé depuis des années par une figure historique de la station, cristallise les tensions. Cette émission, qui mêle débats et interactions avec les auditeurs, est souvent citée comme un symbole du service public. Sa possible relégation en début de soirée ou en nuit, en faveur d’autres contenus, est perçue comme un recul par une partie des salariés.

De même, « Comme un bruit qui court », connue pour son ton libre et ses interviews percutantes, pourrait voir son créneau réduit. Quant à « La Bande originale », espace de découvertes musicales, son avenir dépendrait désormais de la place accordée à des formats plus courts et ciblés.

Et maintenant ?

Les syndicats ont annoncé qu’ils maintiendraient la pression dans les prochains jours, avec une réunion prévue dès jeudi 18 juin avec la direction. Une mobilisation interne n’est pas exclue, d’autant que d’autres syndicats pourraient rejoindre le mouvement. Reste à voir si la direction acceptera d’engager un dialogue sur ces sujets, ou si les décisions prises seront maintenues malgré les critiques.

Pour l’instant, la direction n’a pas réagi publiquement à ces critiques. Contactée par Libération, la direction de France Inter n’a pas donné suite à nos demandes d’entretien. Dans l’attente, les salariés et les auditeurs devront se faire leur propre opinion sur l’avenir de leurs émissions fétiches.