Les dirigeants du G7 réunis à Evian-les-Bains, en Haute-Savoie, ont adopté mercredi 17 juin 2026 une déclaration commune pour renforcer la lutte contre la résurgence du virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC), selon Libération. Dans leur communiqué final, ils se sont engagés à mobiliser des moyens supplémentaires pour endiguer l’épidémie, qui s’étend depuis plusieurs mois dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Pourtant, plusieurs organisations humanitaires critiquent ouvertement cet engagement, jugé tardif et insuffisant face à l’ampleur de la crise.

Ce qu'il faut retenir

  • Les dirigeants du G7 réunis à Evian ont annoncé des mesures contre la propagation d’Ebola en RDC.
  • L’épidémie actuelle touche principalement les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.
  • Plusieurs ONG dénoncent un engagement « tardif » et critiquent son manque d’ambition.
  • L’OMS avait déjà alerté sur la situation en mai 2026, soulignant une recrudescence des cas.

La déclaration du G7 intervient alors que la RDC fait face à la 15e épidémie d’Ebola depuis 1976, mais celle-ci se distingue par sa propagation rapide dans des zones densément peuplées et marquées par des décennies de conflits armés. D’après les dernières données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 1 200 cas confirmés ou probables ont été enregistrés depuis le début de l’année, avec un taux de létalité avoisinant les 60 %. Les autorités congolaises, soutenues par des partenaires internationaux, tentent d’enrayer la propagation via des campagnes de vaccination et de sensibilisation, mais les obstacles logistiques et sécuritaires persistent.

Pourtant, les réactions des acteurs humanitaires sont sans appel. Dans un communiqué publié jeudi 18 juin, plusieurs ONG dont Médecins Sans Frontières (MSF) et Oxfam ont qualifié l’engagement du G7 d’« hypocrisie ». « Il est trop tard pour des promesses creuses », a déclaré Dr. Jean-François Delfraissy, président du Comité consultatif national d’éthique en France, cité par Libération. « Les moyens financiers et logistiques promis par le G7 sont dérisoires au regard de l’urgence. On parle de quelques millions d’euros, alors que des centaines de millions sont nécessaires pour une réponse efficace. »

Les critiques visent notamment le manque de coordination entre les pays membres du G7. Certains, comme le Canada et le Japon, ont déjà annoncé des contributions financières spécifiques, tandis que d’autres, comme l’Italie ou le Royaume-Uni, restent en retrait. La France, qui assure cette année la présidence tournante du G7, a pour sa part évoqué un « plan d’action concret » incluant l’envoi de kits de dépistage et le déploiement de spécialistes. « Nous ne pouvons pas nous contenter de déclarations de principe », a souligné Emmanuel Macron, lors d’une conférence de presse. « L’épidémie ne connaît pas de frontières, et c’est une question de solidarité mondiale. »

« Le G7 agit comme si l’épidémie était un problème lointain, alors que les hôpitaux de Goma ou de Butembo sont submergés. C’est une question de vie ou de mort pour des milliers de personnes. »
Isabelle Defourny, directrice des opérations pour MSF en RDC, d’après Libération.

Le timing de cette déclaration interroge aussi. Alors que l’épidémie s’intensifie depuis le mois de mars 2026, les experts s’étonnent de l’absence de réaction plus précoce. En mai 2026, l’OMS avait pourtant classé la situation comme une « urgence de santé publique de portée internationale » (USPPI), un niveau d’alerte rarement déclenché. Pourtant, les réunions du G7 n’avaient alors pas abouti à des engagements concrets. « On a l’impression que les pays riches attendent que la crise devienne ingérable pour agir », déplore un responsable de l’UNICEF sous couvert d’anonymat.

Et maintenant ?

La prochaine étape pourrait être la tenue d’une conférence internationale dédiée, prévue à Genève en juillet 2026, pour mobiliser des fonds supplémentaires. Les ONG appellent quant à elles à un « plan Marshall » pour la santé en RDC, incluant des investissements durables dans les infrastructures médicales et la formation des personnels soignants. Reste à voir si les promesses du G7 se traduiront par des actes concrets sur le terrain, dans un contexte où la méfiance envers les institutions locales et internationales reste forte.

Dans l’immédiat, les autorités congolaises ont annoncé le renforcement des contrôles aux frontières avec le Rwanda et l’Ouganda, deux pays voisins déjà touchés par des cas importés. Pour autant, la tâche s’annonce ardue : « Sans une réponse massive et coordonnée, cette épidémie pourrait s’étendre bien au-delà de la RDC », avertit un épidémiologiste de l’Institut Pasteur. Autant dire que l’engagement du G7, s’il est bienvenu, doit être suivi d’effets rapides.

Les ONG accusent le G7 de tarder à réagir et de proposer des moyens insuffisants face à l’ampleur de la crise. Les contributions financières annoncées sont jugées dérisoires au regard des besoins, et le manque de coordination entre les pays membres est pointé du doigt. Enfin, certains estiment que les promesses faites à Evian relèvent plus de l’hypocrisie que d’un engagement réel, alors que l’OMS avait déjà tiré la sonnette d’alarme en mai 2026.