Près de Buenos Aires, des dizaines de milliers d’Argentins ont rendu hommage dimanche 7 juin 2026 à Carlos « Indio » Solari, icône du rock national décédée à 77 ans. Selon Le Figaro, l’hommage s’est transformé en un rassemblement historique, marqué par une file d’attente de sept kilomètres devant le cercueil exposé dans un complexe sportif de Villa Dominico, en banlieue sud de la capitale.
Ce qu'il faut retenir
- Une file d’attente de sept kilomètres s’est formée dès la veille pour rendre un dernier hommage à Carlos Solari.
- La veillée a duré toute la journée et une partie de la nuit, jusqu’à l’aube du lundi 8 juin.
- Solari, atteint de la maladie de Parkinson, est décédé d’un AVC le vendredi 5 juin à son domicile.
- Ses funérailles ont été marquées par des chants, des larmes et une atmosphère à la fois recueillie et festive.
- Le rockeur, figure majeure du rock argentin depuis les années 1970, était connu pour ses textes poétiques et engagés.
Un hommage populaire et spontané
Dès le samedi 6 juin au matin, des milliers de fans s’étaient massés devant le Polideportivo Gatica à Avellaneda, dans la périphérie de Buenos Aires. La file n’a cessé de s’allonger au fil des heures, atteignant environ sept kilomètres en milieu d’après-midi, selon les estimations de l’AFP relayées par Le Figaro. Certains étaient arrivés dès la veille pour être parmi les premiers à saluer l’artiste.
La famille de Solari avait annoncé dans un communiqué que la veillée durerait « à partir de 11 heures et aussi longtemps que nécessaire, afin que personne ne perde la possibilité de lui dire adieu ». La cérémonie s’est prolongée tard dans la nuit, voire jusqu’à l’aube du lundi, dans une ambiance à la fois émouvante et respectueuse. Les rues alentour résonnaient de chants, de banderoles et de témoignages de gratitude envers l’artiste.
Un lien indéfectible entre Solari et son public
Dans la foule, Alan Ruiz, un maçon de 26 ans, a résumé l’attachement profond des Argentins à Carlos Solari : « C’est un compagnon de vie ». Selon Le Figaro, cet attachement s’explique par une dimension sociale majeure. Solari, souvent comparé à une figure tribale, a marqué plusieurs générations de fans, bien au-delà de la musique.
« Ici en Argentine, tout est cyclique, il y a toujours des hauts et des bas, et la musique de l’Indio représente beaucoup de tout ça. Il y a toujours un moment où un morceau de lui va représenter ce qui t’arrive, dans les bons comme dans les mauvais moments », a expliqué un autre admirateur, soulignant l’impact émotionnel de l’œuvre de Solari sur la société argentine. Des drapeaux, des banderoles et des chansons ont émaillé ce cortège funèbre où continuaient d’affluer des centaines de personnes en milieu d’après-midi.
Une carrière marquée par l’engagement et la poésie
Carlos Solari, décédé d’un AVC le 5 juin 2026, était atteint de la maladie de Parkinson. Musicien depuis la fin des années 1970, il s’est produit d’abord au sein de groupes comme Patricio Rey y sus Redonditos de Ricota, puis en solo. Son style, à la fois électrique et nerveux, était accompagné de textes poétiques et parfois cryptiques, imprégnés d’une critique acerbe du consumérisme et de l’establishment.
Malgré une notoriété limitée à l’étranger, il a bâti en Argentine un véritable culte depuis ses débuts sur la scène alternative. Son influence a particulièrement marqué la jeunesse des années 1990, une génération libérée de la dictature (1976-1983) mais en proie à un désenchantement économique. « Solari et son groupe étaient un phénomène qui allait bien au-delà de la musique », a déclaré le critique musical Alfredo Rosso sur la radio 750, soulignant son rôle de « vulgarisateur de références littéraires pour un public qui n’y avait pas nécessairement accès ».
Un héritage culturel et social
Pour Gerardo Lopez, chef de PME de 45 ans, Solari incarnait une figure paternelle : « El Indio est comme mon père, il m’a appris tellement. À ouvrir un dictionnaire pour comprendre le sens des mots ». Originaire d’un quartier défavorisé de Buenos Aires, il a expliqué à l’AFP avoir été « élevé et ouvert à la philosophie » grâce à l’artiste. Ce parcours résume l’impact de Solari sur des publics variés, souvent issus de milieux populaires.
Le rockeur était également réputé pour ses concerts monstres, pouvant rassembler jusqu’à 300 000 personnes. Certains de ces rassemblements ont cependant été endeuillés, comme en 2017 où une bousculade avait causé la mort de deux personnes et fait 12 blessés. Malgré ces incidents, Solari est resté une figure incontournable de la culture argentine, mêlant rébellion et poésie dans une carrière de près de cinq décennies.
Une mort suivie de rassemblements spontanés
Dès l’annonce de son décès vendredi soir, des hommages spontanés ont eu lieu dans plusieurs villes d’Argentine. À Buenos Aires, la Plaza de Mayo s’est remplie de milliers de fans munis de guitares et d’amplis, chantant pendant des heures les titres emblématiques de l’Indio. Selon Le Figaro, la famille de Solari, engagée à gauche et critique envers le président ultralibéral Javier Milei, avait appelé au « respect » dans les hommages, demandant de ne pas laisser « éclater la colère » en ces moments. Malgré cet appel, quelques slogans anti-Milei ont émaillé la foule, elle-même majoritairement calme et bon enfant.
Les funérailles de Carlos « Indio » Solari resteront comme l’un des hommages les plus massifs jamais rendus à un artiste en Argentine. Une démonstration de l’attachement profond d’une nation à l’un de ses plus grands rockeurs, à la fois rebelle, poète et figure sociale.
Carlos Solari, surnommé « Indio », était une icône du rock argentin décédée à 77 ans le 5 juin 2026. Musicien engagé, il a marqué la scène musicale depuis les années 1970 avec des groupes comme Patricio Rey y sus Redonditos de Ricota, puis en solo. Ses textes poétiques et critiques ont fait de lui une figure majeure de la culture populaire argentine.
Carlos Solari est décédé d’un accident vasculaire cérébral (AVC) à son domicile, après avoir lutté pendant des années contre la maladie de Parkinson. Son décès a été annoncé le vendredi 5 juin 2026, déclenchant une vague d’hommages spontanés dans tout le pays.