Trois salariés ont été légèrement blessés lors d’une fuite d’ammoniac survenue jeudi après-midi dans une usine classée Seveso seuil haut, située au nord de l’agglomération strasbourgeoise. L’incident s’est produit à 14 h 30 dans l’établissement Arlanxeo, à La Wantzenau (Bas-Rhin), selon les informations communiquées par la préfecture du Bas-Rhin, qui a immédiatement déclenché un plan d’opération interne (POI).

Le Figaro rapporte que la fuite a été maîtrisée rapidement par les équipes de secours, mais que trois employés ont été pris en charge pour des examens médicaux. Deux d’entre eux présentent des blessures légères, tandis que le troisième fait l’objet d’une évaluation plus approfondie. Les autorités ont appelé à éviter la zone afin de ne pas entraver l’intervention des secours.

Ce qu'il faut retenir

  • Une fuite d’ammoniac s’est produite à 14 h 30 dans l’usine Arlanxeo à La Wantzenau, près de Strasbourg, selon la préfecture du Bas-Rhin.
  • Trois salariés ont été blessés, dont deux légèrement, et font l’objet d’examens médicaux.
  • L’incident a nécessité le déclenchement d’un plan d’opération interne (POI), avant que la fuite ne soit stoppée.
  • L’usine est le plus grand site mondial de production de caoutchouc nitrile butadiène (NBR), employant environ 250 personnes.
  • Les premières analyses ne révèlent pas de dépassement des seuils de concentration dans l’air en dehors du site.

Un incident maîtrisé sur un site industriel majeur

L’incident est survenu dans l’usine Arlanxeo de La Wantzenau, une commune de 6 000 habitants située à une dizaine de kilomètres au nord de Strasbourg. La préfecture du Bas-Rhin a confirmé dans un communiqué que la fuite d’ammoniac avait été « stoppée », sans préciser la durée exacte des opérations de confinement. Les sapeurs-pompiers sont restés mobilisés sur place pour sécuriser le périmètre et mener les premières investigations.

Arlanxeo, filiale du groupe allemand Lanxess, exploite sur ce site un complexe dédié à la production de caoutchouc nitrile butadiène (NBR), un matériau synthétique largement utilisé dans l’industrie. Selon un rapport officiel de 2024, cette usine est le plus grand site de production de ce type au monde. Les produits fabriqués y sont notamment employés pour la confection de câbles, joints, tuyaux, semelles de chaussures de sécurité ou encore de sport.

Pas de danger pour les riverains, selon les autorités

La préfecture a indiqué que « de premières analyses, menées par l’exploitant, ne font pas état d’une concentration dans l’air qui nécessiterait la prise de mesures dépassant le périmètre du site ». Les autorités appellent cependant à la prudence et recommandent d’éviter la zone afin de « faciliter le travail des secours » et limiter tout risque résiduel.

L’établissement emploie environ 250 salariés et représente un maillon essentiel de la filière industrielle locale. Aucun impact sur les riverains n’a été signalé à ce stade, mais la préfecture n’a pas exclu la possibilité de mesures complémentaires si les analyses en cours révèlent des anomalies. Les résultats définitifs des contrôles de l’air et des sols sont attendus dans les prochaines heures.

Contexte et enjeux autour des sites Seveso seuil haut

Classée Seveso seuil haut, l’usine Arlanxeo est soumise à une réglementation stricte en matière de sécurité industrielle. Ce statut, qui concerne près de 1 300 sites en France, impose des normes renforcées pour prévenir les risques d’accidents majeurs impliquant des substances dangereuses. La Wantzenau, où se trouve le site, est située dans une zone industrielle dense, à proximité de cours d’eau et de zones d’habitation.

Cet incident rappelle les tensions persistantes autour de la sécurité des sites Seveso en France, notamment dans les régions fortement industrialisées. En 2023, plusieurs accidents similaires avaient déjà suscité des débats sur les conditions de travail et la prévention des risques industriels. L’État et les industriels sont régulièrement pointés du doigt pour leur gestion de ces enjeux, entre impératifs économiques et exigences sécuritaires.

Et maintenant ?

Les autorités ont annoncé qu’elles publieraient un bilan définitif des analyses environnementales et médicales dans les prochaines 24 heures. Une inspection de la DREAL Grand Est (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) est également prévue pour vérifier le respect des procédures de sécurité. En fonction des résultats, des mesures correctives pourraient être imposées à l’exploitant, allant de simples recommandations à des sanctions administratives.

Ce nouvel incident relance par ailleurs le débat sur la prévention des risques industriels en Alsace, une région où plusieurs sites Seveso sont implantés à proximité de zones urbaines. Les associations locales et les élus pourraient demander un renforcement des contrôles et une meilleure information des populations riveraines.

Arlanxeo se défend et assure la transparence

L’exploitant, contacté par Le Figaro, a indiqué que « la sécurité des salariés et des riverains est une priorité absolue ». L’entreprise a précisé que des investigations internes étaient en cours pour déterminer l’origine exacte de la fuite et mettre en place, si nécessaire, des mesures correctives. « Nous collaborons pleinement avec les autorités pour garantir la transparence sur cet incident », a ajouté un porte-parole.

Cette fuite survient quelques mois après un autre incident survenu sur un site Seveso en France, rappelant la vulnérabilité de certains équipements industriels face à des aléas techniques ou humains. Les syndicats locaux, interrogés par la presse, ont appelé à une « réflexion globale » sur les moyens alloués à la maintenance et à la prévention des risques dans ces établissements.

Reste à savoir si cet incident entraînera une révision des protocoles de sécurité ou une accélération des contrôles sur les sites classés Seveso en Alsace et ailleurs. Pour l’heure, la priorité reste la gestion de la crise en cours et l’évaluation des risques résiduels.