Près de quatre tentatives de fraude sur dix aboutissent à un préjudice avéré pour les entreprises en France, d’après le dernier baromètre de la fraude en entreprise publié ce mardi 16 juin par Allianz Trade, en partenariat avec Odoxa. Un phénomène qui s’accélère et touche désormais toutes les structures, quelle que soit leur taille, alors que les outils technologiques, et notamment l’intelligence artificielle, facilitent la multiplication des attaques.
Ce qu'il faut retenir
- 60 % des dirigeants de PME déclarent avoir été victimes d’au moins une tentative de fraude au cours des douze derniers mois, selon le baromètre Allianz Trade.
- 85 % des patrons d’ETI et de grands groupes ont également été confrontés à cette menace au moins une fois en 2025.
- Quatre tentatives de fraude sur dix aboutissent à un préjudice réel pour l’entreprise.
- Les petites structures sont moins armées pour se protéger contre ces risques que les grandes entreprises.
- L’intelligence artificielle et les méthodes sophistiquées aggravent l’exposition des entreprises aux fraudes.
Des PME particulièrement vulnérables face à la montée des fraudes
Les petites et moyennes entreprises figurent parmi les cibles privilégiées des fraudeurs. Selon les chiffres du baromètre publié ce 16 juin, 60 % des dirigeants de PME déclarent avoir subi au moins une tentative de fraude au cours de l’année écoulée. Un taux qui s’explique en partie par leur manque de ressources dédiées à la cybersécurité et à la lutte contre la fraude, contrairement aux grands groupes, mieux armés pour détecter et contrer ces menaces.
« Les petites entreprises n’ont pas la même capacité à se protéger contre ce risque que les grandes, particulièrement exposées », souligne Ilan Daian, responsable Assurance Fraude chez Allianz Trade en France. Cette vulnérabilité s’ajoute à un contexte économique déjà tendu pour de nombreuses structures, où les marges de manœuvre financières sont réduites pour investir dans des dispositifs de prévention.
Les grandes entreprises aussi dans la ligne de mire
Si les PME sont souvent perçues comme des proies faciles, les entreprises de taille intermédiaire (ETI) et les grands groupes ne sont pas épargnés. Le baromètre révèle que 85 % de leurs dirigeants ont été confrontés à au moins une tentative de fraude au cours de l’année passée. Une proportion qui illustre l’ampleur du phénomène et son caractère systémique, touchant désormais l’ensemble du tissu économique français.
Les méthodes utilisées par les fraudeurs se diversifient et gagnent en complexité. Les escroqueries par faux ordres de virement, les usurpations d’identité ou encore les attaques par phishing ciblent désormais aussi bien les grands comptes que les TPE. Les outils technologiques, et en particulier l’intelligence artificielle, amplifient cette tendance en permettant aux fraudeurs de personnaliser leurs attaques et d’échapper plus facilement aux systèmes de détection.
Un coût économique difficile à évaluer, mais déjà lourd
Bien que le baromètre ne précise pas le montant global des pertes subies par les entreprises françaises en 2025, les données disponibles suggèrent un coût déjà élevé. En 2024, la fraude sociale en France était estimée à 14 milliards d’euros, un chiffre qui donne une idée de l’ampleur des sommes en jeu. Pourtant, les montants recouvrés restent marginaux, laissant présager un impact durable sur la santé financière des entreprises victimes.
Les secteurs les plus touchés varient, mais certains domaines comme la santé, l’industrie ou encore le numérique concentrent une part importante des tentatives. Les fraudeurs exploitent souvent des failles dans les processus de validation des paiements ou les protocoles de sécurité, profitant de l’automatisation croissante des transactions pour passer entre les mailles du filet.
Des solutions existent, mais leur adoption reste inégale
Face à cette menace grandissante, plusieurs dispositifs peuvent limiter les risques. Les entreprises sont notamment invitées à renforcer leurs protocoles de vérification des ordres de virement, à former leurs équipes aux nouvelles méthodes de fraude et à investir dans des outils de détection avancée, intégrant parfois l’intelligence artificielle pour identifier des schémas suspects en temps réel.
Cependant, ces solutions ont un coût, et leur adoption dépend largement des ressources disponibles. Les PME, déjà fragilisées par des marges réduites, peinent souvent à se doter des outils nécessaires. « On observe un décalage croissant entre les méthodes des fraudeurs, qui gagnent en sophistication, et les moyens de protection des entreprises », explique Ilan Daian. Une situation qui pourrait s’aggraver si aucune mesure collective n’est prise pour soutenir les structures les plus exposées.
La question n’est plus de savoir si les entreprises seront ciblées, mais bien quand elles le seront. Avec des fraudeurs désormais équipés d’outils toujours plus performants, la vigilance doit devenir une priorité absolue pour l’ensemble du tissu économique.
D’après le baromètre Allianz Trade, les faux ordres de virement, les usurpations d’identité via l’IA et les attaques par phishing personnalisé figurent parmi les méthodes les plus utilisées. Ces techniques profitent de l’automatisation des processus et de la complexité croissante des systèmes informatiques des entreprises.
Plusieurs solutions existent, comme la mise en place de double validation pour les virements, la formation des équipes aux nouvelles menaces ou l’utilisation d’outils gratuits ou low-cost de détection des anomalies. Les chambres de commerce et certaines fédérations professionnelles proposent également des guides et des webinaires pour aider les petites structures à sécuriser leurs transactions.