Alors que François Hollande avait finalement renoncé à se représenter en 2017, une opération secrète visant à préparer son retour pour le scrutin de 2022 a été révélée par Franceinfo - Politique. Cette stratégie, basée sur l’hypothèse d’un retrait d’Anne Hidalgo, s’est organisée dans l’ombre pendant plusieurs mois avant d’être finalement abandonnée. Les coulisses de cette manœuvre, ainsi que les détails du programme envisagé, ont été dévoilés dans un documentaire diffusé le 18 juin 2026 dans l’émission « Complément d’enquête » sur France 2.
Ce qu'il faut retenir
- François Hollande a mené en secret, à partir de l’automne 2021, une préparation à une éventuelle candidature à l’élection présidentielle de 2022.
- Cette opération s’appuyait sur l’hypothèse d’un retrait d’Anne Hidalgo, candidate officielle du Parti socialiste, alors en difficulté dans les sondages.
- Un programme électoral détaillé avait été élaboré, incluant notamment un revenu universel de 50 000 euros pour les jeunes de 18 ans et une hausse du SMIC de 3 % par an.
- Les réunions de travail se tenaient discrètement dans le bureau de l’ancien président, réunissant d’anciens collaborateurs, des énarques et des entrepreneurs.
- François Hollande a assumé cette préparation, la présentant comme une réponse à l’absence de propositions du Parti socialiste.
Une campagne de substitution organisée dans l’ombre
Dès l’automne 2021, une équipe informelle s’est mise en place autour de François Hollande pour préparer une éventuelle candidature à l’élection présidentielle de 2022. Parmi ses membres figurait Karim Ziabat, adjoint au maire de Cergy-Pontoise (Val-d’Oise) et spécialiste en communication politique. Ce dernier a confirmé à « Complément d’enquête » avoir participé bénévolement à ces réunions hebdomadaires, organisées dans le bureau de l’ancien président.
L’objectif de cette opération était clair : anticiper un retrait d’Anne Hidalgo, candidate désignée du Parti socialiste, alors que celle-ci stagnait autour de 5 % d’intentions de vote dans les sondages. Selon les témoignages recueillis, François Hollande continuait pourtant, en public, à soutenir la maire de Paris. « Avoir de mauvais sondages, c’est très bon signe ! » lui aurait-il lancé, selon une anecdote rapportée par l’émission.
Un programme électoral détaillé, prêt à être déployé
Pendant six mois, cette équipe a peaufiné les grandes lignes d’un programme électoral qui aurait pu être porté par l’ancien président. Parmi les mesures phares figuraient la création de 5 000 postes de magistrats et de 20 000 places de prison, ainsi qu’un « revenu universel de 50 000 euros versé à tous les jeunes de 18 ans ». Une hausse du SMIC de 3 % par an était également prévue, tout comme un tarif spécial pour l’achat d’une voiture électrique destiné aux ménages modestes.
Selon Karim Ziabat, cité dans le documentaire, tout était prêt pour que la campagne puisse démarrer « en appuyant sur un bouton ». Un rétroplanning précis avait même été établi, prévoyant les étapes jusqu’au premier tour de l’élection. Pourtant, cette opération a été abandonnée après six mois de travail, sans que François Hollande ne se déclare officiellement candidat.
François Hollande assume cette préparation, malgré les critiques
Interrogé par « Complément d’enquête », l’ancien président a justifié cette campagne officieuse. Pour lui, il était nécessaire de disposer de propositions alternatives, alors que le Parti socialiste n’avait pas encore finalisé son propre programme. « Il était nécessaire d’avoir des propositions à faire, en plus de ce qui pouvait déjà avoir été préparé par le Parti socialiste », a-t-il déclaré. Une position qui n’a pas manqué de susciter des questions sur la loyauté de cette démarche.
François Hollande a balayé les critiques en affirmant qu’il n’avait jamais officiellement annoncé sa candidature. En janvier 2022, soit à moins de trois mois du premier tour, il avait répondu aux lycéens qui l’interrogeaient sur ses intentions qu’il ne l’était « pas pour l’instant ». Une formulation qu’il qualifie aujourd’hui de « simple formule », bien que celle-ci ait pu laisser planer le doute.
Un cercle d’influence qui dépasse les périodes électorales
Patrick Kanner, directeur de campagne d’Anne Hidalgo à l’époque, a réagi à la révélation de cette opération. Pour lui, l’existence de ce cercle de personnes travaillant avec François Hollande n’a rien d’exceptionnel. « Ce cercle de personnes qui réfléchissent, travaillent avec François Hollande a toujours existé, et pas uniquement pour les périodes présidentielles », a-t-il souligné. Une déclaration qui confirme que l’ancien président reste une figure influente au sein du Parti socialiste, même après son mandat.
Interrogé sur ses intentions pour l’élection présidentielle de 2027, François Hollande a laissé entendre qu’il restait ouvert à une éventuelle candidature. « Sûrement », a-t-il répondu, qualifiant le socialiste d’« animal politique, toujours aux aguets ». Une déclaration qui laisse planer le suspense sur ses projets futurs.
Alors que les tensions persistent au sein de la gauche, cette affaire rappelle que les stratégies politiques ne s’arrêtent pas aux urnes. Pour François Hollande, cette préparation de 2022 pourrait n’être qu’une étape de plus dans une carrière politique déjà marquée par les rebondissements.
Selon les éléments révélés par « Complément d’enquête », l’opération secrète préparant une éventuelle candidature de François Hollande a été abandonnée après six mois de travail. Les raisons de cet abandon ne sont pas clairement détaillées dans le documentaire, mais il est probable que la situation politique ait évolué, notamment avec la persistance d’Anne Hidalgo comme candidate officielle du Parti socialiste.